Chauvin : « Un message à faire passer »

Landry Chauvin, le responsable de la formation rennaise de 1992 à 2007, le reconnaît sans mal : il s'est fortement inspiré de Nantes lorsqu'il était en Ille-et-Vilaine. Reste à savoir si, maintenant qu'il est entraîneur des Canaris, il va faire les mêmes choses en sens inverse.

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Landry, cela fait maintenant quelques semaines que vous êtes à Nantes. Est-ce que le challenge est plus dur que prévu ?


Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'on bosse. L'équipe vient simplement de se mettre en place, c'est la conséquence de nos arrivées en ordre dispersé. C'est sûr, j'ai un message à faire passer, mais on a avant tout besoin de confiance. La première année, il y a toujours un héritage du passé. Des joueurs ont des contrats, il faut les respecter.


Vous voulez dire que vous n'avez pas les moyens de signer des chèques à tout va pour faciliter certains départs. Votre challenge, c'est donc aussi de relancer des joueurs ?


Oui, quelque part. Vous savez, c'est une saison intermédiaire. Sur les 29 joueurs qui composent l'effectif – c'est beaucoup trop – 12 seront en fin de contrat à l'issue de la saison. Ce qui veut dire que malgré tout, on va devoir se projeter sur la suite, avec un noyau dur de joueurs qui veulent clairement s'identifier au club. J'espère qu'on nous en laissera le temps.


Le temps, vous le réclamez à qui ? Aux supporters, aux dirigeants, aux médias ?


C'est un ensemble. Vous savez très bien que ces dernières saisons, il y a eu une valse des entraîneurs énorme ici. Et chacun a voulu ses joueurs. Maintenant, eux, ils sont là, et si l'on veut partir dans une spirale positive, stable, il faut accepter de prendre le temps de digérer tout ça. Dans un premier temps, il faudrait que l'on arrive à ne parler de nous que pour le sportif.


C'est pour ça que vous avez recruté Wiltord, Pancrate et Mandrichi devant ?


C'est avant tout des opportunités du marché. Et puis, j'aurais été ravi par exemple que Rodelin reste. Ca aurait été différent. L'idée, c'est d'accompagner les Cheyrou, les Bessat et surtout de ne pas prendre des joueurs à des postes où des jeunes peuvent exploser.


On peut dire que Nantes copie désormais Rennes, un club où vous avez été responsable de la formation et où vous vous êtes inspirés de Nantes ?


Il ne faut pas présenter les choses comme ça. La politique qui a été mise en place à Rennes n'est pas que de mon ressort. En réalité, il n'y a pas de bons joueurs, il y a avant tout un bon recrutement.


C'est donc vraiment dommage de ne plus pouvoir compter sur Guy Hillion...


Oui, mais on n'a pas eu vraiment le choix. C'est sa décision et il faut la respecter. Il n'empêche, je reste persuadé qu'il y avait de la place pour que tout le monde puisse travailler efficacement. Après c'est comme pour Sedan, je ne regarde pas dans le rétro.


En parlant de Sedan, est-ce que vous êtes parti parce que vous pensiez que c'était difficile de repartir avec un groupe qui venait de rater la montée ?


Non pas du tout. Je pense d'ailleurs que le groupe arrive à maturité cette année et qu'ils vont avoir une bonne chance de monter – ce que je leur souhaite. Moi, je marche au challenge. J'aurais pu rester à Sedan une saison de plus, le président me le proposait. Mais un an, ce n'est pas un projet ! Je préfère venir à Nantes.


Vous allez recevoir Bastia vendredi soir. En termes de jeu, les rôles sont un peu inversés, non ?


Bastia, c'est comme Sedan. Ils jouent en ce moment sur leur vécu de la dernière saison. Des joueurs en plus sont arrivés au milieu, Gragnic d'un côté, Rothen de l'autre, mais c'est parfaitement huilé. Face à eux, on va devoir développer d'autres valeurs, se baser sur la solidarité. Ce n'est pas la première chose qui nous vient à l'esprit quand on parle de Nantes mais il faut faire le dos rond.


Donc la montée, aujourd'hui, c'est trop haut comme objectif ?


Au moment où on se parle, oui, c'est présomptueux. Mais je sais que l'on peut se bonifier, que certains vont pouvoir se révéler et que l'on va pouvoir s'appuyer dessus. Mais pour l'instant, c'est loin.


Propos recueillis par Romain Canuti

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Ca irait quand même plus vite avec un propriétaire Qataris.
Ce serait les Qanaris du coup, joli.
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