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  2. // Napoli-Lazio (4-3)

Ce Naples-là est taré !

Oui, le Napoli est fou. Son entraîneur est fou. Ses joueurs sont fous. Alors, pour le match face à la Lazio, les Napolitains ont libéré leur folie et l'ont transmise aux 60.000 tifosi. Résultat ? Bah, un match complètement fou. Logique.

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Napoli 4-3 Lazio
Buts : Dossena (60e), Cavani (62e, 81e, 88e) pour Naples / Mauri (29e), Andre Dias (57e), Aronica csc (68e) pour la Lazio

Hier soir, les joueurs du Napoli étaient sûrement devant leur téléviseur pour voir le Milan AC détruire l'Inter. Eux auraient préféré un match nul. Mais bon. La victoire milanaise leur permettrait, au moins, de s'emparer de la deuxième place en cas de succès. Mais entre le réalité et cette deuxième place tant désirée, il y a la Lazio. Une Lazio qui sait qu'elle n'a plus le droit à l'erreur si elle veut encore grimper dans le train de la Ligue des Champions. En gros, deux équipes qui ont besoin d'une victoire, coûte que coûte. Et le spectacle offert au San Paolo le confirme. Près de 60.000 spectateurs à l'heure du repas, un soleil d'été, des couleurs bleu ciel à n'en plus finir : le spectacle est partout, pas seulement sur la pelouse. De fait, les deux équipes ont offert un match sublime, peut-être le plus beau de la saison en Italie. Des buts, de l'agressivité, des erreurs d'arbitrage, un pénalty, un carton rouge, des entraîneurs déchaînés : l'espace de quatre-vingt dix minutes, le stadio San Paolo a perdu vingt ans et est revenu à l'époque de Maradona. Naples sort miraculeusement vainqueur de ce match, et se prend à rêver d'un Scudetto qui, hier soir, semblait désormais promis au Milan AC. Non, Naples n'est pas mort, Naples ne meurt jamais même. La Lazio le sait mieux que quiconque, désormais.

Padre Pio face aux caméras

12h30. Le stadio San Paolo est rempli. L'horaire n'est pas habituel. A cette heure-là, le dimanche, on sort de la messe et on casse la croûte en famille. Cette fois-ci, le casse-croûte, c'est au stade. Les écharpes volent, les maillots bleus colorent les tribunes. Le Napoli, galvanisé par cette ambiance unique en Italie, part tambour battant. Le pressing dans les dix premières minutes est ahurissant, et la Lazio, volontairement privée de Hernanes et Floccari, a la tête sous l'eau. Mais Naples n'en profite pas, et les Romains sortent enfin de leur moitié de terrain. Hormis une frappe puissante de Hamsik sortie par Muslera, les ardeurs se calment jusqu'à la demi-heure de jeu. A ce moment-là, Zarate récupère un ballon, le donne à Mauri : la suite est maradonesque. Le capitaine de la Lazio slalome et se retrouve face au portier napolitain, battu par un joli extérieur pied gauche. 1-0 pour les visiteurs, le stade est douché. Mais chante quand même. Naples réagit, mais ses attaques sont peu lucides, et c'est encore Mauri qui a l'occasion de doubler la mise, mais manque cette fois le cadre. Un but d'avance pour les laziali, en vert kaki, à la pause. Tout sauf immérité.

Malgré la causerie de Mazzarri dans les vestiaires, rien ne change en début de seconde période. Naples est trop brouillon, et la Lazio, deuxième meilleure défense du championnat, n'a pas de mal à contrôler. Les Romains se permettent même le luxe de doubler la mise : sur coup-franc, Dias fusille De Sanctis aux 5 mètres. 2-0. Presque trop facile. Cette fois-ci, le stade a du mal à chanter. Mais les Napolitains aiment les chants et réagissent immédiatement. A peine deux minutes plus tard, Dossena redonne l'espoir aux siens d'une tête rageuse, suite à un coup-franc de Lavezzi. Le stade se réveille. Ça re-chante. Ça crie. Ça montre des photos de Padre Pio aux caméras. Et le Saint entend l'appel. Deux minutes plus tard, nouveau coup-franc, et nouvelle tête, cette fois-ci de Cavani, qui égalise. Ça parait totalement insensé. Mais non, c'est juste napolitain.



La Lazio ne sait plus où donner de la tête, après ce retournement de situation. Mascara est tout prêt d'inscrire le troisième but, mais Muslera sauve la baraque biancoceleste. Naples joue quasiment à onze devant, et du coup, ça laisse des espaces. Brocchi en profite : le milieu de terrain envoie un missile qui frappe la barre et rebondit derrière la ligne. 3-2 ? Non. L'arbitre n'a pas vu, et ne valide pas ce but. Pas le temps de protester, Zarate récupère déjà la balle, enrhume Cannavaro et frappe fort : De Sanctis repousse sur Aronica, qui marque contre son camp. 3-2 ? Cette fois, oui.

Cavani, Matador et Dieu

Le match est fou. Il ne reste que dix-huit minutes, mais tout le monde sait qu'il ne s'agira pas du score final. Et pour cause : à la 80ème, Cavani est poussé dans la surface. Pénalty, et carton rouge (très sévère) pour Biava. Muslera avait promis de stopper un pénalty de son compatriote. Loupé. Cavani ne se fait pas prier pour égaliser à nouveau et inscrire son 24ème but de la saison. 24, c'est bien. Mais 25, c'est beaucoup mieux. A trois minutes du terme, le Matador, encore lui, contrôle un ballon à l'entrée de la surface et, en pleine course, lobe Muslera. Stade en fusion totale. Le miracle est là : Naples mène 4-3 après avoir été mené 2-0, puis 3-2, et Cavani n'est plus un Matador. C'est un Dieu. Impossible pour la Lazio de se remettre d'un tel coup de massue : 60.000 tifosi en transe se mettent à chanter à la gloire de leurs héros tandis que le peuple laziale pleure. Les héros napolitains, eux, chipent officiellement la deuxième place à l'Inter et reviennent à trois points du Milan AC. Il reste désormais sept journées. Or, avec ce Napoli-là, on peut d'ores et déjà affirmer que ces sept matches seront fous. Totalement fous, même.

Par Eric Maggiori
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