1. // CAN 2010 – Egypte/Ghana (1-0)

Ce qu'il faut retenir de la finale

Sans surprise, c'est donc l'Égypte qui remporte cette 27e Coupe d'Afrique des nations, au terme d'un match qu'elle n'a pas maitrisé, pour une fois. Gedo entre, marque et s'en va, comme d'habitude, et les Pharaons font péter les records en série. La CAN angolaise se termine sur quelques interrogations : la Confédération Africaine de Football doit-elle se faire soigner ? Faut-il organiser un tournoi dans une zone de conflit ? Les équipes africaines ont-elles une chance de passer les poules de la Coupe du Monde ?

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Du haut de ces pyramides, sept trophées vous contemplent

La Côte d'Ivoire en 2006, le Cameroun en 2008, le Ghana en 2010. CAN après CAN, l'Égypte prouve sa suprématie sur le continent en surpassant en finale un favori de l'Afrique subsaharienne. Si leurs demi-finales sont généralement tranquilles (4-1 contre les Ivoiriens en 2008, 4-0 contre l'Algérie cette année), les Pharaons ont toujours plus de mal à franchir la dernière étape (tirs au but il y a quatre ans, un seul petit but, déjà, deux ans en arrière). Les CAN se suivent et se ressemblent, donc, puisque l'ultime marche menant au plus haut sommet africain n'a pas été aisée à gravir. La deuxième mi-temps fut même globalement dominée par les Black Stars, emmenés par les “Français” de l'effectif, Asamoah Gyan et André Ayew. Pas de bol, le football est un sport qui se joue à onze contre onze et où l'Égypte gagne toujours à la fin.


Deuxième règle de ce beau sport : lorsqu'on plonge le corps de Mohamed Gedo dans une pelouse, il marque. Jamais titulaire, l'avant-centre d'Al Ittihad aura joué 167 minutes (moins de deux matchs) dans cette compétition et inscrit cinq buts, terminant ainsi meilleur buteur. Un exploit personnel qui en amène d'autres, collectifs : l'Égypte est la première nation à remporter la CAN trois fois de suite, et elle en profite pour améliorer son record de sept trophées au total (le Cameroun et le Ghana, avec leurs quatre coupes, vont avoir du mal à les rattraper). Autre record : les Pharaons n'ont pas perdu un match en Coupe d'Afrique des Nations depuis le 29 janvier 2004 (2-1 contre... l'Algérie), soit dix-neuf parties sans défaite. L'issue de cette 27e édition du tournoi relance un des grands mystères de notre époque, dans la lignée du Triangle des Bermudes, de l'affaire Seznec ou du succès de la comédie musicale “Mozart, l'Opéra Rock” : pourquoi diable l'Égypte est-elle capable de battre n'importe quelle équipe en CAN, mais n'y arrive pas lors des éliminatoires de la zone Afrique pour la Coupe du Monde ?




Jeunes joueurs, grand Ghana




Le Ghana, lui, a beau terminer sur la deuxième marche du podium, il n'en reste pas moins détenteur d'un billet pour l'Afrique du Sud. Comme nous l'écrivions après les demi-finales, les Black Stars pourraient d'ailleurs être la meilleure équipe africaine du tournoi, si les Essien, Appiah, Muntari and co sont de retour et combinent bien avec les champions du monde juniors. Au stade du 11-novembre, à Luanda, ces derniers ont fait trembler une équipe qui avait été globalement à l'aise lors de tous ses autres matchs. Personne n'attendait ce Ghana-là en finale, mais il a su profiter du faible niveau des autres sélections pour se frayer un chemin à coups de 1-0, développant un jeu de plus en plus attrayant. Ne nous leurrons pas, cependant, il n'est pas certain que cela soit suffisant pour sortir d'un groupe Allemagne-Serbie-Australie en juin prochain. C'est dire le niveau de cette CAN...




Les Super Eagles coulent un bronze




Pas grand-chose à dire, en revanche, sur une petite finale sans grand intérêt, mais quand il faut y aller, il faut y aller. Le score est logique, même si l'Algérie a montré qu'elle avait réussi à se remettre du choc psychologique de sa demi-finale. Le Nigeria s'est procuré les occasions les plus franches, et Nsofor, buteur pour la première fois de la compétition, a sans doute été le joueur le plus en vue et sa reprise à bout portant sur la barre, cinq minutes avant l'ouverture (et la fermeture) du score, aurait pu lui offrir pas mal de regrets. Au risque de se répéter, on se demande quand même si l'une de ces deux nations a les qualités requises pour atteindre les huitièmes de finale du Mondial (l'Algérie se coltinera l'Angleterre, les États-Unis et la Slovénie, le Nigeria sera opposé à l'Argentine, à la Corée du Sud et à la Grèce). Wait and see.




Bilan




Attaque de rebelles séparatistes : ok. Attitude déplorable de la CAF : ok. Stades qui se remplissent pendant toute la première mi-temps : ok. Faible niveau de jeu : ok. Critique des arbitres pour dissimuler le faible niveau de jeu : ok. Victoire de l'Égypte prévisible dès la première journée des groupes : ok. Vuvuzelas : ok. Talonnades à l'aveugle : ok. Et, malgré tout ça, c'était quand même plaisant.




Raoul Leduc

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