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Chelsea a le blues

Avec une seule victoire en championnat depuis cinq semaines, Chelsea vient de perdre la main au profit de son rival absolu, MU. Une dépression qui ne doit rien au hasard.

Les Blues sont frileux. Au sens premier du terme. Car depuis que la température a dangereusement baissé outre-manche, comme un peu partout en Europe d'ailleurs, Chelsea n'en finit pas de chuter avec le mercure du thermomètre. Avec quatre petits points sur les cinq dernières journées de Premier League, les pensionnaires de Stamford Bridge, comme paralysés par le gel, voient leur engin rétrécir à vu d'œil. La chose est d'autant plus difficile à piger que jusqu'à fin octobre, ils bandaient comme des ânes et avaient mis leur titre sous cadenas en démolissant tout sur leur passage (une seule défaite, 0-1 chez Manchester City). Puis vint le revers (0-2) à Anfield face à un Liverpool pourtant proche du néant cette saison. Inquiétant alors ? Non, un simple accroc face à un géant endormi qui avait juste trouvé le moyen de se réveiller ce jour-là. D'ailleurs, la semaine suivante, les Blues reprenaient leur bonne marche en disposant de Fulham (1-0) mais dans la douleur, comme un premier signe d'une fluidité érodée au regarde des premières semaines de la saison quand les Londoniens avaient passé 29 pions lors de leurs 7 premières rencontres toutes compétitions confondues. Puis un premier cataclysme : une avoinée (0-3) face aux tâcherons de Sunderland et at home please ! Avant un nouveau coup de bambou à Birmingham (0-1) puis une nouvelle déception (1-1) à Newcastle. Résultat : Chelsea vient de céder son fauteuil de leader à Manchester United, l'année même où, si les Red Devils sont toujours invaincus, ceux-ci n'ont jamais semblé aussi fades. En clair : le champion en titre avait tout pour avoir déjà plié sa succession et le voilà embarqué dans un obscur coude à coude dont il n'est plus certain, à ce rythme-là, de sortir vainqueur.

Qu'arrive-t-il à Drogba ?

Alors on cherche à comprendre : comment diable Chelsea s'est retrouvé dans cette galère ? Un rapide coup d'œil sur ce mois de novembre pourri nous aiguille avant tout sur un nom : Michael Essien. Et même de manière assez caricaturale. Sur cette période, les Blues n'ont rien gagné en l'absence de leur milieu à tout bien faire. Mieux (ou pire, c'est selon) : la seule victoire des hommes de Carlo Ancelotti depuis cinq semaines a été obtenue lors du seul match disputé par le Ghanéen, qui plus est auteur du but décisif face aux Cottagers, comme pour mieux souligner son côté essentiel. Allons bon ! Un club aussi puissant que celui de Roman Abramovitch ne vivrait que par la simple présence de l'ancien Lyonnais ? Non, bien entendu, l'affaire est plus complexe que cela. Car si l'absence d'Essien a sans doute été l'élément le plus décisif dans les contre-performances à répétition de ses partenaires, il n'est pas le seul à avoir fait faux bond à l'équipe. A commencer par John Terry (touché au nerf sciatique) dont la dernière apparition remonte à la fameuse victoire face à Fulham, la dernière des Blues on l'a dit. Et si l'absence d'Essien s'est payée aussi comptant, c'est que dans l'entrejeu, à ses côtés, un certain Frank Lampard, blessé aux adducteurs depuis fin août, fait cruellement défaut. On résume : Lampard, Terry, soit les deux tauliers historiques, et Essien, sans doute le joueur le plus essentiel de l'équipe. Ajoutez à cela un Didier Drogba fantomatique et le compte est bon. Le meilleur buteur du championnat l'an dernier n'a plus marqué depuis deux mois et sa fabuleuse talonnade face à Arsenal (2-0). Depuis, plus rien, entre crise de paludisme et crise tout court. Il ne faut pas se mentir, DD n'a probablement pas encore digéré son Mondial décevant sur le terrain (sorti au 1er tour et lui diminué par sa blessure au coude) comme en dehors où il aurait été contesté par d'autres Eléphants. Depuis, l'Ivoirien promène une sorte de misère, du moins de mélancolie, qui sied mal à son jeu de guerrier ultime. Oui, sans ses leaders, Chelsea est plus vulnérable que jamais. Et sa méchante série actuelle le démontre dans les grandes largeurs.



Alors certes, Terry et Essien opèrent leur retour face à Everton et cela pourrait suffire à secouer l'ensemble, d'autant que Lampard pourrait lui aussi faire sa rentrée en cours de match. La fin des emmerdes ? Pas tout à fait. Car le bordel actuel a gagné les coulisses pourtant rarement agitées du club d'Abramovitch. Il y a quelques jours, Ray Wilkins, l'éternel adjoint connaisseur des lieux comme pas deux, a foutu le camp du jour au lendemain sans qu'Ancelotti ne bronche, du moins publiquement. Depuis, Franck Arnesen, directeur sportif depuis 2005, a annoncé que lui aussi s'en irait à la fin de la saison. Un grand ménage agrémenté des inévitables rumeurs de limogeage d'Ancelotti au profit de Pep Guardiola (qui n'a pas prolongé à Barcelone et qui ne serait aps très friand de son nouveau président Sandro Rossel) en juin prochain. Si l'Italien tient jusque là... Encore deux ou trois cagades comme celles qui plombent la courbe des Blues, et la question pourrait devenir brulante. Et dire que tout avait si bien commencé...

Dave Appadoo

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