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  2. // 38e journée

Chelsea champion, sacrebleu !

Il n'y a pas eu de miracle pour Manchester United. En dynamitant Wigan (8-0) pour la plus grosse victoire de son histoire, Chelsea a remporté son quatrième titre de champion d'Angleterre. Une couronne qui sacre la stabilité d'un groupe aussi expérimenté et talentueux que revanchard.

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Au fond, c'est Frank Lampard qui a tout compris. Chelsea ne sera jamais une famille. Didier Drogba pensait pourtant que son meneur de jeu lui laisserait tirer le peno du 2-0. Titre de meilleur buteur de Premier League en jeu, l'Ivoirien pouvait légitimement croire que l'Anglais, habituellement préposé à cet exercice, allait déroger à la règle et permettre à son buteur de rafler sa seconde couronne de meilleur scoreur. Mais non ! Froidement, sans un regard pour DD le flingueur, « Lamp » a exécuté la sentence. Business, business. L'amitié, on garde ça éventuellement pour les after du Zaman Café. Pour le reste, on the pitch, il y a un taf à faire, on le fait. Sans état d'âme. C'est sans doute ce qu'a expliqué Francky à Didi : «  Mec, t'as passé trop de temps devant Les Yeux dans les Bleus. C'est du flan » . Mais alors, ce serait ça la victoire de Chelsea, celle d'une somme d'individualités comme autant de mercenaires, sans attache aucune ? Du tout, du tout. Car si Manchester United est l'incarnation suprême d'un club, Arsenal d'une philosophie et Liverpool d'un peuple, le succès de Chelsea est avant tout celui d'une équipe. Car quelques minutes plus tard, Drogba marquait enfin son but... sur un service de Lampard ! Avant de lui céder le penalty du 6-0 pour sceller son titre de meilleur buteur (29 pions). Quand les jeux étaient faits. Business, business, on vous dit.

La meilleure attaque d'Europe

L'édifice monté à la hâte il y a un peu plus de six ans a laissé place à une valeur sûre du football anglais et européen. Évidemment le premier nom qui revient quand il s'agit d'évoquer l'épopée des Blues, c'est celui d'un certain José Mourinho. Arrivé en 2004, le Portugais a su créer un esprit de corps, un esprit de sacrifice, les ingrédients indispensables pour acquérir une mentalité de gagneur. Longtemps, les Londoniens ont porté la griffe de leur maître et ce n'est sans doute pas un hasard si après deux titres de champion, une FA Cup et une Carling Cup, conquis sous le règne du « Special One » , Chelsea a dû se contenter d'une Coupe d'Angleterre après l'éviction de son mentor. Du coup, la tentation est grande de faire de ce sacre national celui de l'émancipation. Car cette équipe ne se comporte pas exactement de la même façon que son illustre devancière de 2005 et 2006. L'ex-reine du clean sheet a laissé la place à une authentique machine à marquer. Toute l'Europe se pâme peut-être devant le FC Barcelone et le Real Madrid mais en attendant la meilleure attaque du Vieux Continent cette saison (après l'Ajax -105-, et devant le Real, qui pointe à 101 buts avec néanmoins encore un match à jouer), c'est bel et bien Chelsea et son compteur à 103 pions, record d'Angleterre. Autre chiffre qui illustre cette mutation, la moyenne de buts enfilés à Stamford Bridge : 3,52. Là encore, la différence avec la forteresse des années Mourinho est réelle. Et pourtant, malgré cette évolution notable, le retour des Blues sur le toit du royaume est avant tout une prime... à la stabilité !

Le changement... dans la continuité !

En effet, à l'heure du « désarmement » assez massif des autres membres du Big Four, un dégraissage qualitatif fatal à Liverpool, Chelsea a su maintenir son effectif quasi intact et c'est sans doute cette continuité qui a fait la différence à l'heure où les rivaux perdaient au hasard Cristiano Ronaldo, Carlos Tevez, Emmanuel Adebayor, Alexander Hleb, Kolo Touré ou Xabi Alonso. Carlo Ancelotti, lui, a pu compter sur l'intégralité d'un effectif expérimenté, rôdé, revanchard, et uni. Essentiel dans la gestion du cas John Terry, mieux entouré probablement qu'il ne l'aurait été dans un groupe en construction. L'autre clé aura été la lucidité d'Ancelotti. Adepte du 4-4-2 en diamant à son arrivée dans la capitale, l'ancien technicien milanais aura su revenir en cours de saison aux bons vieux basiques maison. Soit le retour au 4-3-3 forgé au fer de Mourinho. Un réajustement tactique probablement fatal aux performances de Nicolas Anelka (aux fraises depuis fin janvier) mais sans doute pas étranger à la seconde partie de saison en boulet de canon de Florent Malouda, définitivement plus à l'aise dans cette réminiscence des années de gloire lyonnaises.

On ne le saura que la saison prochaine mais ce quatrième titre national pourrait pourtant bien être le baroud d'honneur des Blues. Le vieillissement des cadres autant que le départ annoncé de plusieurs autres pourraient marquer la fin de ce groupe né il y a six ans. A moins que la mutation ne soit déjà en marche... Mercredi, Chelsea a remporté la FA Youth Cup pour la première fois depuis 1961, deux ans après avoir perdu la finale. Oui, si Chelsea parvenait à se maintenir au sommet dans les prochaines années en s'appuyant non plus sur son recrutement mais sur sa formation, il remporterait un pari insensé : ne plus simplement posséder une grande équipe mais être un grand club. Le plus beau des trophées.

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Votre article est entâché d' une erreur, la meilleure attaque d' Europe à ce jour est l' Ajax Amsterdam qui a inscrit 106 buts à 34 matchs. Sinon, très bon articler
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