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Chelsea face aux fantômes du Bridge

Alors que les boys d'Antonio Conte se castagnent pour avoir le droit de disputer la C1 la saison prochaine, la fin de saison de Chelsea exhale un parfum dérangeant de scandale. La raison ? Une plainte portée par quatre anciens joueurs noirs du centre de formation de l'équipe, qui dénoncent les écarts racistes de deux anciens cadres du club, Gwyn Williams et Graham Rix, encadrants des équipes de jeunes dans les années 1980 et 1990. De quoi replonger les Blues dans les heures les plus sombres de leur histoire.

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Il aura fallu attendre ces trois témoignages pour enfin allumer la mèche. Mi-janvier 2018, le Guardian révèle que trois anciens joueurs passés par le centre de formation de Chelsea ont porté plainte contre le club. La raison ? Les attaques verbales et parfois physiques dont ils ont été la cible pendant leurs années de formation, dans les années 1980 et 1990. Un harcèlement mené par deux ex-figures emblématiques des Blues, Graham Rix, ancien entraîneur de l'équipe des jeunes dans les années 1990 et surtout Gwyn Williams, au club depuis 1979, ex-recruteur des Blues puis adjoint de Claudio Ranieri lors de ses années londoniennes.

La haine


Le quotidien anglais, qui a eu accès aux témoignages des plaignants recueillis par la Fédération anglaise de football, déroule un réquisitoire chargé à l'encontre des deux anciens cadres des Blues. Les trois anciens joueurs, qui ont tenu à conserver leur anonymat, font un constat accablant de la manière dont ils ont été traités du temps de leurs années de formation à Chelsea. L'un d'eux a énuméré certains des surnoms dont il était régulièrement affublé par Williams : « darkie » , « black bastard » , « midnight » ... la liste est non exhaustive. Le joueur explique également que Gwyn Williams lui aurait à l'occasion dit de « rentrer en Afrique » et de « vendre de la drogue ou de voler de vieilles mamies » .

Un déferlement d'insultes, banalisé dès le plus jeune âge : « Même quand on avait 12, 13 ans, William nous parlait comme ça : "Toi, le petit bâtard noir, le petit nègre, comment ça va ?" J'étais mineur, je n’avais jamais entendu ces mots prononcés par quelqu'un dans un club de foot... Il me parlait comme ça à chaque fois qu'il me voyait. Il entrait dans le vestiaire et disait : "Eh, regardez les putains de blackies ici. Putain de lèvres en caoutchouc, regardez leur putain de gros nez...." Laissez-moi vous dire quelque chose : c'est le sentiment le plus démoralisant que vous puissiez avoir. »

Racisme banalisé


Démoralisant, voire carrément traumatisant. Mi-mars, un quatrième plaignant vient s'ajouter à l'équation. Toujours selon le Guardian, le joueur se dirait profondément perturbé par le harcèlement dont il a été victime, au point d'avoir évité ne serait-ce que d'approcher Stamford Bridge ces 30 dernières années et trouverait même difficile de regarder un match des Blues à la télévision. Il aurait déclaré avoir été victime d'insultes racistes depuis qu'il a intégré le secteur jeune du club, à 13 ans. À ses 19 ans, il parvient à signer son premier contrat professionnel, mais aurait abandonné sa carrière « parce que sa confiance en lui aurait été brisée... et que le simple fait de voir Williams le rendait physiquement malade » , relate le quotidien anglais.


Ne manquait plus que le récit de joueurs témoins des insultes dont auraient été victimes les plaignants, pour apporter un poids décisif à leur déclaration. Le 8 mai, la presse britannique révèle que deux anciens joueurs ayant évolué dans les équipes de jeunes des Blues au début des années 1980, Grant Lunn et Gary Baker, ont décidé de témoigner des violences verbales quotidiennes qu'ils avaient pu observer : « En tant que groupe d'enfants, nous nous sommes probablement habitués à entendre des termes racistes et des insultes lorsque nous étions au club, raconte Lunn. Une semaine, une ou deux insultes racistes étaient proférées, un autre jour, on pouvait en entendre dix. C'était la norme... Je peux me rappeler comment cela a affecté certains des gars. Un de mes coéquipiers a été affublé à plusieurs reprises de noms racistes par Williams... Quand nous étions seuls, il se confiait à moi et disait comment il détestait la façon dont il était traité et la façon dont on le distinguait à cause de sa couleur de peau. » Problème : à l'époque, s'attaquer à des figures des Blues comme Gwyn Williams et Graham Rix n'a rien d'une sinécure. Notamment à Williams, dont l'influence au sein du football londonien est réputée tentaculaire : « Gwyn Williams était au club depuis 1979, relate l'un des plaignants. Il était puissant. Il se disait qu'il avait la plus grosse liste noire de Londres – il connaissait tout le monde... Peu importe le rôle qu'il avait, cet homme avait du pouvoir. »

« Il y avait une culture raciste au club »


L'ensemble est explosif, mais les preuves matérielles manquent encore. De quoi inciter la police anglaise à abandonner son investigation, après sept mois de recherche. La direction de Chelsea, en revanche, a lancé sa propre enquête en coopération avec la FA. Signe que les Blues se sont enfin décidés à faire face à leur passé pour le moins sulfureux, que la polémique actuelle remet sur le devant de la scène. Depuis la fin des années 1970 et jusqu'au milieu des années 1990, la frange ultra du club est en effet célèbre pour avoir été infiltrée par des groupuscules d'extrême droite, proches du National Front. La multi-ethnicité croissante de la société anglaise inquiète alors certaines franges de la population, particulièrement dans certains quartiers huppés de Londres, comme Chelsea. Certaines bandes hooligans sont même dirigées par des ex-militaires, animés par des revendications nationalistes particulièrement agressives.


Paul Canoville, premier joueur noir professionnel de Chelsea en 1982, était ainsi accueilli par des consternants «  We don't want a nigga » qui descendent alors de certains pans des tribunes de Stamford Bridge. Un mal qui semble donc s'être aussi transmis à certains responsables du club. « Il y avait une culture raciste au club, mais aussi dans le foot, dans son ensemble, je suppose, relate l'un des plaignants. Je suis sûr que ce qui nous est arrivé concerne des tas d'enfants noirs des années 1980. Nous étions des cibles faciles, sans aucun soutien, ni aide... Mais j'espère que d'autres victimes se mettront à témoigner maintenant. » Gwyn Williams et Graham Rix, eux, préfèrent sans surprise rester cois. Et nient en bloc les accusations portées à leur encontre. Une ligne de défense qui n'empêchera pas Chelsea de devoir batailler face aux encombrants fantômes de son passé. Un passé que le club ne peut désormais plus faire semblant d'ignorer.

Par Adrien Candau Tous propos issus du Guardian
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