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Ce qu’il faut retenir de l’Europa League 2011-12

Ca y est, l’Europa League 2012 a livré son verdict : pour la deuxième fois en trois ans, c’est l’Atletico Madrid qui rafle la mise. Mais il y a évidemment d’autres leçons à tirer de la petite sœur de la Ligue des Champions.

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La péninsule ibérique domine crânement la compétition

En dix ans, l’Espagne a empoché cinq fois la Coupe UEFA. Le Portugal, deux. Ce qui fait quand même un bon 70%. Depuis que la Coupe UEFA a été remplacée par l’Europa League, la domination s’est même transformée en suprématie totale, avec les deux victoires de l’Atletico Madrid (2010, 2012) et du FC Porto (2011). Pire : si l’on regarde les demi-finales de cette année et de la saison dernière, pas la moindre trace de clubs autres qu’ibériques. La preuve que l’Espagne et le Portugal règnent en patrons sur cette compétition. Pourquoi ? C’est simple. Le Portugal a bien compris que l’Europa League était la compétition idéale pour grappiller des points au classement UEFA. Et de fait, ça marche : les Lusitaniens sont passés devant la France depuis cette année, en très grande partie grâce à leurs résultats en Europa League. Quant aux clubs espagnols, très corporate, ils préfèrent ne pas venir se glisser dans le duel Barcelone-Real Madrid qui sévit même sur la scène européenne. Du coup, ils se reportent, avec succès, sur la C3. Là encore, ça marche : en quelques années, l’Espagne a pratiquement rattrapé son retard sur l’Italie en nombre de C3 remportées : 7 contre les 9 italiennes. Dans deux ans, c’est réglé ?


Pour gagner la C3, mieux vaut avoir Falcao dans son équipe

Qui dit Europa League dit forcément Falcao. Le Colombien est le grand bonhomme des deux dernières éditions de la compétition. L’an dernier, il bat le record de buts dans une seule compétition européenne : 17 avec le FC Porto, et 18, même, si l’on compte son but inscrit au tour préliminaire. En finale, il plante le but décisif contre Braga. Cette saison, rebelote. Après des phases de poules pas forcément tonitruantes (3 buts en 6 matches), le Tigre se réveille à partir des matches à élimination directe. Il marque pratiquement à chaque rencontre, et ponctue son œuvre par ce sublime doublé en finale, hier, qui lui permet d’être, pour la deuxième année consécutive, meilleur buteur de la compétition. Deux joueurs, dans l’Histoire, avaient terminé double meilleur buteur de la C3 : Jupp Heynckes et Alan Shearer. Mais les deux l’avaient fait avec un seul et même maillot (Mönchengladbach et Newcastle). Et le pire, c’est que Falcao est capable de la gagner encore l’an prochain. Avec le maillot de Marseille ? LOL.


Les clubs repêchés de la Ligue des Champions auraient mieux fait d’être éliminés directement

Manchester City ? Sorti en huitièmes. Manchester United ? En huitièmes aussi. Porto ? En seizièmes. L’Ajax ? Pareil. Que ce soit clair : les clubs éliminés en phase de poules de la Ligue des Champions et reversés en seizièmes d’Europa League n’auront pas marqué l’histoire de la compétition. Hormis Valence, qui est arrivé jusqu’en demi-finales, aucun des sept autres clubs reversés (United, City, Porto, Ajax, Plzen, Olympiakos et Trabzon) n’a dépassé les huitièmes de finale. L’impression générale est surtout que ces équipes-là n’avaient pas franchement envie de la jouer, l’Europa League. Notamment les deux cadors du championnat anglais, dominateurs dans leur pays, et qui se sont fait martyriser par Bilbao et le Sporting Portugal (même si Joe Hart a été à deux doigts de qualifier les Citizens, avec son coup de tête de la dernière seconde). Conclusion : lorsque l’on entame une saison en Ligue des Champions, retomber en C3 peut faire mal, psychologiquement. A l’inverse, les équipes qui débutent l'année avec, dans leurs objectifs, d’aller chercher la C3 (comme l’Atletico Madrid, en l’occurrence, ou Porto l’an dernier), ne lâcheront rien jusqu’à la fin. Enfin, certaines lâchent aussi dès le premier tour. On ne citera pas de noms.


Et les clubs français, c’est quand qu’ils la jouent ?

Dernier fait d’arme d’un club français en C3 ? La finale de l’OM perdue contre Valence en 2004. Depuis, c’est la traversée du désert. Sur les dernières éditions, c’est encore plus déplorable. 2009-10 : Lille et Marseille éliminés en huitièmes. 2010-11 : Paris sorti en huitièmes par Benfica. 2011-12 : le PSG et Rennes dégagés dès le premier tour. Bah c’est bien, tout ça. Même si on dirait bien que c’est de pire en pire. L’exemple de Paris, cette saison, est le plus criant. Alors que la formation de Kombouaré était souveraine en Ligue 1, elle a littéralement snobé l’Europa League, sombrant même face à Salzbourg. Une question peut donc se poser : à quoi bon cravacher pendant toute la saison pour se qualifier pour l’Europe, si c’est pour ne pas la jouer par la suite ? A force de jouer à ce petit jeu, la France (et l’Italie est dans le même sac) perd des places au classement UEFA. Après s’être fait dépasser par le Portugal, la France est désormais coursée par la Russie et l’Ukraine. Or, le jour où les clubs français devront se farcir les pires tours de qualification, à la fin du mois de juin, contre le troisième du championnat d’Estonie, on fera moins les malins, hein...



Eric Maggiori
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