1. // Euro 2012
  2. // France/Luxembourg (2-0)

Ce n'était pas du Lux

La France a vaincu le Luxembourg, certes, mais n'a tactiquement pas vraiment répondu à toutes les attentes.

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« On a assuré l'essentiel même si on est moins satisfaits du jeu produit » . Voilà comment Laurent Blanc a résumé la rencontre, parfaitement. Victoire sur le score de 2 à 0, trois points de plus, la qualification en vue, l'essentiel est assuré ; mais la manière, elle, laisse à désirer. Après le 433 aligné face à la Roumanie, le sélectionneur avait cette fois décidé de changer de schéma et de s'organiser en 442 afin de percer le coffre-fort luxembourgeois. Tactiquement, c'était un bonne idée. L'idée directrice était d'avoir de l'espace devant soi et de l'exploiter pour déstabiliser les lulus. Le 442 est en effet considéré comme la solution la plus approprié face à une équipe qui joue exclusivement regroupé devant son but. Les deux attaquants occupent la surface, le meneur distribue, les deux milieux sur les ailes se chargent d'assurer un minimum la symétrie de l'équipe, des frappes de loin, et de servir les deux latéraux qui arrivent lancés pour centrer. Centres et frappes de loin sont les clés pour faire craquer les double-rideaux, ou alors on est capable de jouer dans les intervalles comme le FC Barcelone. Or si on savait que l'EdF n'est pas le FC Barcelone, on la pensait toutefois capable d'en coller un paquet au Luxembourg.


Peu de centres, encore moins de frappes de loin, aucune longue ouverture, les joueurs bleus ont cherché à déstabiliser cette défense à coups de passes à terre et de dribbles courts, et l'on ne peut pas vraiment dire que le résultat fut très enthousiasmant. Le ballon circulait trop doucement, sans rythme. Surtout, la première passe était le plus souvent quelconque, le plus souvent assurée par Alou Diarra. Mexès, s'il est censé avoir une certaine qualité de relance, ne l'a jamais montré sur ce match. Contre une équipe qui défend intégralement dans son camp et n'attaque jamais, il aurait pu s'avérer judicieux de placer au poste de milieu défensif un joueur avec une vraie qualité de passe, afin d'assurer une transmission autrement plus incisive, de directement entrer dans le double-rideau adverse et d'obliger les défenseurs à faire des choix. Un joueur comme Gourcuff aurait fait du bien à ce poste par exemple : vu les ambitions offensives des Luxembourgeois, il aurait pu assurer le minimum défensif syndical, en étant de toute façon couvert par Méxès et Rami. Enfin, on dit ça...


Du coup, ce sont souvent par le biais des latéraux que la balle est "entrée" dans le vif du sujet luxembourgeois. Clichy et Réveillère étaient donc contraints de descendre assez bas, alors qu'ils étaient censés écarter le bloc adverse. Du coup, ce sont les milieux excentrés qui ont du s'en charger, tant bien que mal. Diaby, excellent dans l'initiative et la volonté d'éliminer pour créer le décalage, s'est alors retrouvé trop excentré sur la droite à son goût. Du coup, l'organisation de départ s'est naturellement transformée en un 433 un peu bancal, avec Gourcuff meneur gauche, Diaby meneur droit, Malouda ailier gauche, Benzema attaquant droit et Hoarau dans l'axe. Laurent Blanc a d'ailleurs opéré ses changements dans ce sens, en faisant rentrer Nasri aux côtés de Gourcuff, ou encore Rémy pour Hoarau ; le marseillais ayant alors un profil plus intéressant que le parisien dans cette configuration. Lolo a d'ailleurs tenu à défendre le grand Guillaume, auteur d'un match quelconque : « Quand on joue à deux attaquants, il peut être très complémentaire avec son coéquipier. Hier, on a très mal animé les côtés. On le reverra » . Sans doute dans un 442, lors du prochain match officiel des Bleus, le 25 mars 2011 contre le Luxembourg...

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