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Cassano gagne le Milan

Le Collège Arbitral de la Ligue italienne a tranché : Cassano gagne son procès et reste à la Samp. Enfin non. En fait le joueur va partir au Milan AC. Imbroglio total. Epilogue d'une affaire où même le gagnant est perdant. Ou pas tout à fait.

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Ubi concordia, ibi victoria. Là où il y a discorde, il y a victoire. Et celle-ci, même si elle n'est ni glorieuse, ni joyeuse, elle est pour Antonio Cassano. Décidément, Fantantonio les fera chier jusqu'au bout. Partout où il passe, il fout la merde. Son histoire d'amour avec la Sampdoria est arrivée à son terme, quoiqu'il en soit. Mais cette fois-ci, c'est le joueur des Pouilles qui part la tête haute, ni trompé, ni bafoué. Et le pire, c'est que même la justice lui donne gain de cause. Son Président et père spirituel, Riccardo Garrone, avait envoyé son fils adoptif devant les tribunaux pour quelques insultes de trop. C'était le 26 octobre dernier. Une guerre froide qui aura duré près de deux mois. En même temps, ce n'est pas comme si Cassano en était à son premier coup d'essai. Capello - à la Roma - en avait pris pour son grade ( « T'es une merde, t'es plus faux que les billets du Monopoly » ), tout comme l'arbitre Rosetti, traité de cocu. Mais personne n'avait osé l'attaquer. Garrone oui. Et il a compris pourquoi personne ne l'avait fait auparavant. Parce que sous sa façade de bad boy imblairable, Cassano est un personnage attachant, franc, trop franc, qui a même réussi à convaincre le Collège Arbitral de sa bonne foi. Tu quoque, fili. Salopard, va.



La sentence est donc tombée hier après-midi : à partir du 1er janvier, Cassano sera réintégré dans l'effectif du club génois. Inconcevable pour son Président. Revers de la médaille, il sera suspendu jusqu'au 1er février et son salaire sera diminué de moitié jusqu'à la fin de son contrat en 2013. Soit 1,4 million d'euros annuel au lieu de 2,8. Le pauvre. Mais cette sentence sonne creux : le 30 octobre dernier, le joueur s'était excusé publiquement envers les supporters de la Sampdoria, en affirmant qu'il était prêt à réduire son salaire de moitié pour se faire pardonner. Voilà, le salaire est réduit, les tifosi sont prêts à pardonner, et Cassano est toujours, aux yeux de la loi, un joueur de la Sampdoria. Le gros lot ? Pas vraiment. Car Garrone avait été clair, même avant l'audience : «  Quel que soit le jugement, Cassano ne jouera plus jamais avec la Sampdoria » . La pseudo-victoire de Peter Pan n'y changera donc rien : le joueur gagne, mais part. Dès la sortie du procès, la question qui se posait était : trouvera-t-il preneur ? Bah oui. Il n'a pas tardé, il a mis trois heures pour le trouver et le choisir. Ce sera le Milan AC, et basta. Galliani a bouclé l'affaire hier soir dans la nuit, il n'a pas voulu attendre que la concurrence se fasse oppressante. Cassano sera rossonero jusqu'en 2014. Ibra-Cassano, Allegri va devoir assurer.



Deux problèmes sont encore à résoudre. La Samp doit toujours 5 millions d'euros au Real Madrid, total qu'elle s'était engagée à leur verser si Cassano changeait d'équipe. Or, pas certain que Garrone ait envie de débourser une telle somme, même si c'est pour ne plus entendre parler de son chouchou abhorré. La solution de secours, c'est donc que le Milan AC, profitant des bons rapports entretenus avec le Real depuis le transfert de Kakà, règle directement les comptes avec Florentino Pérez. L'autre hic, c'est la suspension infligée par le Tribunal. Celle-ci s'étend jusqu'au 1er février. Si elle est confirmée, Cassano ne pourra donc pas débuter avec le maillot rossonero avant cette date. Histoire que tout soit bien compliqué, comme d'habitude lorsqu'il s'agit d'Antonio Cassano. Une « cassanade » de plus. Certainement pas la dernière.


Eric Maggiori

Pour le plaisir, le premier but de Cassano contre l'Inter Milan avec Bari :





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