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  2. // 23e journée

Ce qu'il faut retenir

La 23e journée de Ligue 1 sentait la poudre. Le Royaume de France a connu quelques bouleversements. Paris est en état d'urgence, Bordeaux est sonné, Rennes sur un nuage, Montpellier continue de rêver et Marseille continue son come back. Une journée qui a peut-être tout changé. Avant de passer sur le canapé, retour sur cette journée toute en psychanalyse freudienne.

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Le “ça” (Grenoble)

Le concept : Globalement, c'est le lieu où naissent les pulsions, le réservoir à kiff. Il ne connaît ni normes (interdits), ni réalité (temps ou espace) et n'est régi que par l'unique principe de plaisir immédiat. A l'instar des Poetic Lovers qui déclaraient « Darling faisons l'amour ce soir, tous deux émergés dans le noir » , sans se soucier du lendemain. “Ça” a été plus fort que “moi”...


La matérialisation : Le GF38 millésime 09/10 est taillé pour souffrir. De défaite en défaite, les Isérois ont dû apprendre à refouler leurs envies. Celles de maintien, de rêve, de beau jeu, d'Europe. Pourtant, samedi soir, les hommes de Bazdarevic ont fait sauter toutes les barrières. Les Isérois, qui accueillaient l'AJ Auxerre et leur défense béton (4 buts concédés en déplacement), ont tout bouleversé. Derrière un Danijel Ljuboja freudien (quelle cartouche sur l'ouverture du score), Grenoble en a collé cinq dans les filets d'Olivier Sorin, dont quatre en première mi-temps, excusez du peu. Tout ça résulte d'un capital inné et hérité des pulsions basiques oubliées : la gagne, l'envie, le plaisir de jouer et d'exister. Inconsciemment, la lanterne rouge de Ligue 1 s'est offert un rêve : celui d'être capable, l'espace d'un soir, de corriger n'importe qui et avec la manière. Le Stade des Alpes avait donc un besoin immédiat de satisfaire une faim de victoire(s), rien de plus, rien de moins. Après tout, ce n'est que la seconde fois que Grenoble décroche les 3 points, alors autant le faire avec la manière. Le retour à la réalité sera brutal. Aujourd'hui, Grenoble a toujours ses crampons en Ligue 2.

Le “moi” (Montpellier)

Le concept : A mi-chemin entre le conscient et l'inconscient, le “moi” fait office de médiateur. Un truc oscillant entre l'état d'esprit du hippie et celui du designer Ikea. Il se situe entre le “tu dois” et le “tu devrais”. Une mentalité qui contrôle les mouvements de la personne en gérant les pulsions. En gros, un sacré égoïste comme le gueulait Jacques Dutronc : « Et moi, et moi, et moi » .


La matérialisation : Loulou Nicollin a été clair avec René Girard. “Tu dois” te maintenir, mais “tu devrais” voir plus grand, si possible. Incompréhension des logiques footballistiques et alignement des ballons, René a vu plus grand, beaucoup plus grand. Pour preuve, il grignote les callipyges girondines avec un appétit certain. En s'imposant à Boulogne-sur-Mer (0-2), les Héraultais signent leur quatrième victoire de suite en Ligue 1 et reviennent à 3 points du leader bordelais. Costaud. Montpellier se présente comme une entité unifiée, solide et cohérente. Une défense toujours solide, à l'image de Spahic. Un milieu poil à gratter et une attaque opportuniste. Un triumvirat qui marche. Au final, l'intérêt de Montpellier est plus important que la logique, quitte à se fourvoyer en Ligue des Champions l'an prochain. Mais pour le moment, Montpellier est dauphin avec le maintien dans la poche. What else ?

Le “surmoi” (Hatem Ben Arfa)

Le concept : Vulgairement, “ce qu'il convient de faire”. C'est la morale héritée des parents. Il permet la censure des pulsions inacceptables qui viennent du “Ça”. C'est aussi le moteur du refoulement. Car, comme se plaisait à le dire Jean-Pierre Raffarin, « The Yes needs the No to win... against the No » .


La matérialisation : Freud était Autrichien, donc un cousin éloigné de Nietzsche, le mentor du numéro 10 Olympien. On fustigeait souvent le "petit Mozart" du football français. Immature, ingérable, inconstant... Pis, un complexe d'œdipe mal résorbé avec son entraîneur Didier Deschamps aurait dû flinguer sa carrière marseillaise. Il n'en est rien. Hatem Ben Arfa a éclaboussé le Vélodrome de son talent. Une talonnade de génie sur l'ouverture du score. Prends ça Guti. Un délice de transversale sur l'action du second but. Des dribbles, du trash talking, des râteaux... Dimanche, l'international français a su se canaliser. Il a -enfin- lié l'utile à l'agréable. Il a joué pour les autres, surement ce qu'il sait le mieux faire. Une victoire punitive plus tard (5-1 contre Valenciennes), Marseille se rapproche du podium. En refoulant son instinct primaire, le milieu de terrain a envoyé son club sur orbite. Reste à espérer que la citation de son mentor - « les plus grands naissent posthumes » - ne soit pas prémonitoire...

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