Cheikh en bois à Málaga ?

"Un ange est descendu du ciel pour nous aider", jubilait José Carlos Perez, dirigeant historique du Málaga C.F à propos de l'arrivée du cheikh Al Thani à la tête du club. Pourtant, deux ans plus tard, l'ange est devenu démon et le ciel azur s'est rempli de gros nuages noirs : salaires non-payés, arriérés non-remboursés et mise en vente du club. Et si le Cheikh les avait tous roulés ?

Modififié
752 37
Depuis le mois de mai 2010, les footeux de la Costa del Sol vivaient un rêve éveillé. Abdullah ben Nasser Al Thani, fortune colossale du Qatar et cousin éloigné du propriétaire du Paris Saint-Germain Tamim ben Hamad Al Thani, décidait de racheter à Fernando Sanz le Málaga C.F, qui végétait alors dans les dernières places de la Liga depuis des années, pour en faire le nouvel eldorado du ballon espagnol. Dettes épongées, installations modernisées, projets pharaoniques lancés, tout était mis en œuvre pour que les "Malagueños" viennent concurrencer "le Real et le Barça d'ici quelques années". Le club se paye même le luxe de coller le blaze de l'Unesco sur son maillot.

Sûre de la fortune du nouveau patron — le nabab s'est quand même fait construire un hippodrome au beau milieu du désert —, l'équipe technique emmenée par Manuel Pellegrini entame un recrutement cinq étoiles. Des joueurs comme Demichelis, Toulalan, Joaquín, Van Nistelrooy ou encore Cazorla, choisissent d'aller bronzer et taper dans la balle du côté de Málaga City. La première année est prometteuse avec une 11e place au classement, la deuxième est victorieuse puisque le club attrape au vol la 4e position et se qualifie pour la première fois de son histoire pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Jusque-là, l'idylle semble sans accroc. Sauf qu'en fait, derrière la belle réussite des ouailles de Pellegrini, la crise couve.

Pas chic le Cheikh

Premier élément troublant, le 28 mai dernier, Fernando Hierro, directeur sportif du club depuis quelques mois à peine, démissionne. La raison officielle : "Hierro ne se sent pas à l'aise dans ses nouvelles fonctions". La raison officieuse : le budget de travail de l'ancienne muraille madrilène s'est brusquement évaporé. Pire, la presse sportive espagnole révèle que les joueurs ne sont plus payés depuis plusieurs mois. Pas vraiment ravi par ces anicroches faites à sa réputation de roi du pétrole, Abdullah Al Thani fait taire, à sa manière, ceux qui doutent de sa fortune en publiant sur Twitter une photo de son plus bel étalon accompagné du commentaire : "Mon dernier cheval coûte plus cher que Cristiano Ronaldo". Très fin. S'il a suffisamment d’argent pour s'acheter les plus beaux canassons du Moyen-Orient, le cheikh ne daigne pourtant toujours pas payer le salaire de ses footballeurs.

Exaspérés par la situation, le 18 juillet, quatre garçons, dont van Nistelrooy et Cazorla, décident de porter plainte devant le syndicat des joueurs, avant finalement de se rétracter. La direction du club assure que l'affaire n'est "qu'un vaste quiproquo" et affirme que les choses sont sur le point de rentrer dans l'ordre. Les employés du club ne sont néanmoins pas les seuls à se plaindre des retards de paiement du propriétaire de NAS Group. Villarreal, Osasuna et Hambourg balancent que Málaga n'honore plus les mensualités prévues sur les transferts de Cazorla, Montreal et de Mathijsen. Une situation qui commence à faire sérieusement tache, d'autant qu'Al Thani et son fidèle bras droit Abdullah Ghubn, chargé des affaires courantes du club depuis la mort de José Carlos Perez en février, ne mettent plus les pieds en Andalousie depuis des semaines. Un affreux doute saisit alors le pays. Et si le Cheikh avait tout simplement décidé de retirer ses billes et de mettre les voiles ?

Un investissement comme un autre

Le doute ne met que peu de temps à se transformer en certitude. Les rumeurs faisant état de la volonté du magnat qatari de vendre le club s'amplifient. Il y a quelques jours, la presse espagnole annonçait qu'Al Thani était sur le point de vendre son joujou à un sombre homme d'affaires albanais, Rezart Taçi. Un garçon louche à souhait, président de la Fédération albanaise d'échecs et principal dirigeant du groupe énergétique Taçi Oil. Le natif de Tirana avait déjà tenté sa chance dans le ballon rond en lançant sans succès des OPA inamicales sur Bologne et sur le Milan AC et en offrant 2,5 millions d'euros au Real Madrid en 2010 pour que les Merengues viennent disputer un match amical chez lui, contre son équipe chérie, le Gramozi Erseke. Si la vente a pour le moment été démentie par le cabinet d'avocat du principal intéressé, l'absence de réaction de la part du clan Al Thani confirme sa volonté de se débarrasser du club. En attendant, les meilleurs "Malagueños" se barrent. Cazorla rejoint Arsenal, Toulalan, Isco et même le coach Pellegrini pourraient également quitter la baraque, histoire de combler le vide abyssal des caisses. Ça commence sérieusement à sentir la fin des beaux jours.

Reste à savoir pourquoi le cheikh, arrivé en grande pompe comme ses potes de Manchester City et du Paris Saint-Germain, décide du jour au lendemain d'abandonner le club qu'il avait décidé de redresser. Étant donné la fortune de l'intéressé, la piste de la faillite personnelle est à écarter. Reste donc celle de la filouterie. Al Thani, de son propre aveu, ne s'intéresserait que très moyennement au football. Il préfère les chevaux. Les fois où il a mis les pieds au stade de la Rosaleda se comptent d'ailleurs sur les doigts d'une main. Son rachat du Málaga C.F n'avait rien d'un acte philanthropique. Son projet initial était de se servir du club comme d'une façade médiatique pour investir massivement dans la région et en particulier à Marbella, la station balnéaire huppée et jet set de la Costa Del Sol. En arrivant en Andalousie, le milliardaire avait en effet aussi lancé un projet pharaonique de modernisation et d'agrandissement du port de "La Perle". Un business se chiffrant en centaines de millions de dollars. Au passage, NAS, son entreprise, avait obtenu la concession du nouveau port pour 40 ans. Le hic, c'est que les travaux n'ont pas commencé non plus de ce côté-là. La crise s'aggravant en Andalousie, l'opération devient de moins en moins rentable et semble avoir dégoûté le Cheikh qui aurait donc décidé d'aller placer son immense pécule ailleurs. Tant pis pour Marbella, tant pis surtout pour le football à Málaga et pour le projet de Manuel Pellegrini. Eh oui, les Cheikhs n'ont pas tous le cœur sur la main et la main sur le portefeuille. S'il fallait s'en convaincre, le football ne représente parfois qu'un investissement comme un autre. Voire, sans doute pour certains, le cadet de leurs soucis. De l'art d'arriver comme un mage, pour partir comme un mirage.

Par Pablo Garcia-Fons
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Vivement le jour où ca arrivera au PSG et à City. Et on ose encore comparer ces sheiks à des gens comme Moratti, qui sont eux fous amoureux de leur club. Les grands clubs ne naissent pas du jour au lendemain. RIP Malaga
"Reste à savoir pourquoi le cheikh, arrivé en grande pompe comme ses compatriotes de Manchester City et du Paris Saint-Germain"

Ce bon vieux cheikh là n'est pas compatriote de celui des citizens. Qatari pour l'un; émirati pour l'autre.

Si l'albanais reprend le club ça va sentir les grosses magouilles tout ça, pour finir avec -10 points dans les dents...
Forza_Milano Niveau : CFA2
Faut avouer que la ça pue vraiment pour Malaga
Descente en fin de saison ?
nononoway Niveau : CFA
Quoi de plus rassurant qu'un homme d'affaires albanais ?
Le pire c'est même pas pour les joueurs, c'est pour les supporters
Drew Jarez Niveau : DHR
J'avais lu dans un commentaire sur un article concernant Malaga que la commune (ou je ne sais quoi) mettait des batons des les roues du Cheikh. Quelqu'un aurait-il une source à peu près fiable concernant cela ? (même en espagnol).
jules bocandé Niveau : District
Chattard tu crains!tu n es qu un petit con!As ton encore besoin de rappeler que les plus grand clubs europeens ont bien du debuter leur histoire a un moment donné ,de plus tous ces clubs ont bien depensé autant que les deux clubs dont tu parles.
J'ai le sentiment que vous confondez tous les arabes
Ouais enfin entre le Qatar et les EAU il n'y a pas une faille culturelle énorme hein, la différence est de l'ordre de l'administratif.
C'est vrai que c'est la face sombre des investissements maousse. On avait vu portsmouth, on a malaga. Quant à ManCity, le gars arrive plus ou moins en solo, cela étant à la différence du gugus de malaga il semble avoir une crédibilité dans le monde des affaires. Pour nous, à Paris, la donne est différente, c'est un fonds souverain qui investit. Bien évidemment, ils peuvent reprendre leurs billes et partir mais cela n'aurait aucun sens stratégique, la stratégie en question étant arretée par un Etat, elle n'est donc pas le fruit d'un caprice princier mais plutot la conséquence des choix de gars ayant étudié dans les meilleurs facs ricaines. In fine, on est pratiquement au meme point que ManCity mais 4 fois plus rapidement et avec 800 millions dépensés en moins. Bref, quelques règles pour garantir les investissements seraient les bienvenues - ex: si l'investissement se fait au-delà des recettes propres au club, pour 1 euro dépensé, 0,5 devrait être laissé en garantie pour éviter les départs à la cloche de bois - mais il ne faudrait pas non plus empecher l'investissement en tant que tel. Perso, j'ai aucun plaisir à voir ces vieux croutons (real, juve, milan, barca, bayern...) qui gagnent depuis la nuit des temps, perpétuer leurs petites victoires assises sur...le pognon finalement. Aujourd'hui, ils ont mal car on déboule pour redistribuer les cartes et je ne vois pas pourquoi - jalousie mal placée mise à part - les français dans leur ensemble ne se réjouissent pas du fait qu'on rabatte le caquet de nos charmants voisins...et ce sachant qu'il n'y a aucun grand club français (hein, on va pas se mentir) et que c'est la première fois que de manière plutot pérenne, un club français semble en passe de faire passer une décennie fort désagréable aux géants du foot européen.
Qataris, Emiratis... c'est pareil tout ca... des bedouins a qui "on" a apprit qu'il y avait du gaz sous le sable...
vinceletah Niveau : CFA
Note : 4
Tout a fait Chattard, de la meme facon que si un Francais fait une saloperie quelque part, ca prouve que tous les francais sont des salopes*!!!
Remballe un peu tes theories nazillardes!
IgorYanovskiTheMachine Niveau : DHR
Si on pouvait faire sauter (le compte de) gniezno, ce serait bien pour l'humanité...
Note : 3
one-of-the-amoks: perso le PSG n'étant pas l'équipe de france, qu'il soit devenu compétitif pour gagner la ldc, ça me fait un gros fussoire en tant que supp de l'OL (un peu comme qd l'OM a gagné en 93)

dc non je me réjouis pas des masses de la L1 post QSI sauf à ce qu'un ou deux autres clubs soient également rachetés histoire de pimenter cette L1, à l'image du big 5 de la PL

je t'avoue qd même préférer voir le psg gagner plutôt que le barça, chelsea ect.

@+
Président de la fédération albanaise d'échecs, précision importante s'il en faut...
D'après France Football le président du PSG aurait téléphoner a son cousin afin de se renseigner sur la situation contractuelle du joueur !
@ sissa

Oui donc en fait on a un peu gagner la coupe du monde. La faille culturelle entre les espagnols et nous n'est pas énorme...pi la LDC on la gagne tous les ans aussi!!! C'est pareil tout ça: anglais, français, allemands...la faille culturelle n'est pas énorme.

"...les clichés de culture, la maladresse d'ali baba, les oasis, les femmes voilées et ce putain* d'ouvre toi Sésame. À croire qu'une civilisation se résume au kebab..."
AKH - Gemmes

De quoi me donner envie de relire "L'Orientalisme" d'Edward Saïd
IgorYanovskiTheMachine Niveau : DHR
@ HisDudeness: +1 pour une citation d'AKH, sol invictus, un des meilleurs albums de tous les temps
Abilio 34 Niveau : DHR
Montreal ? C'est pas la ville hein, c'est le joueur.Nacho vous remercie :-)
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Bordeaux chute à Naples
752 37