Ce que l'on sait d'OL

Normalement, OL-PSG aurait dû être un match de Coupe de la Ligue sans histoire. Depuis un mois, on sait qu'il s'agit de dernier tournant d'avant-bilan, celui promis par Aulas et devant sceller le cas de Puel.

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Hier, ils s'étaient donné rendez-vous devant les grilles de Tola Vologe comme ils doivent le faire depuis des années. Les mains enfoncées dans les parkas, cheveux grisonnants, Le Progrès sous le bras, à revenir sur ce drôle de coup de sang présidentiel l'avant-veille à Avignon. A regretter ces temps pas si anciens où l'OL était encore un club tranquille. A attendre devant ces grilles précisément, parce qu'ils savent comme tout le monde que c'est là, du côté de la direction du club et plus autour des terrains d'entraînement que tout se joue désormais. Pour cette matinée où le froid vous oblige à donner un ton plus vif à la discussion, Jean-Michel Aulas a convoqué à l'abri des regards et des indiscrétions en tous genres un nouveau Conseil d'administration. Depuis qu'il a promis un bilan sur la situation sportive de son club et celle plus personnelle de son coach, on a comme une vague idée du contenu de l'ordre du jour. Ce que la troupe de cinq-six retraités qui se retrouvent là pour digresser à l'infini sur les derniers rebondissements du feuilleton lyonnais pourrait résumer à sa manière : « Savoir si Puel dégage ou pas... » . Puisque Aulas lui-même a fixé sa deadline autour du match de ce soir, un huitième de finale de Coupe de la Ligue face au Paris Saint-Germain, autant profiter de l'occasion pour dresser le bilan de ce mois dont on a surtout compris qu'il devait décider du sort de Claude Puel.

Le mois le plus long

Pour un entraîneur arrivé entre Saône et Rhône avec l'intention de poursuivre son œuvre de bâtisseur entamée à Lille, un mois, c'est rien. A moins qu'il se mette à devenir finalement plus long que prévu. Il y a un peu moins d'une semaine, la cause semblait à peu près entendue : Claude Puel devait rester. C'est ce que laissaient entendre les derniers résultats –deux victoires de suite en L1, une qualification de plus dans la poche pour les huitièmes de Ligue des Champions en à peine trois matchs. Un premier bilan qui pouvait même prendre des allures de relance dans la course au championnat à mesure que le collectif lyonnais semblait monter tranquillement en puissance à chaque fois qu'il fallait mobiliser le savoir-faire des équipes taillées pour l'Europe, avec ses hommes providentiels –Lloris et Lisandro surtout, Gourcuff et Briand dans une moindre mesure–, son mental à toute épreuve, cette solidarité qui jamais ne se dément quand les temps faibles deviennent durs.

Tout ça, c'était avant de s'en aller se frotter au freak show arlavignonais, sorte de détour par le sous-sol de la Ligue 1 où il n'y a jamais eu qu'à se servir au moment de prendre les trois points. Quatre-vingt dix minutes et une crise de nerfs présidentielle plus tard, on a compris qu'il manquait aux Lyonnais bien plus que deux points lâchés en Provence pour retrouver leur statut de prétendant au titre dilué dans un début de saison grisaille. Il manque encore cet autre savoir-faire, celui qui consiste à remettre ce que Sid', Flo et Juni appelaient le « bleu de chauffe » ou le « pain quotidien » une fois de retour côté L1. Ou que Houllier mobilisait à l'occasion en se contentant de rappeler à ses joueurs qu' « une grande équipe ne perd jamais deux fois de suite » . Plutôt que de venir entretenir une fois de plus cette vague nostalgie qui s'est emparée de la chronique lyonnaise depuis quelques saisons, ce détour par le proche passé veut surtout mettre en évidence une chose : le métier de footballeur a changé à Lyon. Que ce soit du côté de ceux qui, comme Cris, ont déjà beaucoup gagné ou à la façon de Gourcuff quittant Bordeaux, on vient désormais à Lyon pour la Ligue des Champions. Et pour rien d'autre.

L'affaire vire tellement à l'obsession qu'elle est aujourd'hui la chose la mieux partagée par tous, Claude Puel compris, qui en a fait le principal ressort à chaque fois qu'il a fallu mobiliser son monde. Pour peu qu'on se remette le dernier mois lyonnais et les deux dernières saisons qui vont avec, c'est au cours de ces quelques périodes où il était question de l'avenir européen plus ou moins immédiat du club que l'équipe s'est mise à tourner à plein régime –au moment d'aller chercher une troisième place qualificative pour la Ligue des Champions à Marseille en 2009, la fin août-début septembre qui suit lorsqu'il faut passer le tour préliminaire, le premier trimestre 2010 avec le Real puis une apparition dans le dernier carré en perspective. Même si Aulas n'a pas posé la question de l'avenir de Puel en ces termes, la capacité du coach lyonnais à entraîner son équipe en dehors de ces quelques parenthèses européennes pourrait peser pour une bonne part dans le bilan promis pour ce soir. Le dernier épisode en date du côté d'Avignon ou Cris y allant de son verdict sur Puel ( « Il est nul le coach ! » ) pourraient ne pas dire autre chose. Quoi de tel qu'un tour de Coupe de la Ligue normalement sans histoire pour en être un peu plus certain ?

Colonel Parker Aulas

Reste qu'au-delà de son résultat, le match de ce soir doit surtout servir de limite avant de se lancer dans le grand inventaire promis. A croire le cahier des charges tel que l'a fixé Aulas il y a un mois, il n'était d'ailleurs pas seulement question de bilan comptable ou de relance dans la course aux titres : « L'OL doit redevenir une équipe qui fait rêver ses supporters pour ses résultats d'abord, mais aussi pour sa qualité de jeu » . Une façon dans un premier temps de prendre en considération une des complaintes les plus souvent entendues dans les travées de Gerland ces deux dernières saisons. Une façon surtout de rappeler qu'Aulas a l'intention de faire de l'OL plus qu'un club de foot. Plus précisément, une entreprise de divertissement. A la manière du Colonel Parker, le président lyonnais compte bien emmener son club au-delà des seuls confins de la Ligue 1 pour en faire une bête à spectacle –le grand, le vrai. Celui qui ne peut se jouer que dans un grand stade, avec ces « bons mecs » aussi irréprochables qu'Elvis niveau professionnalisme qui s'envoie jusqu'au moindre sourire, avec ses franchises et marques qu'on décline à l'infini.

Comme ça qu'Aulas a pu refiler un poste de Directeur général à Philippe Sauze, tout droit venu de l'industrie des loisirs, là où officiait à peu de choses près un type du sérail comme Marino Faccioli. Le bilan promis par le président lyonnais dans la foulée de ce tour de Coupe de la Ligue devrait donc s'inscrire dans cette dimension plus stratégique. Reste à savoir maintenant si Aulas est prêt à sacrifier le cas Puel sur l'autel de l'impératif esthétique. La valse-hésitation qu'il a donné à voir ces derniers jours, jusqu'à en perdre ses nerfs samedi dernier, laisse entendre qu'une séparation avec son coach est toujours à l'ordre du jour, en dépit d'un bilan globalement positif sur le mois écoulé. S'il est acquis pour les supporters et une partie des suiveurs de la saison lyonnaise que le retour du beau jeu ne se fera pas sans un départ de Puel, il y a encore cette voix, celle des joueurs, pour venir rappeler que ces histoires ne sauraient se réduire au seul choix entourant le destin d'un homme : « Quand on aura plus de confiance, on sera capables d'avoir plus de maîtrise collective et une meilleure circulation de balle » (Yoann Gourcuff). Toujours utile de rappeler qu'à Lyon comme ailleurs, sans confiance, la maîtrise n'est rien...

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C'est bien beau tout ça mais "allez paris" j'ai envie de dire...
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