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Ces joueurs qui simulent mal

Ce sont des gestes ou des attitudes qui énervent. Qui sont insupportables. Qui rendent dingue tout supporter au stade ou devant sa télé. Et franchement, comme dirait Edouard Balladur, «  je vous demande de vous arrêter   » . Focus aujourd'hui sur ces footballeurs qui ne savent pas simuler, sur le terrain et éventuellement ailleurs.

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D'où cela vient ?


Impossible de savoir qui a été le premier salopard à se jeter par terre comme un malpropre. Car le football a beau avoir été créé par les gentlemen des Publics Schools anglaises au XIXe siècle, les tricheurs n'ont jamais été bien loin. Les pionniers du plongeon pourraient remonter à l'instauration du « penalty » en 1890, nouvelle règle pour sanctionner les fautes dans la surface de réparation, par la même opportunité de rendre la tricherie utile. Mais à une époque où le fair-play et la morale restent des piliers dans la pratique du football, les « tricheurs » sont rares et mal perçus. Jusqu'à la professionnalisation, qui pousse à privilégier le résultat à la manière. Dans une quasi-impunité s'ils ne sont pas grillés par l'arbitre. Heureusement pour la morale, malheureusement pour l'éducation de millions d'enfants, les chaînes de télévision ont progressivement investi les stades, et avec la multiplication des caméras, tous les gestes insidieux sont immortalisés, disséqués, commentés, voire relayés sur des plate-formes comme YouTube. Merci le progrès.


Pourquoi c'est insupportable


Parce qu'avec la mondovision, on voit tout, et on a donc conscience de l'injustice quand Hakan Ünsal se fait expulser en plein match de Coupe du monde 2002 parce que Rivaldo prétend être en train de mourir. Mais pire que l'injustice, c'est le jeu d'acteur tout pourri du Brésilien - touché au genou par le ballon, mais qui se tient le crâne - et le fait que l'arbitre de touche, à deux mètres, n'ait rien calculé, qui interpelle. Bref, les simulations de ce type sont une insulte à l'égard des professionnels du théâtre, de la comédie, de l'improvisation et du monde du spectacle en général, qui répètent à qui veut l'entendre que le métier d'acteur, « cela s'apprend » . Mention spéciale pour Alberto Gilardino et son plongeon grossier en Ligue des champions contre le Celtic, pour Narcisse Ekanga, qui simule une attaque fantôme en pleine CAN 2012, ou encore Gonzalo Jara, avec un combo doigt dans l'anus/jeu d'acteur grossier en pleine Copa América face à Edinson Cavani.


Les maîtres du genre restent néanmoins les Espagnols Fernando Torres et Sergio Ramos, dans un duo convaincu à défaut d'être convaincants, en plein Espagne-Chili lors du Mondial 2010. La Roja mène déjà 1-0, l'attaquant alors à Liverpool se fait une "Ravanelli" à l'entrée de la surface, puis reste au sol pendant qu'Andrés Iniesta double la mise. Ramos vient taper l'embrouille aux quelques Chiliens qui entourent El Niño, histoire de montrer qu'il est révolté face à l'attentat subi par son coéquipier, et l'arbitre plonge dans le piège : un rouge pour Estrada, qui n'a rien compris. L'Espagne gagne 2-1 et sera championne du monde pour la première fois de son histoire à la fin du tournoi. Grâce au toque mais pas que...

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Rivaldo dans le rôle de sa vie

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L'hommage de Fernando Torres à Fabrizzio Ravanelli en pleine Coupe du monde

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Le chef-d'œuvre de Narcisse Ekanga

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Gonzalo Jara en mode scato face à Cavani


Qui l'incarne le mieux aujourd'hui ?


En France, si la cote de Mathieu Valbuena a grimé en flèche durant cette décennie, la référence ultime reste Fabrizio Ravanelli. Parce qu'il a atteint un niveau encore inégalé dans son jeu d'acteur, et qu'il a su le faire dans un grand match, un PSG-OM 1997 remporté par les Marseillais grâce à sa performance. Le geste de « Penna Bianca » est à montrer dans les écoles : le coupable s'auto-tacle, et s'avère réellement persuadé d'avoir été fauché par Éric Rabesandratana. Imparable. Savoir se mentir à soi-même, c'est le chemin le plus sûr pour mentir aux autres. Ce que n'a visiblement pas su faire l'entraîneur allemand Norbert Meier à l'hiver 2005. Alors aux commandes de Duisbourg, il se chauffe sur le bord de la pelouse avec Albert Streit, joueur de Cologne. Alors que son jeune adversaire tente de l'intimider en front contre front, le technicien enclenche un début de coup de tête avant de s'écrouler au sol comme s'il avait été frappé. Bien emmerdé, Streit se tient lui aussi le front pour se laisser tomber, mais le mal est fait. La performance de Meier ne plaît pas du tout à la Fédération allemande qui le suspend et à ses dirigeants, qui le congédient malgré l'imminence des fêtes de Noël. Cela sentait le sapin.

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Comment faire pour que cela s'arrête ?


Difficile d'enrayer une pratique vieille de plus d'un siècle, alors peut-être qu'à défaut de ne plus tricher, il faudrait aider les footballeurs à devenir crédibles quand ils le font. Pour Colette Louvois, fondatrice de l'École de Théâtre de Paris, « être comédien, cela ne s'improvise pas, cela s'apprend » . Loin d'elle l'idée de juger les simulateurs et de s'insurger des conséquences de leurs tricheries. Pour elle, seule compte la passion du jeu, du jeu d'acteur. « Il est possible de mettre en place des structures pour aider ces jeunes gens à mieux s'exprimer, il faut les mettre en contact avec des professionnels, des comédiens, mais aussi des metteurs en scène, des gens rompus à la direction d'acteurs » . Pour cette femme passionnée qui a créé son école en 1994, il y a beaucoup de choses à inculquer aux footeux qui se rêvent comédiens crédibles sur les rectangles verts. Mais si une seule qualité devait ressortir, ce serait « l'attention. Être attentif à tout ce qu'il y a autour d'eux, à l'action, et de réagir à cette action » . Sinon, il y a plus simple : prendre la chose avec humour, et la considérer comme une simple partie du folklore du football, quand bien même elle provoque une multitude d'injustices. À ce titre, les références restent les éditeurs de The Guardian, qui avaient sorti une publicité culte avant l'Euro 2004, en prétendant avoir suivi les coulisses de la préparation de l'équipe d'Italie.

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Pourquoi cela peut précipiter la fin du monde ?


Neymar Jr signe au PSG pour un salaire annuel net de 30 millions d'euros. Un an plus tard, le prodige brésilien entretient le flou sur un possible départ à Manchester City, avant de prolonger in extremis fin août 2018, avec un salaire à 60 millions d'euros plus l'équivalent en recettes sponsoring. Effet domino, c'est l'inflation des salaires dans le monde du ballon rond, inflation qui se propage à l'industrie du cinéma quand Gabrielle Carteris, la présidente du SAG-AFTRA (Screen Actors' Guild and American Federation of Television and Radio Artists) revendique « des salaires décents pour des comédiens qui simulent mieux que les footballeurs » . Dwayne Johnson, Johnny Depp ou encore Jackie Chan font partie des 25 acteurs passant au-dessus des 150 millions de dollars annuels l'année suivante dans le classement Forbes. Les deux bulles ne nourrissent mutuellement avec des arguments toujours plus hallucinants, Neymar père atteignant un sommet en plein direct sur beIN Sport : « il a marqué combien de buts en Coupe du monde Ryan Gosling, hein ? » Résultat, fin 2019, les clubs de football européens ont tous explosé leurs dettes, le fair-play financier n'est plus applicable, tandis qu'Hollywood voit les studios se fermer les uns après les autres après une multiple de projets à fonds perdus. Même le Qatar tire la langue financièrement, la solution vient de Chine à l'hiver 2020 : la China Film Group Corporation rachète et privatise 80% du quartier d'Hollywood et relance l'industrie cinématographique locale, tandis que des entreprises privées chinoises investissent les plus grands clubs européens. Finalement, en 2022 pendant la Coupe du monde au Qatar, Neymar est devenu joueur de Beijing Guo'an, Luis Suárez joue à Jiangsu Sainty, quand le Real Madrid est devenu le Real Madrid Evergrande Taobao et Manchester United le Manchester Huawei United. Mais le bordel n'est pas aussi imposant que dans l'univers des blockbusters américains où la Chine impose un quota de 70% de biopics de Mao Zedong aux productions américaines susceptibles d'être diffusées à l'échelle mondiale. Un cauchemar...


La parole aux experts


Jocelyn Muller (fondateur et directeur du Studio Muller)
« Entre le moment où la pseudo-claque ou le pseudo-coup de tête part, et la réaction du joueur, c'est trop long, donc plus crédible. Ensuite, il y a un souci de regard, le joueur qui cherche la faute tend trop souvent à regarder vers l'arbitre, pour voir s'il a vu l'action. Quand tu te fais mal dans la vie réelle, tu ne regardes personne, tu souffres, c'est tout. Et puis il y a le souci de trop en faire. Parfois, le joueur prend une claque et se roule par terre comme s'il était en train de mourir, il se fait faucher et fait cinq roulades... Pas crédible. Quand tu prends une claque, ta tête ne part pas sept mètres sur le côté. Quand tu tombes, c'est pareil, pas besoin de rouler sur trois kilomètres. C'est un problème typique des jeunes acteurs, on appelle cela "surjouer". Les meilleurs comédiens trouvent la juste mesure, la réaction proportionnée, au bon moment, et sans regarder où ils ne doivent pas. Alors après, c'est certain qu'aujourd'hui, c'est plus compliqué pour les joueurs, il y a des caméras partout, leurs gestes sont décortiqués... »

Caroline Pietrucha (professeur au Cours Florent)
« L'une des premières choses que l'on doit enseigner aux jeunes comédiens, c'est la sincérité. On les met en situation, par exemple prendre un ballon dans la figure, et ils doivent se contenter de prendre le ballon dans la figure, pas en rajouter. Cela peut paraître simple, mais cela ne l'est pas. Pour un joueur de football par exemple, s'il veut bien simuler une agression, il n'a pas besoin d'avoir beaucoup de gestes. Qu'il se tienne simplement le visage, qu'il laisse aussi une part de mystère en restant au sol sans bouger, comme ça il laisse les autres imaginer à sa place. Ou encore mieux, il fait mine d'avoir pris un coup, se relève en disant que tout va bien, avant de s'écrouler deux secondes plus tard. Qui irait nier sa bonne foi ? Être un bon acteur, c'est aussi savoir convaincre les autres, et pour convaincre les autres, il faut se convaincre soi-même. Dans ce registre, Rivaldo en 2002 lors de Brésil-Turquie est très fort. Il prend le ballon dans le genou, mais semble réussir à s'auto-persuader qu'il l'a bien pris en pleine tête. C'est parce qu'il y a cru lui-même que l'arbitre a mis un carton rouge au joueur turc. »

Par Nicolas Jucha
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