1. // CAN 2010 / 2e journée

Ce qu'il faut retenir

Deux favoris qualifiés (Égypte et Côte d'Ivoire), aucune équipe éliminée. La deuxième journée de la CAN 2010 a laissé la porte ouverte à un finish blindé en suspense pour cette phase de poules. Elle nous a aussi montré que les grosses pointures ne sont pas à leur maximum, que le Mali n'en fait pas partie et que les Angolais commencent à vibrer pour le ballon rond.

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Illusions d'optique

C'est fou comme les situations peuvent changer du tout au tout, dans un championnat à trois équipes. Après la première journée, on donnait quasiment les Ivoiriens éliminés, les voilà déjà qualifiés, au bénéfice d'une victoire (3-1) contre le Ghana. On serait d'ailleurs tenté de titrer sur le retour en forme des grosses équipes, mais ce serait se focaliser sur les résultats sans aborder les performances. Outre la Côte d'Ivoire, qui a profité d'un Ghana très diminué (sans Appiah, Mensah et Paintsil, blessés, ni Muntari, sanctionné par le sélectionneur), l'Égypte a poinçonné son billet en disposant du Mozambique (2-0) lors du match le plus chiant de la compétition. Les Pharaons ont perdu de leur prestance royale après un bon match face au Nigeria, en se contentant de profiter du deuxième csc du Mozambicain Dario Khan, puis en finissant le travail sans grande conviction en fin de partie. Dans le même groupe, les Super Eagles ont fait de la gestion de bons pères de famille contre le Bénin, gérant leur avance acquise sur penalty, se contentant de repousser les attaques menées par un Sessegnon en forme, mais sans grand génie (1-0).

Le Cameroun, lui, a carrément fait dans sa culotte. Pendant les deux tiers du match, les Lions ont été domptés par la petite équipe de Zambie, qui aura fait forte impression sur le coup. Pendant une heure, le quadruple vainqueur de l'épreuve était purement et simplement éliminé dès le premier tour (ce qui ne lui est plus arrivé depuis 1996). Paul Le Guen n'a sauvé son scalp qu'en fin de match, d'abord par une mega-zubizarreta de Mweene, le portier adverse, puis grâce au dix-septième but de Samuel Eto'o en Coupe d'Afrique des Nations, l'Interiste améliorant ainsi son record. Mais il était dit que la fédération camerounaise souhaitait débarrasser le pays de ses cardiaques. Kameni, gardien volant, a donc décidé d'aller tacler Mulenga les deux pieds en avant alors que le ballon était à l'intérieur de la surface. Penalty, égalisation, mais les supports publicitaires de Puma s'en sortaient tout de même en fin de match sur une tête d'Idrissou. Le match le plus palpitant de cette deuxième journée, certes, mais pas forcément rassurant pour Eto'o fils et ses potes, d'autant plus qu'il aura montré Rigobert Song en vieux lion fatigué, complètement à côté de ses pompes.

Quatre favoris, quatre victoires, mais quatre équipes qui vont devoir remuer leur boule si elles veulent offrir à l'Afrique un champion qui a de la gueule.

Salut, Mali

Avant la compétition, on aurait facilement refilé le statut de favori au Mali, par la grâce d'une triplette espagnole sacrément clinquante : Keita, Diarra et Kanouté. Le problème : une défense en papier-bulle. C'est toujours un plaisir de la faire exploser. Contre une équipe de branques (l'Algérie n'a toujours pas montré le visage d'un mondialiste dans cette CAN), le coach Stephen Keshi avait tenté le choc psychologique en laissant Kanouté sur le banc, pour finalement le faire rentrer à l'heure de jeu dans un rôle de sauveur. Sans succès, défaite 1-0. Bien sûr, rien n'est joué, et le Mali se qualifierait en allant mettre une branlée au Malawi à Cabinda. Rien d'insurmontable, mais ces Aigles-là se font une montagne d'un ralentisseur.

Miscellanées

Les stades se remplissent : il n'y avait que 357 spectateurs pour Algérie-Malawi, en première semaine. Dans un stade de 50 000 places, forcément, ça fait désordre et ça permet presque d'entendre les gouttes de sueur perler sur le front des membres du COCAN (comité organisateur). Cette semaine a été l'occasion d'un net regain d'intérêt de la part du public angolais, qui est venu garnir les tribunes en masse. Et il en fallait, du courage, pour venir spontanément assister à un Gabon-Tunisie.

Il faudra refaire les niveaux : on entend, par-ci, par-là, de petits malins nous seriner que la CAN est devenue le troisième grand rendez-vous du football mondial après la coupe du monde et l'Euro. C'est bien évidemment faux. Pour cela, il faudrait 1) Que les équipes qui la jouent ne soient pas forcées de sélectionner des joueurs de CFA2 ou sans club, 2) Que la Copa America soit dissoute à l'acide sulfurique ou que, par un mouvement tectonique inédit, le Brésil et l'Argentine se retrouvent en Afrique. Remarquez, ce serait un juste retour des choses, après la délocalisation du Dakar.

Raoul Leduc

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