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Cesena, c'est vraiment meilleur que la Roma ?

Deux clubs sur des dynamiques totalement différentes s'affrontent ce soir. En pleine lutte pour le maintien, les Bianconeri de Romagne ont déjà pris des points contre la Lazio, la Juve et l'Inter dernièrement. Au tour de la Roma ?

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En Italie, on appelle ça un « tête-à-queue » , ou une Jean Alesi pour les puristes. Il s'agit d'une rencontre entre un des premiers du classement et l'un des derniers. Précisément le second contre le dix-neuvième concernant ce match entre Cesena et la Roma. Le classement des matchs retours parle d'une confrontation beaucoup moins déséquilibrée qu'on ne le pense. En effet, les hommes de Rudi Garcia figurent à la 12e place à deux petites unités au-dessus de la zone rouge, tandis que ceux de Mimmo Di Carlo sont 7es. 10 points pour les premiers, 12 pour les seconds. Les courbes de forme sont, elles, totalement différentes. La Louve est rentrée dans sa tanière, l'Hippocampe remonte à la surface. La Lupa e il Cavalluccio, di Giovanni della Fontana.

Entraîneur changé, effectif confirmé


19 matchs sans gagner, pile-poil un demi-championnat. Le chiffre parfait, de Parme à Parme. 1re journée des matchs allers et des matchs retours. Autrement dit, pas l'adversaire le plus compliqué à battre. Une série noire qui aurait plombé plus d'une équipe, pas Cesena qui a encore des raisons de croire au maintien malgré une 19e place occupée sans interruption depuis début novembre. Bien sûr, cette longue période de disette a été fatale à PierPaolo Bisoli, un des coachs marquants de l'histoire du club. Il saute après la 14e journée, remplacé par Mimmo Di Carlo. Le fameux choc psychologique n'a pas lieu tout de suite, puisque le chauve prend un point lors de ses cinq premiers matchs. Le temps d'abandonner le 3-5-2 archaïque pour un 4-3-1-2 plus joueur.

La direction ne s'est limitée qu'à ce changement de technicien. Pourtant, elle aurait pu se ruer sur le mercato afin de recruter une flopée de joueurs farces comme l'ont fait bon nombre d'équipes devant se sauver. Des révolutions qui ne font qu'empirer les choses dans la grande majorité. Au contraire, on a préféré délester l'effectif de quelques joueurs, le capitaine Coppola est sacrifié, deux jeunes comme Garritano et Mazzotta sont prêtés, et le contrat d'Hugo Almeida résilié à l'amiable. « Il est arrivé en surpoids, et lorsqu'il était prêt, il était découragé par le classement du club » , dixit Giorgio Lugaresi, président du club. Rien d'étonnant pour un transfert qui sentait l'escroquerie à plein nez. La case arrivées est restée vide jusqu'au 11 février et la signature de Mudingayi libre de tout contrat. Le milieu de terrain belge connaît la Serie A comme sa poche. Un peu d'expérience et de muscles ne feront pas de mal.

Le facteur Defrel et le calendrier


Logés dans un agritourisme dans les collines de Romagne, Di Carlo et son staff taffent dur, ils n'ont pas de temps à perdre et vivent H24 ensemble. Ils essayent de retenir la leçon de la saison passée, lorsqu'ils avaient failli lors d'une mission identique à Livourne. Le changement tactique permet de trouver le bon équilibre, des hommes-clés se dégagent définitivement. Derrière et devant. Dans la boîte, on trouve Nicola Leali, un des nombreux vice-Buffon et d'ailleurs prêté par la Juve. En attaque, Grégoire Defrel, le Français ne cesse de progresser, et sa cote monte en flèche match après match (10 millions aux dernières nouvelles). Rapide, technique, précis, il compose un duo complémentaire avec Milan Djuric, un genre de Zlatan du pauvre. Cesena a un Defrel, Cagliari, l'Atalanta et le Chievo non, au mieux un Paloschi, un Sau ou un Denis. Le Parisien a par exemple été décisif pour obtenir un point précieux contre la Juve et l'Inter, ainsi qu'une victoire contre la Lazio. La Roma est prévenue.

Des points que les concurrents directs n'ont pas pris. Le calendrier, Cesena mise énormément là-dessus. La zone de flottaison est à quatre points, représentée actuellement par l'Atalanta sur qui il faudra probablement faire la course pour tenter de se maintenir. Atalanta, Cagliari et le Chievo, le 17e, le 19e et le 15e. Trois clubs qui se déplaceront au Dino Manuzzi d'ici la fin du championnat. Trois matchs à six points qui vont peser lourd. En outre, une victoire 1-0 suffirait à chaque fois pour avoir l'avantage aux confrontations directes en cas d'égalité. Un détail qui a une extrême importance. Il faut penser à tout. Les quatre victoires engrangées jusqu'à présent pourraient contrecarrer les scénarios optimistes, mais la Serie A est plus que jamais un championnat à deux vitesses. 33 points suffisaient ces deux dernières années pour se sauver. Palier encore revu à la baisse cette saison, deux de moins et ça pourrait le faire, soit les trois victoires contre les concurrents directs plus un point pris ailleurs, genre contre la Roma. Et franchement, qui mieux que l'hippocampe pour sortir la tête de l'eau ?


Par Valentin Pauluzzi
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