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  2. // Real/OL (1-1)

Ce Lyon est galactique

Ils l'ont fait. Les Lyonnais ont enfin vaincu le signe indien en tombant un grand d'Europe grâce à leur nul (1-1) à Madrid face à un Real aussi époustouflant en première période que laminé en seconde. En attendant la possible qualification de Bordeaux, la France revient sur le devant de la scène européenne grâce à cet exploit majeur. Et franchement, en cette année à « outsiders » au regard de la fragilité des favoris, l'histoire ne fait peut-être que commencer.

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On aimerait être une petite souris pour savoir ce qui s'est passé cet hiver en Tunisie où Lyon était en stage. Où Lyon préparait sa rédemption. Moquée pour sa fin de semestre catastrophique, sa défense en bois et un plan de jeu toujours plus flou, la bande à Puel a su se préparer et très probablement se parler, comme l'avait confirmé à l'époque Boumsong. On restait cependant sceptiques malgré une reprise impeccable sur le plan comptable mais tellement bancale sur le plan football. Et puis le Real est venu à Gerland et enfin, peut-être pour la première fois de l'ère Puel, Lyon a ressemblé à Lyon. Compact, rigoureux et prompt à bondir devant. N'empêche, aller à Madrid avec un tout petit but d'avance semblait devoir transformer ce succès initial en simple victoire de prestige.

C'était oublier quelques lois des séries. Comme celle qui bloque le Real au stade des huitièmes de finale depuis 2005. Comme celle qui sublime les clubs français face aux Merengues en Coupe d'Europe, de Paris (deux fois) à Lyon donc en passant par Monaco. Comme celle qui veut que l'OL soit toujours invaincu face à Madrid en six confrontations. Il n'y a pas de hasard. Bien plus que Manchester et Barcelone, le club de la capitale espagnole figurait l'adversaire parfait pour permettre à Lyon de décrocher son premier grand succès européen en match à élimination directe. Les 250 millions investis l'été dernier disaient tout autant le formidable casting madrilène que la fragilité de l'ensemble encore trop frais. Oui, entre la montée en puissance des Gones et les failles castillanes, tout était réuni pour l'exploit. La force de l'OL aura été de saisir cette occasion-là.

Higuain bouffe la feuille

Ce qu'il y a de pratique avec une équipe gorgée de confiance, c'est que très souvent, elle annonce clairement la couleur avant la partie. « Il faudra presser, faire peur et marquer tôt, avait averti Lassana Diarra. Nous devrons commencer fort et surtout faire très attention à leurs contres pour ne pas prendre de but, car sur une action isolée, ils peuvent faire très mal » . Il faut croire que tous les Madrilènes étaient à l'unisson du milieu défensif français. Dès le coup d'envoi, Kaka partait dans le dos de la défense lyonnaise pour aller buter en duel face à Hugo Lloris. Un échauffement. Cinq minutes plus tard, c'était au tour de Cristiano Ronaldo de filer sur son côté (putain Réveillère, les semelles de plomb) pour aller ajuster Lloris entre les cannes (6e, 1-0). Rrhhha ! Tout le fruit du match aller bouffé en moins de six minutes. D'ailleurs, quelques instants plus tard, Kaka, sur le flanc gauche, enchaînait les petits ponts pour délivrer une nouvelle frappe encore captée par Lloris (10e). Lyon était déjà dans le rouge ! Et au bord du précipice quand un quart d'heure plus tard, Higuain, parti encore dans le dos de Boumsong, éliminait Lloris mais, seul devant les bois, glissait le cuir sur le poteau (25e). Incroyable !

Dans les tribunes, Karim Benzema esquissait peut-être un léger sourire. Car en deux autres occasions, l'Argentin, idéalement placé, manquait le coche. En face, Lyon, cuit dur par la première demi-heure infernale du Real, n'avait pas d'autre choix que de balancer direct vers le pauvre Lisandro Lopez, comme autant de ballons sans futur. Car contrairement au match aller, les Merengues s'appliquaient à bien occuper la largeur. Plus dur pour Govou et Delgado d'exister sur les flancs. Surtout avec un Sergio Ramos au sommet de son art : infranchissable derrière, présent au milieu et tranchant devant. Le latéral parfait. N'empêche, malgré les vagues blanches à répétition, et une possession de balle madrilène bien au-delà des 60%, Lyon rentrait aux vestiaires en vie.

Delgado, quel poison !

Au retour, Puel, conscient des limites de Boumsong (blessé ?) et de Makoun (trop nul ?), lançait Kallstrom et Gonalons, en replaçant Toulalan en défense centrale (Raymond, y'a un truc à choper là non ?). Et l'OL prenait à son tour le Real à la gorge. Lisandro faisait des misères en pivot, Pjanic mettait enfin le pied sur la gonfle et Delgado enchaînait les dribbles chaloupés tout en pas de tango. Il fallait la légendaire maladresse de Govou pour envoyer un centre en retrait soigné de Kallstrom sur Mars (50e). Cinq minutes plus tard, Lisandro expédiait une minasse boxée à l'arrache par Casillas, franchement pas serein et, pour tout dire, moins bon depuis plus d'un an. Chahutés, les Madrilènes subissaient en plus les sifflets de leur exigeant public, à peine calmés par les entrées de Van der Vaart et Raul. Pour peanut !

Au contraire, Chelito Delgado drivait soyeusement près de la surface pour servir Lisandro en pivot, remise maligne pour la demi-volée gagnante de Pjanic (75e, 1-1). Absolument fou et cent fois mérité tant Madrid depuis la reprise avait déjoué, lent, prévisible et déstructuré au possible. Tout le contraire de ce Lyon au finish de sprinter. En fin de match, ce sont bien Cissokho, Lisandro et Delgado qui semaient tout le monde pour jouer des un contre un face à Casillas, hélas à chaque fois bazardés en bout de course. Mais qu'importe ! Lyon tenait son exploit. Le plus grand de son histoire. Tout simplement.

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"L'argent est la puissance aliénée de l'Humanité" Marx ; le grand Karl vous l'avait bien dit : ce n'est pas parce qu'on a dépensé 250 millions d'euros pour acheter des guignols lusitanien et brésilien qu'on gagne la LDC. Ce soir, une équipe sur le terrain avait une âme - pas l'autre. Pitoyables Ronaldo, Guti, Ramos et consorts...
Faut arrêter de faire une dichotomie entre le Real friqué qui représente le pouvoir de l'argent et un Lyon plus proche des vraies valeurs footballistiques : la pratiques de deux clubs a été identique durant l'intersaison, c'est-à-dire recruter de (très) bons joueurs à des prix mirobolants. 80M pour Lyon, 250M pour Madrid : chacun à son niveau, mais l'intention est là. Le pouvoir de l'argent, toujours.
Ouais enfin en attendant je crois pas que Lyon puisse dépenser ou recruter avec un déficit de 300 millions, le Réal si, et rien que pour ça, c'est justice, Platoche doit être content.
Il y a un titre suprême qui ne s'achète pas, c'est la coupe aux grandes oreilles, Abramovitch s'y est déjà cassé les dents, au tour de Pérez...
drepoz a raison, la politique de lyon est assez similaire mais a echelle reduite.
bon apres ca me fait plaisir pour lyon, mais faut pas abuser c'est un recrutement a 80M quand meme...qui en europe a fait se recrutement au dernier mercato?

bref bravo quand meme a lyon vous le meritez depuis pas mal d'annees..j'espere quils atteindront les demi...:)
T'as raison Drepoz, il y a simplement une différence de degré entre les deux équipes, et non une différence de nature ; pour autant, cette différence atteint quand même 170 millions d'euros ; c'est par rien ; et puis Lyon n'est pas en déficit, ils n'ont pas la possibilité de voir l'ardoise effacée magiquement par le Roi himself... Bon, ça, c'est la différence entre la monarchie et la République (une différence de nature pour le coup... ).
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