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Ce serait la fin d’une époque pour Lyon

Étranglé économiquement, Lyon, vainqueur du Grasshopper (1-0) à l’aller du 3e tour préliminaire de la Ligue des champions, joue une grande partie de son destin ce soir à Zurich. En cas d’échec, l’OL rentrerait définitivement dans le rang.

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Le football est une boîte à malice qui glisse ici et là des clins d’œil salement ironiques. Prenez la Ligue des champions par exemple. Il y a une poignée de saisons, Lyon voulait rendre inéluctable une victoire en C1 en imposant ses méthodes de Bayern à la française (hégémonie domestique, gestion idoine, anciens du club aux manettes) pendant que le vrai Bayern, lui, passait pour une fille facile à force de se faire ouvrir par le premier venu. Aujourd’hui ? Munich est plus que jamais sur le toit de l’Europe pendant que l’OL s’échine dans son antichambre. Comprendre ici un troisième tour préliminaire pour accéder aux barrages avant même de parler de phase de poules. Une tristesse qui s’apparente à celle des étudiants qui ont un peu foiré leur année et qui doivent bûcher en plein mois d’août pour avoir le droit à une session de rattrapage en septembre. Suer l’été pour voir l’automne, en voilà un drôle de défi. Le hic, pour les Gones, c’est que cette phase préliminaire ne représente pas qu’un enjeu continental, elle a aussi un sens national. Et c’est sans doute celui-ci qui est le plus fondamental.

Un peu plus loin des étoiles

Car Lyon se déplace actuellement comme un funambule au-dessus du vide. Sur un fil. Qu’il est loin le temps où Jean-Michel Aulas bâtissait une Formule 1 où quasi n’importe qui pouvait occuper le baquet avec l’assurance de rafler le titre en fin de saison. L’an passé, l’OL a raté le podium pour la première fois depuis quatorze ans et ce qui aurait pu passer pour un simple accident dessinait en réalité une tendance. Certes, en mai dernier, les Rhodaniens ont réintégré le podium par sa marche la plus basse, mais c’est une « performance » qu’il faut autant lire à l’aune de leur propre volonté que de la faiblesse de la concurrence (l’OM a trouvé le moyen de finir deuxième avec une différence de +6). Surtout, il faut en considérer la dynamique. Et là, entre un Lyon qui n’en finit pas de pousser ses stars dehors pour récupérer des ronds et deux mastodontes (PSG et Monaco) qui semblent partis pour truster les deux premières places durant quelques saisons, les chances de rester accroché au gratin s’amenuisent de saison en saison.

La chance du favori ?


La glissade pourrait même sacrément s’accélérer si jamais Lyon venait à rater la Ligue des champions. La vraie, s’entend. Celle qui rapporte plus d’une vingtaine de millions juste pour avoir réussi à traîner ses guêtres en phase de groupes. Et autant le dire, l’affaire n’est pas dans le sac, loin s’en faut. Il y a une semaine, l’OL a souqué ferme pour arracher un court succès qui renvoie à deux lectures : les Gones ont gagné 1-0 ou ils n’ont gagné que 1-0. Le coup du verre à moitié plein ou à moitié vide. Classique. Car Zurich a touché deux fois les montants de Lopes à Gerland. La chance du favori ? C’est un poncif qu’il faut resservir une fois la qualification en poche. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il y a six jours, les Suisses avaient étalé les bienfaits de leurs trois matchs de compétition en plus par rapport à l’OL, grâce notamment à l’activité sans fin d’Abrashi dans un milieu à cinq étouffant et les coups de pattes ciselés du gaucher Hajrovic. Bref, ça pourrait sentir méchamment le pâté si ce n’est qu’avec un pion de retard, les Helvètes vont cette fois devoir se livrer davantage, une audace plus grande que les Lyonnais pourraient sanctionner avec les jambes de Lacazette (le meilleur Lyonnais à l’aller) et la qualité de passe en profondeur d’un Grenier. Oui, Lyon connaît la recette. Ce soir, on saura s’il en a tous les ingrédients.

Par Dave Appadoo
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