Analyse - Médias

Par Nicolas Kssis-Martov

Ce que le foot doit à la presse people

Aujourd’hui, le foot est devenu un sujet people comme les autres. Mais un sujet plutôt vendeur. Tout en s’en défendant, les stars du ballon rond savent que Voici contribue autant à leur médiatisation que L’Équipe. Analyse.

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Lionel Messi tente de bronzer avec madame
Lionel Messi tente de bronzer avec madame
Voici fête ses 25 ans. Le joyau du groupe Prisma s'est imposé comme une référence (ce qui peut parfois sentir le sapin) parmi une presse people pourtant saturée de titres et désormais largement concurrencée par le web. Or, si quelque chose a bien changé depuis sa naissance, il s'agit sans contestation possible de la place grandissante et dévorante qu'occupent désormais dans ses pages les stars du foot, ainsi que leur compagne ou conquête du moment. De la sulfureuse Zahia au couple idéal Shakira/Piqué, les shorts et crampons parviennent désormais à voler la vedette aux smokings du cinéma et aux talons aiguilles des mannequins. Pourtant, rien ne serait plus erroné que de réduire cette situation aux inévitables conséquences exhibitionnistes de la renommée et du statut hors-normes la popularité planétaire du foot. Le phénomène people ne renvoie pas qu'un reflet malsain du voyeurisme de nos sociétés modernes, mais il forme un des nombreux rouages du capitalisme culturel 2.0. Et les footeux ne sont pas les derniers à savoir l'utiliser.

« Ils acceptent ces nouvelles règles du jeu médiatique »

« Je ne sais pas si les footballeurs constituent un objet people comme un autre, mais il est clair qu'on les voit de plus en plus souvent sur ce registre. Le public se passionne pour la vie des footballeurs, et je pense que, de leur coté, ces derniers ont très bien su anticiper cette évolution, qu'ils travaillent leur personnage davantage qu'avant. Ils ont parfaitement assimilé qu'ils devaient susciter de l'engouement au-delà des supporters. » Pascaline Potdevin, journaliste à Grazzia, sait de quoi elle parle, puisque, désormais, plus aucune plume de la presse féminine ou people ne peut s'autoriser l'impasse sur un minimum de culture G en foot. Mais au-delà d'une énième invasion de « beaux gosses » qui se détendent durant la trêve sur les plages des Bahamas ou en enfourchant un scooter des mers avec de belles naïades, les motivations profondes de cette footballisation du people s'avèrent beaucoup plus terre à terre. « Ils acceptent ces nouvelles règles du jeu médiatique pour des raisons économiques. Ils ont besoin de sponsors pour accroître leurs revenus, et les sponsors s'intéressent à ceux dont on parle. De Beckham à Zlatan, on se rend bien compte qu'ils ont appris à construire des personnages bankable », assure Potdevin. « Des joueurs discrets et talentueux existent, mais ça rapporte moins de thune, moins de visibilité et de papiers pour les médias, donc on ne cause pas d'eux », complète Vanessa, la « brune » du site footpouf. Face à un tel système, Yoann Gourcuff et Pierre-André Gignac auront donc d'autres choses à reconquérir que leur légitimité sur le terrain. Bonne chance !



Victimes consentantes et profiteuses des paparazzis, Balotelli ou CR7 savent donc surtout transformer leur folie, voire même leur mauvais goût, en social branding sur papier glacé et vidéo YouTube. La starification demeure avant tout un puissant mécanisme d'entraînement du capitalisme culturel. Dans la bataille du soft power, la vie privée peut ainsi se révéler une arme redoutable pour peu que l'on admette que les avantages du statut d'homme-sandwich haut de gamme vaillent la peine d'y renoncer. Sacrifice paradoxal quand on se rappelle par ailleurs la farouche opposition des pros à la géolocalisation (méthode ultra-contraignante de la lutte antidopage), une contrainte que leur imposent déjà pourtant, quelque part, pour les plus connus, les sites people, ou à laquelle finalement ils consentent parfois de leur plein grè sur leur compte Twitter ou Instagram. Fini donc l'époque des aimables pensionnaires de D1 qui épousaient la jeune fille rencontrée au bal. La bascule hype de 98 s'est amplifiée comme une onde de choc sismique. Désormais le moindre jeune en centre de formation qui entre dans la carrière rêve autant de but en or que d'actrices ou de chanteuses en robe de soirée (généralement dans son esprit, cela va de paire sous les flashs des appareils photos et des smartphones). Le footballeur doit composer son nouveau rôle quelque part entre Entourage et Gossip Girls. « Après, le revers de la médaille, poursuit Pascaline Potdevin, c'est qu'on se penche aussi sur leurs frasques, dans les moindres détails, à l'instar de n'importe quelle figure people. Vendre son personnage comporte des risques qu'il faut savoir gérer ou limiter. »

Le couple comme vecteur de médiatisation

Le couple est de la sorte devenu le centre de gravité de la construction de la légende éphémère du héros des stades, et surtout l'occasion de négocier des bonifications mutuelles. David Beckham et sa Spice Girl d'épouse en composent l'archétype, y compris au point d'éclipser, voire de déconsidérer, les qualités du joueur stricto sensu. «  Aujourd'hui, tout est prétexte à peopelisation, reprend Vanessa de Footpouf. Regarde les politiques. Mais les footballeurs aiment beaucoup que l'on parle d'eux, ils n'ont pas attendu les Wags. Leur coupe de cheveux, leurs habitudes clinquantes, leurs vêtements, toute cette extériorisation, ce n’est pas très discret. Alors oui, certaines Wags aiment aussi se mettre en avant, du coup, on retrouve le duo dans la presse plus ou moins trash. » Le football ne s'avère donc pas franchement la victime de magazines dont il aime prétendre, quand ça l'arrange, qu'ils n'ont pas à s'inviter dans le petit et sain univers du « sport ». Pudeur qui ne s'exprime évidemment que dès lors que l'équilibre financier entre la notoriété et le scandale semble tomber du mauvais coté. Comme une soirée au Zaman Café.

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21 réactions ;
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  • Message posté par Nour le 18/12/2012 à 12:10
      Note : 4  /

    C'est moi, ou il a des pieds de hobbit (sans les poils), le Lionel ?

  • Message posté par Toto Riina le 18/12/2012 à 12:16
      Note : 3  /

    Antonella Roccuzzo sous tout les angles c'est vraiment beau à voir...

  • Message posté par joe_le_boucher le 18/12/2012 à 12:16
      Note : 1 

    Il fait mal à la tete cet article. D'la vraie branlette intellectuelle non productive

  • Message posté par Mourignon le 18/12/2012 à 12:18
      Note : 4  /

    ribéry m'envoie zahia pour msoulager!

  • Message posté par fullgrinta le 18/12/2012 à 12:19
      Note : - 1 

    Pas forcément à voir, mais je pense que j'aurais du mal à être un fils Beckham ou consorts. Imaginer que sa mère assume de servir de fantasme sur pattes à tous les flingués libidineux de ce monde (je ne m'exclus pas forcément), ça doit rendre légèrement tordu, entre autres choses bien sûr.

  • Message posté par Muforever le 18/12/2012 à 12:31
      

    Pour le bien du site il vaut mieux qu'on arrête de citer du Booba parce qu'a ce jeu la jpense être imbattable

  • Message posté par Egypt le 18/12/2012 à 12:35
      

    Relisez vous So Foot, par pitié... "David Beckahm et sa Spice Girl d'épouse en compose" ça fait mal ! Ou alors engagez des mecs qui corrigent vos articles avant !
    (Je vous transmets des tarifs si vous voulez...)

  • Message posté par Mourignon le 18/12/2012 à 12:44
      Note : 8  /

    fullgrinta: tiens toi prêt je vais te faire une grande révélation: ta mère n'est pas vierge.

    Si ça se trouve elle a même couché avec quelqu'un d'autre que ton père dans sa vie


    Pas trop choqué? Sérieux il faut accepter que ses parents ne soient pas le bon dieu et sont aussi des êtres humains qui ont besoin de cul. Maintenant les gosses beckham, ok la moitié des hommes sur terre se paluchent sur la mère mais en attendant elle n'est pas allée donner son cul partout, tu peux le voir en jpg mais en vrai il est toujours au chaud dans le lit de david...

  • Message posté par Mourignon le 18/12/2012 à 12:47
      

    Muforever: viens pas test un b2ologue de ma trempe.

    (je connais toutes ses paroles sauf celles d'autopsie 1/2, de vieilles tapes époque cash flow et des featurings qui ne sont pas sur ses skeuds style gispy king... même a4 je connais par coeur la mixtape).

  • Message posté par Karim- le 18/12/2012 à 12:57
      

    @ Nour : oui, il a des doigts de pied hyper long... Surement les hormones qui ont engendré ça

  • Message posté par Mickey2D le 18/12/2012 à 12:59
      Note : 1 

    "elle n'est pas allée donner son cul partout, tu peux le voir en jpg mais en vrai il est toujours au chaud dans le lit de david"
    Mourignon j'aime ta prose, je plussoie pour la beauté du geste

  • Message posté par Muforever le 18/12/2012 à 13:08
      

    Mourignon

    Hahaha t'es calibré a ce que je vois

  • Message posté par Myros el matador le 18/12/2012 à 13:11
      Note : 16  /

    Ya des mecs qui ont pas peur de dire qu'ils connaissent les textes de Booba par coeur et ba merde* moi je dis vivement la fin du monde!!!!

  • Message posté par Toto Riina le 18/12/2012 à 13:19
      

    Ici aussi il y a des groupies de B20...

  • Message posté par lapoutredebamako le 18/12/2012 à 13:39
      

    Y'a que des mecs avec des pseudos qui commencent par Mou qui se clashent sur booba. Moi je l'aime bien le Mu mais là, j'ai l'impression d'être du mauvais côté de la barrière...

  • Message posté par Sysyphos le 18/12/2012 à 13:47
      Note : 5  /

    ''There is no such thing as a free press, you know it, and I know it. There is not one of you who would dare write his honest opinion. The business of a journalist is to destroy truth, to lie outright, to pervert, to vilify, to fall at the feet of Mammon and sell himself, his country, and his race for his daily bread. We are tools, vassals of rich men behind the scenes. We are jumping jacks. They pull the strings, we dance. Our talents, our possibilities and our lives are the property of these men. We are intellectual prostitutes.''

    John Swaiton
    New York Times Editor
    (told to his staff at retirement)

  • Message posté par louison le 18/12/2012 à 14:19
      

    Personne pour dire que la nana citée à longueur d'article s'appelle Potdevin ? Quitte à bosser dans la presse péauple, autant te faire un pseudo correct...

  • Message posté par fullgrinta le 18/12/2012 à 16:54
      Note : - 1 

    @Mouri

    Tu n'as pas compris je pense. Ta mère était-elle connu par tous les gosses de ton bahut? Par 90% de tes collègues de boulot (en tout cas, ceux de ta tranche d'âge)? Non, je ne pense pas.
    Si c'est le cas, inquiète toi :)

    Sinon, c'est que tu n'as pas saisi (mais peut-être n'était-ce pas clair) que je voulais juste dire que la célébrité est un catalyseur à finir dans la tête des chtarbés de ce bas monde. Voilà tout.

  • Message posté par Mathieu le 18/12/2012 à 23:45
      Note : - 1 

    Cristiano Ronaldo dit qu'il ne voit pas le rapport...


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