Ce qu'il faut retenir des demi-finales

On sait maintenant que la coupe du monde nous offrira un vainqueur inédit, ce qui donnera un peu de piquant à une finale qui risque d'être trop prudente pour être honnête.

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Elf Freunde

Cette demi-finale Allemagne-Espagne promettait d'être le plus beau match de cette coupe du monde, une « finalavanleur » , comme on dit. Perdu. Avant le début de la compétition, on aurait volontiers érigé la Roja en modèle de jeu léché, raffiné, rapide, tandis que la Mannschaft, victime de ses ancêtres, débarquait avec son habituelle image rude, sale, tout en frappes de mules, sans construction. Rapidement, les rôles se sont pourtant inversés. Le jeu collectif ultra-huilé des Allemands a davantage séduit que l'apparente frilosité espagnole, illustrée par une défaite contre la Suisse et deux qualifications douteuses en huitièmes et quarts-de-finale. Dans le dernier carré, nous avons trouvé une arrivée au sommet méritée pour l'énorme Iniesta et ses collègues, mais un brouillage de cartes pour le Elf teuton. Sans Müller, il a paru incapable de développer le jeu flamboyant des matchs précédents.

Bouffés par le collectif espagnol (les statistiques nous vendent seulement 51% de possession de balle pour la Roja, on a du mal à y croire), ils sont sortis trop rarement de leur camp pour espérer un autre résultat. D'un autre côté, la domination espagnole est une fois de plus restée stérile très longtemps, comme contre le Portugal et le Paraguay. Au final, ça donne un troisième 1-0, un peu triste. Le problème c'est que l'on voit mal la défense moisie des Pays-Bas retenir les attaques de Villa, Iniesta, Xabi Alonso, Xavi et maintenant Sergio Ramos, pendant 90 minutes.

Stressants comme Stromae

Pourtant cette Hollande a encore gagné et reste sur un grand chelem dans ce mondial, sans tirs au but, sans prolongations, tout dans l'aisance. Apparemment, ça ne suffit pas à rendre cette équipe crédible, elle qui nous fait un parcours à la Brésil 2002 (groupe tranquille, seul gros adversaire en quart-de-finale, victoires sèches, en 90 minutes). Si cette régularité ne convainc pas, c'est parce que les soldats se Van Marwijk se font toujours quelques frayeurs. Contre la Slovaquie, ils n'avaient pas été souverains et avaient encaissé un penalty à la dernière minute ; contre le Brésil, ils avaient attendu la deuxième mi-temps pour se mettre à jouer ; contre l'Uruguay, ils ont été rattrapés par Diego (maintenant, lorsqu'on parle de Diego, il s'agit de Forlan, pas du mec en costard Prisunic qui entrainera bientôt Naples) avant de s'infliger des arrêts de jeu plus stressants qu'un clip de Stromae. Quelques minutes qui nous auraient presque donné envie de voir l'Uruguay égaliser. Complètement cramée, la Celeste a fait plaisir au public en poussant jusqu'au dernier moment pendant qu'El Loco Abreu sautait sur les défenseurs bataves. Les Uruguayens nous auront offert un peu de folie dans une coupe du monde moyennement funky. Pour ça, on peut leur souhaiter un podium.

Miscellanées


- L'Espagne a commencé son match avec sept Barcelonais sur le terrain, l'Allemagne a terminé avec cinq Munichois, les meilleurs joueurs des Pays-Bas s'appellent Sneijder, Robben et Van Bommel. Qui a dit que la Ligue des Champions fatiguait les organismes ? Puisque le dopage n'existe pas dans le football, il n'y a pas d'autre explication : l'accumulation des matchs aide à récupérer.

- Les deux finalistes ont l'occasion de remporter leur première coupe du monde. Ce cas de figure ne s'était plus présenté depuis 1978 et la victoire de l'Argentine contre... les Pays-Bas. On note aussi que le mondial n'a connu que trois vainqueurs inédits depuis 50 ans (Angleterre 66, Argentine 78 et France 98). Retrouvez notre chronique sur la chaîne Histoire durant tout l'été.

- Klose a la pression : plus qu'un match pour atteindre le record de Ronaldo (15 buts en coupe du monde). Quoiqu'il n'aura que 36 ans en 2014. Le Brésil l'accueillera comme il se doit.


- On s'est tapé un mois de Vuvuzela mais on doit attendre le trentième match pour voir le premier streaker se pointer sur le terrain, même pas la bite à l'air. Coupe du monde de merde.

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