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Ce qu’il faut retenir du championnat argentin

Vélez qui se balade, Scocco qui régale et Trezeguet qui déçoit, les « Cinq Grands » en difficulté et les jeunes qui en profitent pour se montrer, voilà ce qu'a proposé le tournoi Inicial argentin.

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Vélez, la force tranquille

Treize victoires en 19 matchs. Cinq points d’avance sur la concurrence. Meilleure attaque, troisième meilleure défense. Vélez Sársfield a dominé ce championnat « Inicial » de la tête et des épaules. Ce qui lui vaut un troisième titre en trois ans, malgré les départs réguliers de ses meilleurs joueurs (Otamendi, Cristaldo, Martínez, Ricky Alvarez, Santiago Silva). Avec à chaque fois Ricardo Gareca, aujourd’hui l'un des entraîneurs les plus cotés du continent, sur le banc. Dans un championnat où le « jeu pauvre » (selon Bianchi) domine, El Fortín, valeur sûre du foot argentin depuis les années 90, a des allures de Barça local. Un jeu au sol, construit, qui s’oppose à celui pratiqué par la grande majorité des équipes, plus physique et approximatif. Devant, la paire Pratto-Ferreyra, 20 buts à eux deux, s’est payé à peu près toutes les défenses adverses. Objectif Libertadores, désormais.

Joie de Scocco

À égalité avec Ferreyra (13 buts), Ignacio Scocco a terminé en tête du classement des buteurs. Après des expériences au Mexique, en Grèce et aux Émirats arabes unis, l’Argentin a fait partie de la vague de revenants qui a gagné Newell’s Old Boys cette année (Martino, Gaby Heinze, Maxi Rodríguez, en attendant la suite). Pari gagnant. Au fond du trou en 2011, les Lépreux ont réalisé une belle saison, s’éloignant de la zone de relégation, et ont même longtemps fait office de candidats au titre dans cet « Inicial » , avant de perdre le rythme en fin de championnat. Scocco, lui, s’est rapidement imposé, a régulièrement et joliment scoré, et s’est même offert le mois dernier une soirée de gala à la Bombonera, lors du Superclásico des Amériques Argentine-Brésil, avec un doublé en 20 minutes passées sur le terrain. Le portier de San Martin, lui, n'a toujours pas compris ce qui lui était arrivé.

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Le couac Trezeguet

En six mois, le Roi David s’était mis l’Argentine dans la poche. Beaucoup de buts (12), dont des très beaux (cette demi-volée de dingue contre Ferro), une conduite exemplaire, une implication totale, et la remontée de River Plate en première division sur un doublé du Français. Une belle réussite qui avait conduit les dirigeants du Millonario à lui faire davantage de place dans l'équipe. Dehors, Cavenaghi et Dominguez. Avec le brassard et une belle bande de jeunes autour de lui, l’ancien de la Juve devait être l’attraction de ce semestre argentin. La star. Le goleador. Des blessures embêtantes, un divorce et un seul petit but plus tard, le bilan est largement négatif. Pour corriger tout ça, « Trezeguette » devrait rester une année de plus à Buenos Aires. Ça va chier.

Des petits Grands

On les appelle les « Cinq Grands » . Boca, River, Independiente, Racing, San Lorenzo. Dans l’ordre, les cinq clubs les plus populaires du pays. Tous installés dans le grand Buenos Aires. Tous en difficulté. Racing, club de Licha López, de Diego Milito et de Nestor Kirchner, est sûrement celui qui s’en sort le mieux, avec un championnat correct (5e). Mais sans qualification pour la Libertadores, et sans titre depuis plus de dix ans. Pour Independiente, son rival de voisin (les deux stades sont à 50 mètres l’un de l’autre), c’est la cata. Club d’Amérique du Sud ayant remporté le plus de Libertadores (7), El Rey de Copas a réalisé un nouveau championnat chaotique et reste empêtré dans la zone de relégation. Désespérés, ses supporters ont lancé une pétition et une collecte d’argent pour rapatrier Agüero, l’idole de la maison, l’espace de six mois. Pour sauver le club. Il faudra probablement trouver une autre solution. San Lorenzo était dans la même galère, mais une très bonne fin de championnat (14 points sur 18) lui a offert un peu d’air. La plus belle victoire du Ciclón restant celle contre le Carrefour de Boedo, où se trouvait son stade à l’origine, et où il devrait se réinstaller dans les années à venir. Enfin, la doublette Boca-River n’a pas montré grand-chose d’intéressant sur le terrain, ce qui a coûté la tête à ses coachs, Falcioni et Almeyda. Sans idée(s) dans le jeu mais régulier toute l’année dans ses résultats, Boca Juniors disputera quand même la Libertadores l’année prochaine. Avec Bianchi. Et Riquelme ?


Les jeunes au pouvoir

Parce que le niveau est bas et qu’il faut mettre en valeur ses pépites pour mieux les vendre, deux entraîneurs ont décidé de lancer pour de bon les jeunes promesses du club dans le grand bain. Zubeldía (Racing) et Falcioni (Boca). Et les gamins n’ont pas laissé passer leur chance. Au Racing, ils sont trois à avoir gagné leur place dans le 11 et excité les fidèles du Cilindro, l’enceinte du club. Luis Fariña (21 ans, meneur de jeu), et surtout l’attaquant Luciano Vietto (19 ans, 5 buts) et l’ailier Ricardo Centurión (19 ans, 3 buts, 14 reins), déjà tout proche de Porto. La Bombonera a, elle, vibré au rythme des exploits de la gueule d’ange de Leandro Paredes (18 ans), auteur de deux doublés spectaculaires lors des Clásicos face à San Lorenzo et au Racing. Pol Fernandez (21 ans) et Cristian Erbes (22 ans), qui a foutu le vice-capitaine Somoza sur le banc, ont aussi fait partie du coup de jeune xeneize de ce championnat.

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Par Léo Ruiz
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