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Cette Allemagne avance vite

Après une phase de poules laborieuse, l'Allemagne a surclassé la Slovaquie pour assurer sa place dans le top 8 européen. Surtout, elle a affiché des progrès dans le jeu qui en font désormais l'équipe la plus sexy du tournoi.

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La Croatie éliminée par le Portugal après un non-match, la équipe de France toujours aussi laborieuse, le pays de Galles ou la Pologne qui jouent avec leurs armes. C’est-à-dire surtout de la discipline et du courage... Jusqu'à la prestation de l'Allemagne contre la Slovaquie, le plateau de la phase finale de l'Euro 2016 ne faisait pas forcément plaisir à voir. Fluide et inspirée, efficace et joueuse, l'équipe de Joachim Löw a proposé le meilleur fonds de jeu de ces huitièmes de finale. Le but rapide de Jérôme Boateng a forcément facilité la tâche des Allemands. Mais d'entrée de jeu, il a semblé évident que ces derniers étaient dans de bonnes dispositions. Après une phase de poules poussive marquée par un manque de maîtrise contre l'Ukraine et surtout la Pologne, la Nationalmannschaft semble désormais avoir terminé sa phase de rodage. Au meilleur des moments, comme l'a estimé Ján Kozák après la fessée reçue à Lille : « Ils ont peut-être commencé doucement dans leur groupe, mais le match contre l'Irlande du Nord avait déjà montré qu'ils étaient montés en puissance. » Les prochains adversaires de l'Allemagne, à défaut de succomber, vont souffrir.

Plus belle la vie sans Götze


Löw avait débuté son Euro avec Götze en pointe. Force est de constater que le milieu offensif du Bayern ne devrait pas retrouver sa place de titulaire sauf blessures dans l'effectif allemand. En attaquant de pointe, Mario Gómez a déjà marqué deux buts en deux matchs, et surtout, apporté beaucoup plus avec, certes, moins de mobilité, mais une plus grande présence devant la surface ou dedans. Dans un registre plus comparable à l'ancien du Borussia Dortmund, Julian Draxler a été éblouissant sur le côté gauche de l'attaque allemande contre les Slovaques. Passeur décisif pour Gómez, buteur sur le troisième but et intenable pendant tout le match, le milieu offensif de Wolfsburg a même logiquement été élu meilleur joueur du match par le jury de l'UEFA. Et justifié sa place dans le onze de Joachim Löw, où Mezüt Özil a, malgré un penalty raté, également montré des choses intéressantes. En un match, l'Allemagne a marqué autant de buts qu'en phase de poules, comme un signe que le manque d'inspiration du premier tour n'est qu'un mauvais souvenir. « Quand les joueurs offensifs bougent beaucoup autour de l'attaquant de pointe, c'est plus facile » , a ainsi concédé Löw, sans toutefois stigmatiser Götze. Un renouveau offensif à confirmer néanmoins face à l'Espagne ou l'Italie, cette dernière étant toujours la référence ultime pour jauger de la qualité de percussion d'une ligne offensive. « Il faudra être réaliste, car quoi qu'il en soit, on n'aura pas à chaque fois autant d'occasions que contre la Slovaquie » , a estimé le sélectionneur allemand.

Boateng-Hummels-Neuer, un socle solide


Contre l'Ukraine puis la Pologne, la Nationalmannschaft a plusieurs fois failli prendre l'eau défensivement. La faute à un positionnement très haut de ses latéraux – un choix assumé par Löw –, mais aussi à quelques incompréhensions ou manques d'attention dans la charnière centrale, plusieurs fois sauvées par Manuel Neuer. Le gardien du Bayern a dû sortir le grand jeu deux fois contre les Slovaques, mais la défense allemande a néanmoins donné l'impression d'avoir une plus grande solidité avec Hummels-Boateng dans l'axe et Kimmich sur le flanc droit. Une impression tellement forte qu'elle a convaincu le sélectionneur allemand de faire souffler le premier buteur du match à 20 minutes de la fin et de donner du temps de jeu à Benedikt Höwedes. « Si on continue d'être compact, ce sera dur pour nos adversaires de marquer, mais je ne fais pas une fixation sur l'idée de finir la compétition avec zéro but encaissé » , a assuré Löw. Pour lui, il faudra tout de même « ne pas ouvrir d'espaces pour nos adversaires » . Car s'il n'a pas peur de prendre des buts, il n'a pas non plus envie d'en offrir.

En attendant le réveil de Müller


Joachim Löw est en progrès : après les mains dans le slip en phase de poules, il s'est contenté de sentir ses aisselles contre les Slovaques. Son attaquant Thomas Müller ne peut en revanche pas se vanter de la même progression. Positionné derrière Mario Gómez dans l'axe, le Munichois s'est démené, a tenté de s'extirper de la défense adverse, mais n'a toujours pas été décisif. Zéro but après quatre matchs. Pas impossible qu'il débloque son compteur au meilleur des moments contre l'Espagne ou l'Italie. En clair, l'Allemagne est montée en puissance, commence à impressionner, mais, à l'image de son attaquant, elle en a encore sous la semelle.

Par Nicolas Jucha, au stade Pierre-Mauroy (Lille)
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