1. // CAN 2010
  2. // 1ère journée

Ce qu'il faut retenir

Des séparatistes belliqueux dans une enclave bourrée de pétrole et des enjeux économiques de plus en plus importants pour la Coupe d'Afrique des Nations, cela donne un bon paquet de pognon à la clé. Retour sur les enseignements de ce début de CAN en mode gros sous, escroqueries et attaques de diligence.

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Arnaque à la CAF

Dommage collatéral. La triste affaire du mitraillage du car togolais a montré, une fois de plus, que la confédération africaine de football (CAF) gérait les situations difficiles comme Jérôme Kerviel les investissements. Alors que la rumeur d'une attaque commence à se répandre, le vendredi 8 janvier, la première réaction du COCAN (comité d'organisation de la CAN) est le déni : ne vous inquiétez pas, « ce n'est qu'un pneu qui a éclaté » ... Alors qu'il devient évident que l'éclatement des pneus a été facilité par des mitrailleuses lourdes, et que ces dernières ont également fait exploser quelques rates, poumons et autres organes vitaux, les Togolais traumatisés annoncent qu'ils ne souhaitent plus participer à la compétition. Loin de présenter des condoléances ou d'offrir un soutien psychologique aux Éperviers, la CAF fait une annonce hallucinante : dans toute sa magnanimité, la confédération du bon président Hayatou... ne sanctionnera pas le Togo pour son forfait. En effet, le retrait d'une sélection est habituellement puni d'une amende et d'une suspension pour les deux prochaines CAN. Sympa, les gars. Au passage, l'équivalent africain de l'UEFA ne se sent pas coupable pour un sou. La CAF avait évidemment validé le choix d'organiser des matchs dans l'enclave troublée du Cabinda, mais elle préfère rejeter la faute sur les Togolais eux-mêmes, qui ont se sont déplacés en car plutôt qu'en avion. L'instance n'aurait pas été prévenue de ce changement de programme. Bien sur. La lourde escorte militaire du convoi togolais passait là par hasard...

Attaque de banque

Sept match (Ghana-Togo a été annulé), 22 buts, ce qui nous fait une moyenne de 3,14 buts par partie. On appelle ça un "pi". Évidemment, ce score est largement imputable à un match d'ouverture en forme de feu d'artifice, avec huit buts à la clé. Mais cela n'empêche pas de tirer un premier enseignement de ce début de compétition : le football africain mise beaucoup moins sur la défense que son homologue européen. Au même point de l'Euro 2008, la moyenne était de deux buts par match (16/8).

Gardiens à deux balles

Des défenses moisies mal supportées par des gardiens de but douteux. Comme toujours, on trouve des exceptions dans les 14 portiers de cette première journée (le Manceau Didier Ovono a notamment sauvé le Gabon face au Cameroun), mais certaines performances laissent perplexe. Meilleur exemple : le match Mozambique-Bénin, où les derniers remparts étaient en mousse, rivalisant en vilaines sorties et choix hasardeux. En fin de match, on a même pu voir Rafael, le goal mozambicain manifestement en surcharge pondérale, se jeter la tête la première sur un ballon anodin, tentant une sorte de salto à ras de terre dans la foulée et ne réussissant qu'à se niquer les cervicales. Étrange.

Vedettes à « 333 francs mille CFA »

Enfin, les quatre premiers jours de la CAN 2010 ont évidemment été marqués par les piètres performances des « stars » . Les favoris ivoiriens de Didier Drogba et Yaya Touré n'ont pas réussi à vaincre le Burkina Faso, se condamnant à une performance face au Ghana d'Essien (pas encore entré dans la compétition) pour éviter l'humiliation d'une élimination précoce dans un groupe à trois. Samuel Eto'o, de son côté a été loin de briller face au Gabon, et son Cameroun d'encaisser une première défaite, qui plus est sur un but de Daniel Cousin. Enfin, les Maliens Mahamadou Diarra, Frédéric Kanoute et Seydou Keita ont été à deux doigts de se prendre une déculottée contre l'Angola en match d'ouverture. Certes Kanoute et Keita ont été pour beaucoup dans le retour héroïque des Aigles, mais cela n'a finalement représenté que 15 minutes dans la partie, et le Mali ne peut pas se contenter d'un match nul contre une nation qui ne sait jouer qu'au basket. Finalement, les seuls à tenir leur rang ont été les Égyptiens, auxquels manquaient pourtant deux pièces maitresses (Amr Zaki et Mohamed Aboutrika, forfaits pour la compétition), qui ont montré qu'ils ne pouvaient marcher qu'avec une CAN.

Raoul Leduc

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