Ce qu'il va se passer sur le Rocher

L’AS Monaco prend l’accent russe depuis que Dmitri Rybolovlev est devenu l'actionnaire majoritaire du club. Le bonhomme promet de mettre 200 millions d’euros sur la table. Mais que va-t-il se passer ? So Foot lit dans les boules.

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Sauvé de justesse de la relégation en National, l’AS Monaco de Dmitri Rybolovlev s’attèle à l’objectif montée en Ligue 1 : « Ayant vécu depuis suffisamment longtemps à Monaco, je réalise que l'AS Monaco n'est pas seulement une des équipes sportives de la Principauté, mais qu'elle représente aussi un des principaux symboles de la Principauté, sa fierté et ses traditions  » . La première mesure de la 93e fortune mondiale est d’étaler le nom de son ancienne boîte de potasse sur les vareuses : Uralkali. En cyrillique, histoire de marquer les esprits. Côté organigramme : Gallardo, intérimaire depuis que Marco Simone a repris un Tony & Guy aux environs de Mantoue, est remercié. Si la Principauté bruisse du nom de Courbis, c’est finalement Valeri Karpine qui le coiffe au poteau, au poste d’entraîneur. Puis, Dado Prso joue la caution historique de l’affaire en devenant directeur sportif à la demande d’Albert II. Comme tous les ans à l’intersaison, l’effectif monégasque connaît la perestroïka : pas moins de treize départs pour douze arrivées. Bien que le propriétaire change, les mauvaises habitudes restent. Ainsi, l’international bosnien Elvir Rahimic est recruté sur la bonne foi d’une cassette vidéo et de sa page wikipedia : « Sa capacité à récupérer rapidement lui a valu en Russie, le surnom d’Homme de fer car il joue en moyenne une cinquantaine de matchs chaque saison » . Sauf qu’il a 35 ans et des cannes de vieillard. Dans un souci de faciliter l’adaptation du contingent de l’Est au football local : Sergueï Semak et Sychev-la-la-la-la-la se rappellent au bon souvenir de la France tandis que Chantôme, profitant de son air slave, fuit la concurrence parisienne. « Monaco recrute des tsars » , titre L’Equipe.

Tout ce petit monde se prépare à la dure en République de Bachkirie, loin du faste obscène de la Principauté. Une semaine plus tard, Giuly sur les rotules annonce sa retraite : « Ce stage m’a donné envie de lire L’Archipel du goulag. Je me sens proche de Soljenitsyne  » , explique-t-il les larmes aux yeux sur le plateau du Canal Football Club. Premier match de la saison. CSKASM face à Châteauroux. Les loges du stade Louis II sont garnies de mannequins pubères et d’apparatchiks de passage sur la côte. Sans compter le Prince Albert. Que du beau linge. 500 curieux en tribunes profitent du Raspoutine de Boney M crachoté par la sono et de la doublette Bogdanoff venue donner un coup d’envoi inter-cosmique. L’occasion est trop belle : Charlène tente de se barrer du Rocher en dos crawlé. Elle sera finalement interceptée par les gardes-côtes. Sur le terrain, l’équipe ne fait illusion qu’une mi-temps et s’incline 2 à 0. En conférence de presse, Karpine s’explique : « C’est le premier match de la saison, c’est un nouveau championnat. Nous avons encore beaucoup de travail devant nous » . En coulisse, Rybolovlev s’active. C’est qu’il trouve ça un peu léger Valère Germain en pointe. Ni une, ni deux, il feuillette le bottin des oligarques et passe un coup de téléphone à un certain Abramovich qui mouille à Saint Tropez. L’objectif ? Négocier le prêt d’une pointure. Même une qui serait du genre à chausser du 47. Oui, Lukaku ! Niet. Le président de Chelsea réussit malgré tout à lui refourguer deux trois conseils et son troisième gardien, le Portugais Henrique Hilario. Toujours ça de pris.

Les matchs suivants se passent mal : deux défaites et un nul arraché à Boulogne. Face à l’immensité de la tâche, Karpine commence à faire carpette : « Écoutez, nous avons de hautes ambitions. Seulement, les températures élevées ne facilitent pas notre jeu. C’est un peu comme si on voulait faire du bobsleigh à Monaco : cela serait impossible !  » . Incident diplomatique. Convoqué par les autorités monégasques, Dado Prso est sommé de s’expliquer en haut lieu, au Palais. Un scandale vite étouffé après avoir maté le Monaco-La Corogne de 2004 en compagnie du Prince. En plus d’un mauvais démarrage, une sale histoire refait surface. Nice Matin relaye l’information selon laquelle le président Rybolovlev a dormi à l’ombre plusieurs mois suite à l’assassinat d’un industriel ouralien avant de bénéficier d’un acquittement. Afin de dissiper tout malentendu et de prouver sa bonne foi, il décide de rebaptiser le centre d’entraînement. Ainsi, La Turbie devient le complexe Anna Politkovskaïa. Reporters Sans Frontières décide de se ranger derrière l’ASM. Bon à prendre : ça fait toujours quelques supporters de plus. A mesure que la saison avance, que le froid se fait et que les pelouses ressemblent à des champs de patates, Monaco rejoint le ventre mou du classement. Pas flamboyant, costaud au milieu, l’équipe est aussi tendre qu’un prêtre sous viagra. En tribune, Rybolovlev s’emmerde. A quoi bon investir des millions de roubles pour se taper des Stade Lavallois, l’ESTAC ou Angers ? Le joujou lasse rapidement. « Je possède un Falcon, un yacht, un A 319 et Petter Hansson comme défenseur ! Cherchez l’erreur !  » . Dès que les parts du club sont en vente, le fax vrombit. Un certain Jack Kachkar se met sur les rangs. Finalement, la bérézina n’est pas toujours russe...

PS : tout ceci n'est qu'une fiction et toute similitude avec des faits réels serait purement fortuite.

Par Adrien Rodriguez Ares
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Ahahah certains passages sont très bons... j'espère juste que ça se passera mieux!
Si vraiment ce type met 200 m€ dans l'ASM, ça peut faire quelque chose d'énorme. On se demande cependant pourquoi aller à Monaco alors qu'un club comme Marseille par exemple (ses supporters en tout cas) pouvait espérer l'arrivée d'un nouvel investisseur et offrait l'avantage d'être déjà en L1 et déjà bien structuré au niveau de son effectif (un apport de $ aurait pu avoir un effet immédiat).

Ou pourquoi pas un club comme Saint-Etienne par exemple.

Monaco, c'est plus difficile à comprendre. D'un point de vue sportif en tout cas.
"D'un point de vue sportif en tout cas."
Bah je crois que c'est le coeur du "problème": Monaco doit présenter d'autres avantages pour un homme d'affaires.

J'espère que ça va faire du bien au club, mais je crains aussi que ce type veuille faire n'importe quoi et construise une équipe qui ne ressemble à rien. Bon c'est déjà un peu le cas, mais quand il y a autant d'argent qui arrive, autant le dépenser intelligemment pour au moins éviter le National.
Très bon,très drôle,bravo pour cet article.
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