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Cheikh Ndoye : « Le Sénégalais aime trop le tiep ! »

Le football regorge de belles histoires. Voici celle de Cheikh Ndoye, trente ans, ancien menuisier devenu capitaine d'Angers et international sénégalais. Retour sur un parcours atypique et petite initiation à la culture sénégalaise.

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Cheikh, c’est quoi être capitaine ?
Le capitaine est un meneur d’hommes. Quelqu’un qui montre la voie. Quelqu’un d’attentif, à l’écoute. Le leader d’un groupe qui essaie d’emmener tout le monde avec lui. Chacun a sa façon de vivre son capitanat. Pour moi, c’est un plus par rapport à ma personnalité. Je parle beaucoup, j’aime discuter avec les autres, rigoler, échanger avec eux. J’insiste souvent sur l’importance de la solidarité, le fait de se donner à fond. Mais je n’ai pas la pression du capitanat. Que l’on gagne ou que l’on perde, j’ai l’habitude de parler avec mes coéquipiers. Porter le brassard ne change rien à ma nature.

Qu’est-ce que tu aimes dans le football ?
J’aime le foot, c’est ma passion. Je n’aime pas perdre. J’aime gagner. Je n’aime pas perdre du tout (rires) ! Je me bats pour mon équipe, pour mes coéquipiers. J’essaie de donner le maximum de moi-même.

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Avant de lancer véritablement ta carrière, tu as été menuisier au Sénégal.
Quand j’ai fini l’école au Sénégal, je voulais faire du foot, mais mon père ne voulait pas que je m’y consacre entièrement. Il me disait : « Tu ne peux pas que faire du foot. Dans le monde du foot, tu peux réussir comme échouer. On ne sait jamais. Il faut que tu choisisses un métier. » J’ai choisi menuiserie, mais ça se divisait en deux parties : menuisier ébéniste ou menuisier métallique. J’ai choisi menuisier ébéniste.

Quel est le meuble que tu aimais le plus fabriquer ?
« Quand tu fais de la menuiserie, tu n’as pas de préférence. Tu travailles ! Il suffit que quelqu’un te demande un lit, une armoire ou une coiffeuse et tu dois le faire. Tu es là pour ça. Tu n’es pas là pour choisir. »
Je n’avais pas de préférence. On travaille sur tout ce qui concerne le bois : les lits, les armoires, les étagères, les portes, les fenêtres. Quand tu fais de la menuiserie, tu n’as pas de préférence. Tu travailles ! Il suffit que quelqu’un te demande un lit, une armoire ou une coiffeuse et tu dois le faire. Tu es là pour ça. Tu n’es pas là pour choisir.

Tu as marqué contre Dijon (4e journée) et tu as sorti un maillot sur lequel était marqué « un stade pour Rufisque » (ville située à 25 km au sud-est de Dakar). Tu peux expliquer la situation ?
Ça fait quatre ans que notre stade à Rufisque est en reconstruction. Il y a plus de championnats populaires, qui s’appellent les Navétanes. Donc, sportivement, à Rufisque, il n’y a plus d’activité. On voulait que l’État ou qui que ce soit agisse pour remettre les choses en ordre et que les travaux du stade soient réalisés le plus rapidement possible. La population rufisquoise en a besoin.

Ton statut de joueur professionnel te confère-t-il de grandes responsabilités au Sénégal ?
Oui. Quand tu es né dans une famille modeste et que tu deviens professionnel, tout le monde compte sur toi. Devenir footballeur professionnel, c’est le rêve de tout le monde. Tu regardes derrière toi. Il ne faut pas oublier d’où tu viens. Tu as ta famille derrière : tes grands-parents, tes parents, tes frères, tes sœurs, tes cousins, tes cousines... Il faut les aider. C’est comme ça, c’est dans notre culture. Ce n’est pas compliqué. On est liés. Au Sénégal, on vit dans une maison familiale où il y a quinze-vingt personnes.

Est-ce que ce mode de vie te manque ?
Bien sûr que ça me manque ! Surtout au moment des fêtes comme la Tabaski (fête du mouton) ou Korité (fête célébrant la fin de Ramadan). L’ambiance familiale te manque. Quand tu es en France, tu vis seul avec ta femme et tes enfants. Là-bas, toute la famille se réunit. C’est une force chez nous.

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Quel est ton plat sénégalais préféré ?
Tu sais très bien quel est le plat préféré des Sénégalais (rires). Tu sais très bien que le Sénégalais aime trop le tieb ! Mon plat préféré, c’est le tiep bou dien. Riz au poisson !

Est-ce qu'il y a un moment où tu as cessé de croire que tu pourrais devenir professionnel ?
J’y ai toujours cru. Je me suis battu tous les jours, je faisais ce qu’il fallait pour y arriver. J’ai toujours dit que je ne lâcherais pas, même si c’est dur. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais Inch Allah, je garderai cette confiance en moi. La religion et la famille m’ont beaucoup aidé. Lorsqu’on est croyant, pratiquant, il faut toujours y croire. Chacun a son destin. J’ai toujours cru en moi. Je me disais que j’allais y arriver chez les professionnels, même si ce n’est que pour une année.

Quelles ont été tes plus grandes difficultés ?
« Quand tu vis au Sénégal et que tu n’as pas vraiment les moyens, tu t’entraînes le matin et le soir, mais le championnat n'était pas au top. On ne te paye pas. C’était difficile. J’ai fait ça pendant des années. C’était tellement dur. »
Il y en a beaucoup. Déjà, quand tu vis au Sénégal et que tu n’as vraiment pas les moyens, tu t’entraînes le matin et le soir. Tu t’entraînes, mais le championnat n’était pas au top. On ne te paye pas. C’était difficile. J’ai fait ça pendant des années. C’était tellement dur. Ma famille était derrière moi, me soutenait. Tu ne peux que croire en toi parce qu’elle te soutient. J’ai eu des hauts et des bas, des blessures. Avant de venir en France, j’ai joué au Sénégal. J’ai participé aux championnats populaires juniors pendant trois ans avant de faire une année blanche et de me concentrer sur la menuiserie. Après, lorsque mon club de Yakaar est monté en Ligue 1 sénégalaise, je me suis dit : « Pourquoi pas ? » Je suis revenu au club. La première saison était dure, je n’ai joué qu’un match. Je venais juste d’avoir vingt ans. La deuxième saison, c’était en 2006/2007. C’est là que j’ai commencé à m’imposer et puis, je suis parti en Angleterre faire des essais.

Justement, raconte-nous ton essai à Stoke City.
C’est Salif Diao (un ancien international passé notamment par Monaco, Sedan, Liverpool et Stoke, ndlr) qui propose d’aller faire un essai à Stoke City. Au moment où on m’a annoncé que j’allais là-bas, tu ne peux même pas t’imaginer. Tu te dis : « Je vais aller en Angleterre faire des essais ! » Je rêvais d’aller en Europe. C’était magnifique. Tout le monde était content pour moi. Ma famille s’est réunie, on a fait des prières pour partir et revenir en bonne santé. Lorsque j’ai obtenu mon visa, je me suis dit : « Ok, là je vais partir. J’ai géré. Pour la première fois, tout est merveilleux. » Les installations, le club, les gens, le staff. C’était comme si j’étais un touriste. Après, j’ai fait ce que je devais faire, mais ça n’a pas marché. Tout le monde sait ce qui se passe en Angleterre ou en Europe, quand tu n’as pas de papiers ni de permis de travail, tu ne peux pas rester. Ils nous ont dit que « ça c’est bien passé, mais on ne peut pas vous garder ici » . Donc je suis retourné au Sénégal. J'ai pris ça comme une expérience et en me disant que tout était possible. Il faut y croire et continuer à travailler. Tu as déjà travaillé pour en arriver là. Il faut travailler encore pour dépasser ce stade.

Ensuite, tu retentes ta chance en Arabie saoudite fin 2008...
J’y suis allé grâce à un ancien international qui s’appelle Mamadou Sow. Il travaillait avec un de ses anciens coéquipiers qui lui-même travaillait avec un agent. On était trois, on est partis là-bas. On est restés trois semaines et au moment où je devais signer, je me suis blessé. J’ai préféré rentrer pour me soigner au Sénégal. Le gars m’aimait beaucoup, il ne voulait pas que je rentre. Il a tout fait pour que je reste là-bas. Mais je ne pouvais pas. Je voulais partir.

Ces deux échecs ne t’ont pas miné ?
Au moment où je suis parti, je faisais partie de l’équipe type de la Ligue 1 sénégalaise. Je me disais : « C’est dur mais je ne vais pas me décourager. Il faut s’accrocher. Il faut y croire. »

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C’était quel niveau le championnat sénégalais ?
Il y a du niveau, mais ça ne vaut pas la Ligue 1 ou la Ligue 2 française. En fait, le plus dur quand tu viens du Sénégal ou d’Afrique et que tu viens jouer en France, c’est le problème d’adaptation tactique. Tu peux être fort techniquement, tactiquement tu as du mal. C’est pour ça qu’on voit des joueurs africains qui vont mettre six mois ou un an pour s’adapter.

Plus précisément, qu’est-ce qui est difficile à intégrer tactiquement ?
Ta position sur le terrain en fonction d’une situation défensive ou offensive.

Tu arrives à Épinal (CFA) en septembre 2009 avec Ibrahima Seck et Christophe Diedhiou. Et l’adaptation est difficile...
« On ne connaissait pas Épinal. Personne ne savait placer Épinal sur la carte de France. On est arrivés le 26 septembre. Il faisait froid. Pas pour les habitants, mais pour nous oui. »
On était tous les trois à Yakaar et Salif Diao avait organisé des essais à Dakar, avec la collaboration de Laurent Bénier, le directeur sportif d’Épinal. C’est là qu’ils nous ont vu tous les trois. On ne connaissait pas Épinal. Personne ne savait placer Épinal sur la carte de France. On est arrivés le 26 septembre. Il faisait froid. Pas pour les habitants, mais pour nous, oui. C’était difficile, mais on s’est adaptés. On faisait tout ensemble tous les trois. On restait des heures dans la cuisine après le petit-déjeuner, le repas ou le dîner. On faisait les courses à trois. On allait à l’entraînement à trois. L’hiver, on allait à la mosquée, on marchait trente minutes. Il pleuvait, neigeait. Pareil pour aller à l’entraînement. On n’avait pas de voiture. Chacun mettait son casque, on écoutait de la musique, on se mettait en rang pour le trajet. On se faisait des sandwichs avant de partir et on les mangeait dans la rue avant d’aller à l’entraînement.

Que retiens-tu de ton passage à Créteil ?
La montée de National à Ligue 2. On a fait une superbe saison 2013-2014.

Et comment tu t’es retrouvé à Angers ?
Tu sais comment ça se passe, les gens m’annonçaient partout, mais Angers est arrivé au dernier moment.

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Qu’est-ce que tu as ressenti lors de ta première sélection ?
C’est une fierté ! Déjà quand tu joues les Navétanes, il y a toute la famille, les amis, les gens de ton quartier, tout le monde. Là, on te sélectionne en équipe nationale. C’est plus qu’une fierté. Quelle que soit son origine, on a envie de jouer pour son pays.

Et en entendant l’hymne ?
Je ne peux même pas décrire l’émotion que j’avais. La première fois, c’était pour Colombie-Sénégal.

Comment sens-tu les Lions de la Téranga en Coupe d’Afrique ?
Tout le monde, Sénégalais, Sénégalaises, hommes et femmes, petits ou grands, tout le monde doit encourager l’équipe du Sénégal. Que tous les cœurs soient unis. On a vraiment une bonne équipe et de très, très, très bons joueurs. On a de la qualité et on veut ramener le football sénégalais là où il était.

Par Flavien Bories
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