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Châteauroux, fin de galère

Une seule défaite depuis fin septembre, les gros qui tombent dans ses bras et une huitième place de Ligue 2 : la Berrichonne de Châteauroux va bien. Mieux, elle se déplace à Nîmes samedi pour dessiner les perspectives d’une deuxième partie de saison récompense d’un travail débuté en 2015, année de la chute du club en National. Une surprise ? Pas totalement.

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Une secousse dans une coquille vide. Drôle d’impression au moment de voir la Berrichonne de Châteauroux, actuelle huitième de Ligue 2, faire tomber le Lorient de Mickaël Landreau, intouchable depuis fin novembre, mardi soir à Gaston-Petit. « Je ne sais pas... Je crois qu’il faut que les gens prennent bien conscience que le club est revenu dans l’élite du football français, en deuxième division, et que ça a le mérite d’être vu » , souffle Jean-Luc Vasseur, coach à la barre d’un groupe qui n’a glissé qu’une fois depuis fin septembre – à Niort (1-2), le 24 novembre dernier – et qui n’hésite pas à affirmer qu’une soirée passée dans un stade peut être plus positive que « n’importe quelle thérapie médicamenteuse » . Beau joueur, Landreau, les cheveux grisés par le stress inhérent au job de coach numéro un, en a alors profité pour s’incliner : « C’est la seule équipe qui a battu les trois premiers, ce n’est pas par hasard ! »

Soit Reims en octobre, Nîmes en août et Ajaccio début décembre. Indifférence totale : face à Lorient, on est même tombé à 2812 curieux. « Même s’il faut remercier ceux qui viennent, j’estime que l’équipe mérite plus de public, glisse Bruno Allègre, le président délégué. Après, ça s’explique par plusieurs choses : un match de Ligue 1 à la télé, les mauvaises habitudes prises en National... Il faut du temps que pour que le Berrichon reprenne goût à certaines choses. » La Berri, elle, n’aura eu besoin que de quelques mois de réadaptation pour respirer de nouveau dans un championnat quitté au printemps 2015, temps nécessaire pour trouver l’équilibre consécutif à une montée et pour un effectif bousculé d’un tiers pendant l’été. Après 22 étapes, voilà le club placé, sur la route d’un maintien, logique objectif premier des dirigeants, et assis sur une sérénité retrouvée qui vient de loin. De très loin.

La route et l’urgence


D’une chute et du casse-tête le plus complexe du foot pro : comment gérer une rélégation, porte ouverte sur les angoisses ? En mars 2015, en pleine bataille dans la bouillie qu’est un maintien pour ce qui restera sa dernière aventure de joueur, Jérôme Leroy voit sa cheville le lâcher. Intervention de Michel Denisot : l’homme est trop précieux, trop rare dans le circuit pour le laisser filer. Partant, Leroy est installé conseiller du président Schoen, le recrutement entre les mains. « Lorsqu’on m’a proposé le poste, j’ai pris un mois pour réfléchir. J’ai regardé des matchs de National, j’en ai profité pour faire le tour et ma problématique a été simple : pour repartir, je ne voulais plus de joueurs professionnels, reprend l’ancien milieu du PSG. On m’a dit que c’était impossible, mais je ne voulais que des joueurs amateurs, car on arrivait dans un championnat composé de footballeurs amateurs. Le National, c’est dur, long, les déplacements sont compliqués, les stades sont dégueulasses... En réalité, tout est fait pour anéantir les joueurs pros. J’ai vu plein de clubs faire ça en vingt ans, ça marche une fois sur cinq, surtout quand tu surpayes les gars. Il fallait revenir à l’humain. »

Et prendre la route. Ainsi, Jérôme Leroy s’arrache, s’enfile des heures de bagnole, revient au petit matin à Châteauroux, bosse dans son coin et cartographie la France du foot amateur. Le discours est simple : « J’allais voir le joueur, je lui expliquais que le foot est dur, que, quand tu signes dans un club, tu auras toujours des gens qui diront qu’il ne fallait pas te faire venir. Il faut savoir que le recrutement n’est jamais bon. J’étais clair : même les dirigeants vont douter de vous. Pas moi, l’idée était "je te donne ton premier contrat pro, maintenant, tu sais ce qu’il faut faire pour le garder." » À comprendre, ramener la Berrichonne en Ligue 2 avant le printemps 2017, échéance à laquelle le club perdra son statut pro, avec tout ce que le déchirement d’étiquette implique.


Kévin das Neves est alors repêché au Poiré-sur-Vie, Oumare Tounkara à Drancy, Nama Fofana du côté de Marseille Consolat, Richard Samnick sur Bari. Ces hommes seront la base d’une révolution lente, marquée par un premier retour avorté par un début de saison raté (5e) et dont le pic sera le titre de champion de National décroché au printemps dernier au bout d’un exercice également marqué par deux branlées reçues à Gaston-Petit, face à Épinal (0-5) et au Paris FC (0-5). Autre virage : le 3 avril 2017, l’entraîneur Michel Estevan se voyait renverser pour faute grave – notamment une affaire de paris sportifs, Estevan ayant parié 10€ sur un match de Ligue 2 – et remplacé dans l’urgence par Olivier Saragaglia. « On a eu des périodes difficiles. Quand tu perds 5-0 chez toi, forcément, tu te remets en questions, mais on n’a jamais perdu deux matchs de suite la saison dernière. Je préfère en prendre une bonne que d’enchaîner les défaites, ça réveille, rembobine Yannick M’Boné, récupéré par Leroy à Fréjus. Olivier a gardé les mêmes joueurs, mais a réussi à nous faire changer dans l’approche. D’un coup, on a pris des risques, des cadres ont été réinstallés et ce qui nous arrive cette saison n’est finalement que la continuité de ce travail. » Ce à quoi Saragaglia, joueur du club dans les années 1990 et repassé cet été adjoint faute de pouvoir obtenir les diplômes nécessaires, répond en évoquant une intersaison « dans l’inconnu, car on avait peu de joueurs qui avaient connu ce niveau. Et, au fil des matchs, il s’est avéré que c’était plutôt pas mal... »

« Un effectif qui marche, c’est un effectif harmonieux »


Instant où Jean-Luc Vasseur, déjà contacté par la Berrichonne deux ans plus tôt, a plongé dans le script, un an après son départ du Paris FC et une année à retravailler ses méthodes, à l’étranger notamment, à retourner en cours et à se retailler une philosophie de jeu. Vasseur : « J’ai d’entrée trouvé un groupe qui avait envie de bosser, de découvrir et des énergies qu’il fallait simplement équilibrer en surfant sur la montée. Le club est passé si proche d’une correctionnelle sportive, financière et historique qu’il y avait une envie de se battre et de poursuivre ce qui avait été remis en place. » La direction demande alors à Leroy, qui avait lié son avenir à celui d’Estevan malgré des différences de vision nettes – « c’est peut-être une erreur d’avoir fait ça avec Estevan, car Estevan, c’est qui ? Personne dans le monde du foot » –, de s’occuper du mercato estival avant de quitter ses fonctions.

Nouvelle fournée de bonnes pioches : Sidy Sarr, prêté par Coutrai et meilleur buteur du club, Maxime Barthelmé, Grégory Bourillon, Alhadhur, Mandanne, Hassen et Benrahma. De l’expérience, des mecs qui veulent se relancer, d’autres qui viennent pour encadrer. Le 31 août, Jérôme Leroy reçoit dans son bureau Saïd Benrahma, prêté par l’OGC Nice : « Je lui ai dit qu’il me faisait plaisir, qu’il fallait faire des sacrifices dans une carrière. Se faire chier à Châteauroux ? Peut-être, mais tu viens te faire chier pour quoi ? Cinq, six ans ? Ou un an ou deux ans et tu t’en vas ? Ici, ces mecs revivent car en Ligue 1, c’est le monde obscur, chacun sa merde. J’ai prévenu Saïd en lui disant de gagner le respect de cet effectif en ne regardant pas les joueurs de haut. C’est ce qu’il a fait. »


Aujourd’hui, Benrahma serait pisté par l’Atalanta Bergame et Leganés, tout sauf une surprise. Car Châteauroux est revenu en Ligue 2 avec humilité, a été fauché à quatre reprises en septembre et s’est finalement solidifié pour se coincer dans le milieu de tableau, si ce n’est plus. Le tout avec un groupe sain, où les jeunes viennent voir les anciens pour se préparer à l’avenir : « Ils sont intrigués, raconte Grégory Bourillon, venu se relancer l’été dernier après deux saisons de galère. Ils demandent des conseils sur l’extérieur, les agents, la gestion financière... C’est une preuve d’intelligence de se pencher dessus quand on a vingt ans. Moi, ça ne me passionnait pas... » La courbe a vu le club s’offrir des victoires de prestige, à Sochaux (5-1) et à Brest (3-2) lors de soirées où Vasseur n’avait aucun buteur de formation, et surtout inverser des scénarios, comme à Auxerre ou à Valenciennes. « On a accepté d’être moins ambitieux par moments pour se reconcentrer. Une équipe qui marche, c’est un effectif qui est harmonieux. J’ai la chance d’avoir des joueurs qui jouent moins qui sont irréprochables et au moins aussi bons que ceux que j’aligne. La qualité d’un groupe, c’est la qualité de son banc. Ce qu’on fait aujourd’hui doit nous servir pour plus tard, car je suis là pour construire, pas forcément pour faire des coups » , enchaîne Vasseur. Avec du jeu, de l’envie, une approche positive et ce qui ressemble à la plus belle équipe du club depuis le départ de Victor Zvunka. L’important n’est pas la chute, c’est bien l’atterrissage.

Par Maxime Brigand Tous propos recueillis par MB.
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