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Ceci n'est pas un match symbolique

Tout le monde l’attendait sans trop y croire. Mais dans cet Euro qui n’enthousiasmait guère et dont les pays organisateurs sont déjà hors course (ce qui démobilise un peu la passion sur place, surtout au regard du faible nombre de supporters étrangers en goguette), voilà que les lois de la guerre économique réinsufflent un nouveau sens au choc des nations. C'est la fin des rivalités idéologiques réchauffées à la va-vite (Pologne-Russie), bienvenue dans une Europe où le passé n’est plus convoqué que pour maquiller la très actuelle domination du système financier. Et le temps d’un match, qui sait, l’austérité va peut-être changer de camp.

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À quoi reconnaît-on d’habitude un match symbolique ? La question peut sembler banale, elle reste incontournable. Et avant de sortir sa Géopolitique pour les Nuls ou son hors-série sports de Courrier International, la réponse immédiate sort d’office du terrain : les joueurs sont les derniers à le reconnaître. Ainsi, les capés grecs ou allemands se répandent dans la presse pour affirmer qu’il ne s’agit que d’une rencontre comme une autre – ce qui n’encourage guère à la regarder en ce qui concerne la sélection hellène - et que, franchement, ils ne voient pas le rapport avec le léger différend d’ordre comptable qui semble opposer les deux pays. On peut les comprendre. Bien que le même fossé semble séparer le championnat allemand, aussi solide niveau budget et attrayant sportivement que la patrie de Goethe et Mercédes Benz s’impose en locomotive de la faible croissance de l’UE, d’un foot grec à l’agonie question finances et peu excitant dans le jeu, les pros de l’AEK ou du PAOK se sentent certainement plus proches, en tout cas davantage du même monde, de leurs semblables germaniques que de leurs concitoyens qui se ruent dans les banques afin de vider leur compte en banque dans l’attente de la faillite finale. En face, on comprend qu’un Özil ait surtout et d’abord en tête les difficultés d’une Liga ultra-endettée ou le poids de son rôle de modèle de l’intégration à l’allemande. Chacun ses priorités, en fait.

La visite de Merkel

Il faudra bien y penser pourtant. Pas tant en souvenir de la cruelle occupation nazie (après que les troupes grecques ont botté le cul des fascistes italiens en Albanie) et de la féroce résistance locale - bien que du côté d’Alexis Tsipra et de son SYRIZA, on ne recule pas toujours pas devant le parallèle. Mais évidemment, en raison du léger ressentiment que nourrit le petit peuple du Pirée ou de Salonique envers une Allemagne qui semble s’acharner à humilier son pays pour une dette que beaucoup pensent, à juste titre, ne pas devoir ou n’avoir pas contractée. La demande s’avère même désormais d’autant plus forte envers la sélection nationale que lors des dernières et récentes élections législatives, la population a, d’une certaine façon, capitulé dans les urnes par peur du vide sans la monnaie unique. Côté allemand, où la crise a également impacté négativement le pouvoir d’achat, l’opinion n’en peut plus, à force d'entendre que tout le monde ne paie pas à domicile la même facture pour les déficits publics, et de tirer un boulet grec, accusé de tous les torts et les retards dans la relance de la croissance.

Ce n’est pas un hasard si Merkel n’a jamais foutu les pieds à Athènes en quatre ans. Ce soir, si elle vient effectivement dans l’ancienne Dantzig, elle n’aura jamais été aussi proche de onze travailleurs grecs en train de bosser. Ce n’est donc pas une revanche qu’attendent finalement les citoyens ordinaires, c’est une mise à l’amende qui est souhaitée, même sans lendemain. Un sentiment d’autant plus fort que le foot grec n’est pas franchement l’espace social où, en ce moment, la nation pourrait trouver son réconfort : des clubs débiteurs auprès de l’État, privés de compétitions européennes, toujours avec un ou deux scandales de corruption sous le boisseau, etc. Un petit service pour une grande honte, ce n’est en effet pas cher payé.


Pas une seconde chance

Et puisque les Allemands veulent imposer l’austérité pendant qu’ils empilent leurs points de croissance sur le dos du marché commun et des serrages de ceinture d’autrui, alors pourquoi ne pas leur faire goûter sur le terrain aux joies de l’austérité et du foot après réduction drastique des prestations sociales ? Ne vous laissez pas leurrer donc, l’Euro n’offre pas de seconde chance à l’Histoire ni aux peuples, pas davantage que l’UE ne constitue un espace politique. Les États-nations n’envoient plus leur équipe en délégation avec le passé en surcharge pondérale dans les crampons, mais des pros qui négocient avec leurs moyens le grand bal hypocrite de l’inégalité des chances économiques. Pour comprendre ce match, plutôt que de relire Emmanuel Todd ou Pascal Boniface, autant se réécouter un bon vieux Arno : « Putain, putain / C'est vachement bien / Nous sommes quand même / Tous des Européens  » . Et en période de crise, il faut toujours écouter les Belges. Même les Flamands.

Nicolas Kssis-Martov
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