Serie A - 13e journée - Napoli/Milan AC

Eric Maggiori

Cavani prêt à abattre le Diable

Actuel co-meilleur buteur de Serie A, Edinson Cavani est plus que jamais le phare du Napoli. Ce soir, il donne rendez-vous au Milan AC, une équipe qui lui laisse de bons souvenirs, puisqu’il leur avait planté un triplé la saison dernière.

Note
4 votes
4 votes pour une note moyenne de 5/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

Cavani, maître de l'arène napolitaine
Cavani, maître de l'arène napolitaine
Edinson Cavani est le genre de joueur qui ne se satisfait pas de ce qu’il a. La preuve : depuis son arrivée à Naples, le joueur uruguayen marque de plus en plus de buts. Cette saison, il en est déjà à huit en Serie A, et 14 en 14 matchs toutes compétitions confondues. La saison dernière, au même stade de la saison, soit après 14 rencontres, il n’en était qu’à sept buts. Oui, mais sur ces sept réalisations, trois avaient été inscrites face au Milan AC, lors du deuxième match de la saison. Un souvenir incroyable pour le joueur, qui avait réalisé là l’une de ses prestations les plus abouties avec le maillot napolitain. À cette époque-là, Milan était encore champion en titre, et Naples un outsider qui avait alors prouvé à tous qu’il aurait son mot à dire. Un an plus tard, les deux équipes se retrouvent au même endroit, mais pas avec les mêmes forces en présence. Milan a perdu ses meilleurs éléments (avec tout le respect pour Yepès) et pointe actuellement à la 13e place du classement. Naples, pour sa part, n’a quasiment pas touché à son effectif. Lavezzi, parti à Paris, a été remplacé par Insigne. Mais surtout, le club partenopei est parvenu à conserver son buteur uruguayen. Un joueur déterminant, essentiel, même si Walter Mazzarri, le coach napolitain, continue d’affirmer que son équipe « n’est pas dépendante de Cavani ». D’accord.

Un triplé et un quadruplé

Pourtant, cette saison, il y a clairement un Napoli avec et sans Edinson Cavani. En championnat, l’ancien Palermitain a manqué deux matchs. Le premier a été remporté 1-0 contre le Chievo, le second perdu 1-0 contre l’Atalanta. En Europa League, Mazzarri avait décidé de le préserver face au PSV et face au Dnipro Dnipropetrovsk. Résultat, deux défaites, que le joueur n’a pas pu empêcher malgré son entrée en jeu tardive. Bien décidé à ne pas perdre un troisième match consécutif en Coupe d’Europe, le coach l’a titularisé lors du match retour contre les Ukrainiens. Conséquence immédiate : le Napoli s’impose 4-2, grâce à… un quadruplé de Cavani. Un quadruplé par ci, un triplé par là contre la Lazio en championnat : l’Uruguayen est décisif, encore plus que son coéquipier Marek Hamšík. Depuis son retour de blessure, qui lui avait fait manquer deux rencontres à la fin du mois d’octobre, il a d’ailleurs décidé de ne plus s’arrêter de marquer. Cavani a fait trembler les filets à chaque rencontre, et ce, depuis cinq rencontres d’affilée. Jamais, au cours de sa carrière, il n’avait réalisé une telle série (son record était de quatre matchs consécutifs avec au moins un but, du 21 décembre 2011 au 16 janvier 2012).

Le grand Edinson, en plus de scorer avec son Napoli, a également claqué un but avec le maillot de la Celeste, mercredi, face à la Pologne. C’est donc un joueur en pleine bourre, sans nul doute le meilleur avant-centre en circulation en Italie, qui se présente ce soir face au Milan AC. Mais gare à dire que sans lui, le Napoli ne gagnerait pas. Cela pourrait en irriter quelques-uns. « Cavani ? Oui, il est très bon... Mais sans nous, il ne pourrait pas réaliser ce genre de prestations », avait déclaré Gokhan Inler après le quadruplé contre Dnipropetrovsk. Un peu de jalousie ? Non. C’est juste que depuis son retour en Serie A, le Napoli a construit sa force sur le collectif, sur une équipe unie avec des joueurs qui se battent les uns pour les autres. Il n’est donc pas dans la philosophie du groupe de starifier un joueur plus qu’un autre, même si, inévitablement, des Cavani et des Hamšík sont plus médiatisés qu’un Gamberini ou qu’un Dzemaili. Et puis bon, lorsque l’on marque 80 buts en 109 matchs avec le maillot napolitain, et que l’on n’est plus qu’à 35 buts du record de Maradona, on s’attire forcément quelques regards. Et quelques convoitises.

« Oui, si on me donne 100 millions »

En effet, depuis deux ans, à chaque session de mercato, on évoque Cavani un peu partout (Real Madrid, Chelsea, City). Les deux dernières rumeurs en date : l’Atlético Madrid souhaiterait le faire venir en cas de départ de Falcao pour l’Angleterre, et Leonardo en aurait fait son objectif pour l’été prochain. « Cavani est très fort devant le but. Pour moi, il est du même niveau qu'Ibrahimović », assure Lavezzi, qui aimerait bien retrouver son ancien coéquipier sous le maillot du PSG. Mais sur le cas Cavani, son président, Aurelio De Laurentiis, a toujours été assez clair. « Cavani en vente ? Oui, si on me donne 100 millions », affirmait-il cet été. En réalité, la clause libératoire de l’Uruguayen s’élève à 63 millions d’euros, ce qui est déjà pas mal sachant que le président napolitain n'a déboursé que 16 millions pour le faire venir de Palerme lors de l’été 2010. Sa valeur marchande s’est évidemment multipliée au fil des mois et des prestations. Déjà déterminant lors de la troisième place napolitaine en 2011, Cavani est en train de tirer le Napoli vers les sommets. Il ne serait même pas un scandale d’affirmer qu’il est le meilleur joueur de Serie A avec les éternels Pirlo et Buffon.

Une thèse confirmée par Emiliano Mondonico, ancien coach du Napoli au début des années 2000. « Cavani est le meilleur attaquant au monde parce qu’il marque des buts et qu’il joue pour l’équipe. Contre le Genoa, la semaine dernière, il a effectué des interventions défensives incroyables. J’ai été stupéfait lorsque j’ai vu qu’à un moment, il était en train de défendre, et l’instant d’après, il marquait un but », a-t-il expliqué. Un attaquant moderne, en somme, qui vient se replacer, qui récupère des ballons devant sa surface et qui se projette ensuite immédiatement vers l’avant, avec un sens du but fou. La défense du Milan AC a donc du souci à se faire. Contre la Fiorentina, les Rossoneri ont fait preuve d’un laxisme ahurissant face aux attaquants viola, alors que le meilleur d’entre eux, Jovetić, était absent. On est donc en mesure de se demander comment l’arrière-garde milanaise va faire pour contenir Cavani, mais aussi Hamšík et Insigne. Mais ça, ce n’est pas le problème du matador. Lui se souvient surtout qu’il a déjà planté un triplé contre le Milan AC, alors que la charnière centrale milanaise était composée de Thiago Silva et Nesta. Alors, ce n’est pas Bonera et Mexès qui vont lui faire peur.

Suivre Eric Maggiori sur Twitter Eric Maggiori

Parier sur les matchs de Genoa

 





Votre compte sur SOFOOT.com

0 réaction ;
Poster un commentaire


0 réaction :
Poster un commentaire