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Cédric Tafforeau : « Hervé Renard peut renverser des montagnes »

Analyste vidéo depuis 2003, Cédric Tafforeau (aucun lien) peut se targuer d'être l'un des pionniers français de la profession. Après dix années passées à analyser le jeu des adversaires de l'Olympique de Marseille et deux CAN disputées avec la Côte d'Ivoire et la République démocratique du Congo, c'est dans le staff du Maroc d'Hervé Renard qu'il s'apprête à rentrer dans la compétition cet après-midi, face au Togo.

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En quoi consiste exactement ton boulot d'analyste vidéo ?
La plus grosse partie de mon travail concerne l'analyse de l'adversaire. La base, c'est de décortiquer leur animation. Comment cette équipe défend, se déplace, à quelle hauteur elle essaie de récupérer le ballon. Comment une passe contrariée peut gêner leur relance. Pour l'Afrique spécifiquement, la notion de duel est hyper importante. Elle n'est pas la même qu'en Europe. En Afrique, le rapport d'homme à homme, de match dans le match, « moi l'Ivoirien contre toi le Marocain » , est omniprésent. Le combat est constant, donc je fais attention aux capacités athlétiques des équipes, à leur engagement, pour qu'on ne soit pas surpris. Surtout quand tu es un pays d'Afrique du Nord, comme le Maroc. La puissance physique n'est pas notre qualité première, mais on peut quand même rivaliser. Tout est question d'envie et d'engagement.

Tu disposes de quels outils, pour analyser tout ça ?
Aujourd'hui, il y a tout un tas de prestataires qui fournissent des accès à des sites internet qui permettent de récupérer des vidéos de matchs du monde entier. Ça, c'est la grosse évolution de ses dernières années. Et puis, il y a l'émergence des statistiques. Celles qui vont m'intéresser, ce sont celles qui concernent le jeu, en fonction des zones. Je pars toujours de l'image, pour arriver à la stat. Histoire de vérifier si elle corrobore ce que j'ai analysé moi-même. Une stat peut s'interpréter de plusieurs manières, c'est pourquoi je ne pars pas d'un chiffre pour arriver à une vérité.

« Aujourd'hui, en matière de logistique, les sélections africaines n'ont rien à envier aux européennes. La preuve, c'est qu'ils viennent chercher des analystes vidéo. Ils sont dans la recherche de la performance en permanence. »

Quel a été ton parcours, avant d'intégrer le staff d'Hervé Renard ?
J'ai débuté en 2003. On en était aux balbutiements de l'analyse vidéo dans le football professionnel. Les deux clubs français qui s'y sont mis en premier furent Marseille et Bordeaux. Donc j'ai eu la chance de commencer à l'OM, avec Alain Perrin, et de grandir avec le poste, en vivant son évolution. À Marseille, outre la chance de jouer de grosses compétitions, ce qui est toujours excitant, l'avantage pour moi, c'étaient les changements d'entraîneurs. Parce que c'était à moi de m'adapter. Ils ont tous des idées, des philosophies de jeu différentes. Donc tout ce qu'ils t'apportent te rend meilleur. J'ai quitté l'OM en même temps que Didier Deschamps, en 2012, pour rejoindre la Côte d'Ivoire. J'avais déjà fait une Coupe d'Afrique avec eux, et ça m'avait beaucoup plu. Pour mon épanouissement personnel, j'avais envie de découvrir une autre culture. Ensuite, j'ai travaillé pour Canal+, dans une émission qui s'appelait La Data Room. En parallèle, j'ai fait une CAN avec la RDC, on a fini troisièmes. Et j'ai finalement rejoint le Maroc, une sélection qui a des ambitions sur le long terme. S'ils vont au bout de leur logique et de ce qu'ils sont en train de mettre en place, ils feront très mal. Et puis je travaille enfin avec Hervé Renard, qui avait rejoint la Côte d'Ivoire juste avant mon départ. Voir ce meneur d'hommes à l’œuvre, comprendre comment il a gagné deux CAN, c'est quelque chose. Je pense que si demain, on lui donne une équipe européenne avec les joueurs qu'il faut, il aura largement la capacité d'aller chercher des titres. Il a les capacités, sans aucun doute. Je le dis par expérience, après avoir travaillé avec une multitude d'entraîneurs.


Quelle est la spécificité d'Hervé Renard, comparé aux autres entraîneurs avec qui tu as travaillé ?
Avec Hervé, on a une logique similaire. Nous sommes tous les deux persuadés qu'avant toute chose, dans le football d'aujourd'hui, une équipe a besoin de fournir de l'intensité physique et de posséder une grosse assise défensive. Si tu n'es pas solide, tu ne peux pas aller chercher un tournoi international, c'est impossible. Après, tout repose sur son coaching, c'est de l'humain. En dehors des notions tactiques, ce qui fait la différence, c'est l'implication que tu mets dans le match. Ce qui rassemble des coachs comme Mourinho, Simeone ou Hervé, c'est cette capacité à galvaniser des joueurs, à renverser des montagnes, à donner 200%. Quand Hervé motive ses joueurs, ça donne la chair de poule. Et c'est ce qui fait la différence.

Donne-nous une bonne raison de regarder la CAN.
Le football africain a évolué, ces dernières années. Lors de la dernière édition, le sentiment général était « oui, il n'y a pas eu beaucoup de buts » . Forcément, les équipes sont de mieux en mieux organisées. Mais la folie du football africain, qu'on a un peu perdue car ils jouent tous en Europe, on va la retrouver au fur et à mesure que le match va avancer. Parce que les lignes vont s'étirer vite, à cause du climat et de l'intensité physique. Et plus les lignes s'étirent, plus il y a d'espaces, de un-contre-un. Et on connaît les qualités des joueurs africains dans ce domaine, leur capacité à éliminer et à faire la différence. Donc ça, c'est resté. Et c'est pour cela qu'on cherche beaucoup les extérieurs, parce que ce sont les zones où il est le plus facile de trouver des situations de un-contre-un. Mais cette meilleure organisation alliée à l'intensité physique fait qu'obligatoirement, il y a moins de buts. En revanche, tu auras toujours des buts venus d'ailleurs qu'on ne voit qu'en Afrique, de la folie dans les stades et dans les rues. C'est la ferveur africaine qui se retranscrit dans leur football. Et puis cette année, la compétition est très relevée, ça va être costaud.


Il est caricatural de dire que les individualités sont moins fortes qu'avant, mais que les collectifs ont gagné en qualité ?
Je trouve que les individualités sont toujours aussi fortes. Elles jouent toutes en Europe, et dans des très grands clubs pour certaines. Mais oui, les collectifs ont gagné en rigueur et en intensité de courses. Avant, on courait moins, les blocs étaient pratiquement coupés en deux. Aujourd'hui, en matière de logistique, les sélections africaines n'ont rien à envier aux européennes. La preuve, c'est qu'ils viennent chercher des analystes vidéo. Ils sont dans la recherche de la performance en permanence.

La délégation marocaine prend en compte les problèmes d'insécurité qui touchent le Gabon, à cause de l'instabilité politique ?
Non. Chaque membre du staff a déjà vécu plusieurs CAN, et on sait qu'il ne faut pas subir, mais s'adapter et tout prendre du bon côté, à l'africaine. Les Africains ont cette force : même quand cela ne va pas trop, ils gardent le sourire. Si tu prends le même recul qu'eux, sans chercher à trouver les mêmes conditions qu'en Europe, tout se passera bien.


Quels sont les objectifs du Maroc, dans cette CAN ?
Aller le plus loin possible, sans oublier que cela fait douze ans que le Maroc n'a pas passé le premier tour. On est dans un groupe relevé, dans lequel chaque point va valoir très cher. On a quand même la Côte d'Ivoire qui est tenante du titre, la RDC qui possède à mon avis le plus gros vivier de joueurs africains, et le Togo. Après, si on passe le premier tour, c'est une autre compétition qui débute.


« Si tu mets plus de cœur que l'adversaire, tu peux renverser des montagnes. Hervé l'a déjà prouvé en l'emportant avec la Zambie. »

Concrètement, tu sens qu'Hervé Renard utilise tes informations, dans ses mises en place tactiques ou ses causeries ?
Ce n'est pas l'analyse qui gagne les matchs, ce sont les joueurs. Après, chaque détail est important, et oui, Hervé se sert de mon travail. Dans la finance, les analystes calculent les risques de perte. Dans le foot, tu n'essaies pas de réduire les risques, mais la part d'inconnu. Plus tu vas dans le détail, plus tu anticipes, plus tu mets tes joueurs dans les meilleures conditions. Après, ce sont des humains, on ne peut pas les téléguider comme sur une Playstation. Ce qu'il faut, c'est que chaque joueur sache qui il a en face, comment il joue, et comment l'inquiéter. Après, c'est à lui de faire le boulot.


L'attaque du Maroc est décimée, avec les forfaits de Belhanda, Tannane, Amrabat et Boufal. Est-ce que cela modifie ton travail d'analyse ?
Non, parce qu'au départ, je n'analyse pas l'adversaire par rapport à notre équipe. Et puis la solution est toujours collective. Cela passe par les efforts et le don de soi. Si le groupe forme une famille solidaire, tu peux aller très loin, quels que soient les joueurs. Surtout quand tu portes le maillot de ton pays, que tu représentes ton peuple. Si tu mets plus de cœur que l'adversaire, tu peux renverser des montagnes. Hervé l'a déjà prouvé en l'emportant avec la Zambie.

Justement, comment est l'ambiance au sein de la sélection marocaine ?
Très bonne. Et heureusement, parce que c'est la base pour aller loin. Dans le sport comme dans la vie, l'humain est la valeur ajoutée de tout. Ici, tout le monde en est conscient.



Propos recueillis par Mathias Edwards
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