CAN 2010 - Zambie
«Cette génération doit aussi marquer l'histoire»
La Zambie affronte ce soir le Nigeria à Lubango pour une place en demies. En 1994, les deux sélections se rencontraient en finale de la CAN à Tunis, quelques mois après le "Gabon disaster" qui avait entièrement décimé la meilleure génération des Chipolopolos. Kalusha Bwalya, survivant et capitaine de cette sélection est aujourd'hui président de la fédération zambienne. Hier, avant l'entraînement, il a fait un jogging autour du stade. Et répondu à quelques questions.
«Cette génération doit aussi marquer l'histoire»
La Zambie a-t-elle sa place parmi les huit meilleures équipes de la CAN ?
Pour être honnête, malgré le palmarès des équipes de notre groupe, on a toujours pensé qu'on pouvait se qualifier pour les quarts. On se moquait un peu de la façon. Même si avant le dernier match face au Gabon, on ne savait même pas qu'on pouvait finir premiers. C'est ce qui est arrivé, c'est énorme pour un pays comme le nôtre mais voilà, on n'était pas venus ici pour se faire manger. En tout cas, on est très contents d'être là. On n'est pas là par hasard. C'est le résultat d'un travail qui a commencé en 2003. On bosse avec pratiquement le même groupe de joueurs depuis cette époque. La sélection est jeune mais pour beaucoup, comme Katongo ou Mulanga, c'est déjà leur troisième CAN.
Le Nigeria est-il toujours meilleur que la Zambie ?
On vient de les jouer, en préparation, juste avant le début de la CAN, à Durban, en Afrique du Sud. On ne savait pas qu'on allait se rencontrer quelques semaines plus tard. Ce match nous a servi de référence. Globalement, on a eu la meilleure préparation possible. A la fin, on s'est dit avec Hervé Renard (ndlr: le coach de la sélection), qu'on a pas de complexe à nourrir, notre équipe est au même niveau que le Nigeria. Après la question était : est-ce que nos mecs vont pouvoir démontrer cette qualité individuelle et collective le jour j ? Et finalement, ils ont été présents au moment où on les attendait même si on a des regrets sur le match contre le Cameroun qu'on aurait pu gagner.
Tout le monde ici fait référence à la dernière opposition entre les
deux pays, la finale de la CAN 1994 à Tunis...
J'en ai parlé aux Nigérians à Durban : depuis 1994, vous nous évitez, vous avez peur ou quoi ? En fait, pour une sélection comme la nôtre, c'est toujours difficile d'organiser des matchs amicaux contre les grosses équipes du continent, que ce soit le Nigeria, la Cameroun ou la Côte d'Ivoire. C'est le seul moyen de progresser sauf que les gros traînent toujours les pieds pour jouer des soi-disant petites équipes comme la nôtre. Donc, je prends ce quart-de-finale comme une manière de s'étalonner face à une sélection qui possède quand même encore quelques grands noms. Maintenant, je ne veux pas comparer le match d'aujourd'hui avec la finale de la CAN 1994. Tout le monde se souvient de cette rencontre. On l'avait perdue mais c'est le contexte, qui a fait qu'on est entrés dans l'histoire. Quelques mois auparavant, la majorité de mes coéquipiers avaient disparus dans l'accident d'avion. Aujourd'hui, c'est juste un match, un autre match. Et c'est nouvelle génération doit marquer l'histoire aussi. D'une autre manière, sur le terrain...
Propos recueillis par Eunice Barbier
Pour être honnête, malgré le palmarès des équipes de notre groupe, on a toujours pensé qu'on pouvait se qualifier pour les quarts. On se moquait un peu de la façon. Même si avant le dernier match face au Gabon, on ne savait même pas qu'on pouvait finir premiers. C'est ce qui est arrivé, c'est énorme pour un pays comme le nôtre mais voilà, on n'était pas venus ici pour se faire manger. En tout cas, on est très contents d'être là. On n'est pas là par hasard. C'est le résultat d'un travail qui a commencé en 2003. On bosse avec pratiquement le même groupe de joueurs depuis cette époque. La sélection est jeune mais pour beaucoup, comme Katongo ou Mulanga, c'est déjà leur troisième CAN.
Le Nigeria est-il toujours meilleur que la Zambie ?
On vient de les jouer, en préparation, juste avant le début de la CAN, à Durban, en Afrique du Sud. On ne savait pas qu'on allait se rencontrer quelques semaines plus tard. Ce match nous a servi de référence. Globalement, on a eu la meilleure préparation possible. A la fin, on s'est dit avec Hervé Renard (ndlr: le coach de la sélection), qu'on a pas de complexe à nourrir, notre équipe est au même niveau que le Nigeria. Après la question était : est-ce que nos mecs vont pouvoir démontrer cette qualité individuelle et collective le jour j ? Et finalement, ils ont été présents au moment où on les attendait même si on a des regrets sur le match contre le Cameroun qu'on aurait pu gagner.
J'en ai parlé aux Nigérians à Durban : depuis 1994, vous nous évitez, vous avez peur ou quoi ? En fait, pour une sélection comme la nôtre, c'est toujours difficile d'organiser des matchs amicaux contre les grosses équipes du continent, que ce soit le Nigeria, la Cameroun ou la Côte d'Ivoire. C'est le seul moyen de progresser sauf que les gros traînent toujours les pieds pour jouer des soi-disant petites équipes comme la nôtre. Donc, je prends ce quart-de-finale comme une manière de s'étalonner face à une sélection qui possède quand même encore quelques grands noms. Maintenant, je ne veux pas comparer le match d'aujourd'hui avec la finale de la CAN 1994. Tout le monde se souvient de cette rencontre. On l'avait perdue mais c'est le contexte, qui a fait qu'on est entrés dans l'histoire. Quelques mois auparavant, la majorité de mes coéquipiers avaient disparus dans l'accident d'avion. Aujourd'hui, c'est juste un match, un autre match. Et c'est nouvelle génération doit marquer l'histoire aussi. D'une autre manière, sur le terrain...
Propos recueillis par Eunice Barbier
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