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Chelseanisme et Romantisme

Au début des années 2000, Chelsea et la Roma nourrissaient cette même idée de conquête : modeler les hiérarchies figées par l'histoire pour définitivement faire partie du jeu. L'un a réussi, l'autre a échoué.

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« I'm alone, I am not lonely » , philosophait Robert de Niro sur une ode au spleen de Terje Rypdal en 1995 dans Heat. C'est sans doute à cela que ressemble la vie d'un Romanista. Les lumières de la ville, une passion subie qui se terminera forcément mal, et ce tiraillement insoluble entre un cynisme obligé et une soif vitale de romantisme. Seule au sein du pays de la gagne, la Louve a tourné cet été la page de ce qui a fait sa fierté ces deux dernières décennies : l'inénarrable Francesco Totti. Et avec lui, de magnifiques souvenirs, parfois heureux, souvent malheureux. Sans qu'on ait toutefois l'impression que l'histoire racontée depuis quinze ans va s'arrêter net. Non, elle a juste perdu son principal héros, mais la trame semble désormais se dérouler d'elle-même. L'AS Roma paraît condamnée à rester un petit parmi les grands, incapable de se dépêtrer de son image de perdant magnifique, à laquelle elle a même fini par s'attacher.

Rêves d'enfants et histoires d'adultes


« J'ai grandi en regardant Chelsea. Signer ici était une chose naturelle pour moi parce que c'est un club que j'ai beaucoup aimé pendant ma jeunesse. Je me faisais un point d’honneur de regarder leurs matchs et j’avais ce club proche de mon cœur. » Plus sobre et moins exclusif qu'un « c'est le club de mon cœur  » , cette déclaration de Tiémoué Bakayoko pourrait interpeller les plus « vieux » et les plus « cons » d'entre nous qui avons vu les ficelles de la conquête à la fois impatiente et savamment construite par Roman Abramovitch. Comme en matière de musique, notre perception du football et de ce qu'il doit être se fige souvent à l'adolescence. Chelsea a bousculé notre image d'Épinal, s'incrustant dans le paysage. Mais les footballeurs et supporters nés à la croisée des siècles ont pris de plein fouet la naissance du mythe Mourinho, celle des légendes Drogba, Terry ou Lampard. Le Chelsea d'Abramovitch a grandi en même temps que toute une génération, celle qui est déjà au pouvoir sur le terrain.


Défricheur de la conquête du football par les nouveaux riches, Chelsea est parvenu peu à peu à passer de curiosité mondaine à objet de haine et d'amour démesurés. C'est la marque des grands clubs, forcément clivants. Point d'orgue de cet apprivoisement progressif, les confrontations épiques avec le Barça. Là où la Roma n'a pu offrir au monde que son identité magnifiquement incarnée par Francesco Totti, Chelsea s'est offert, certes un peu grossièrement, au monde, traversant les frontières, légitimant au fil du temps son intrusion dans la cour des grands. Maintenant que son emblème s'est effacé et que la Serie A ne focalise plus l'attention, quelle histoire peut bien raconter la Roma ? Incapable de dominer la scène nationale depuis 2001, elle n'a, ces vingt dernières années, jamais su ouvrir une fenêtre pour signifier son existence à l'Europe, si ce n'est contre le Real Madrid en 2008. Pire, la première chose qui vient à l'esprit quand on pense à sa relation avec la C1 est cette raclée historique contre Manchester United (7-1 à Old Trafford en quart de finale retour de l'édition 2007). Demeure ce sentiment d'être différent, de préférer le chemin à la destination comme l'expliquait si joliment Giancarlo De Cataldo dans le So Foot n° 145 intitulé « Comment vivre avec la défaite ? » Une belle histoire qu'aiment se raconter les adultes, mais bien fragile face aux rêves d'enfants.

Champion moral et moral de champion


En 2008, alors que la Roma avait échoué de peu – comme toujours – dans la conquête d'un quatrième titre de champion d'Italie, Gianni Alemanno, alors maire de la capitale, déclarait que son club avait remporté le « Scudetto moral » , aimantant les rires d'un pays qui sait trop ce qu'est gagner pour ne pas tourner en dérision une telle offrande. Il y avait quelque chose de naïf et de romantique dans cette sortie suicidaire et désespérée. Celle d'un autre football, forgé dans le rejet et la culture de la défaite qui s'abat inévitablement, mais qui veut tout de même arracher aux champions froids un rayon de soleil. C'était la formidable équipe de Spalletti, qui n'aura glané « que » deux coupes d'Italie durant son règne émotionnel.



Pendant ce temps, Chelsea atteignait pour la première fois la finale de la Ligue des champions et la perdait de façon très romaine : aux tirs au but sur une glissade de son capitaine. Mais là où la lose est devenue un habit du dimanche à Rome, elle n'était qu'un bleu de travail à Chelsea. Un apprentissage forcé pour apprivoiser la victoire doucement, mais sûrement. Deux ans plus tard, la Louve se copiait de nouveau elle-même pour perdre un nouveau Scudetto sur le fil, pendant que Chelsea empochait le troisième de ses cinq titres de champion sous l'ère Abramovitch, avant de gagner « salement » sa première C1 en 2012. Prouvant qu'à défaut d'être un champion moral, le club londonien avait définitivement fait sien le moral des champions. Où en est-on aujourd'hui ? Au même point. Le maillot est toujours aussi beau, la défaite aussi belle. Rome éternelle.

Par Chris Diamantaire
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