Cassano, c'est grave docteur ?

Depuis dimanche, l’Italie s’interroge. Qu’arrive-t-il à Antonio Cassano ? Victime d’un malaise samedi soir, le joueur est, depuis, hospitalisé à Milan. Et les rumeurs les plus folles se propagent : du simple virus grippal à l’accident ischémique transitoire, synonyme de fin de carrière prématurée.

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Autour de l’hôpital de Milan, c’est la cohue. Les journalistes ne sont pas les bienvenus. Pourtant ils sont là. Ils rôdent. Ils cherchent l’information. Ils attendent l’arrivée de la maman, de la femme, du médecin. Car au final, personne ne sait vraiment ce qu'il se passe. La seule chose qui se sait, c'est qu'Antonio Cassano se trouve dans une chambre de cet hôpital. Dans quel état ? On ne sait pas vraiment. Bien ? Peut-être. C’est ce que l’on veut nous faire croire, en tout cas. Certains affirment qu’il n’arrive plus à s’exprimer. Les mauvaises langues répondront qu’il n’a jamais su s’exprimer. Blague à part, les conditions d’Antonio Cassano préoccupent. Ce qui semblait être une simple nuit en observation post-malaise est en train de se transformer en un véritable chaos. Qu’arrive-t-il à Fantantonio, à Anto’, au Pibe de Bari ? Appelez-le comme vous voulez. Le fait est que tout le monde s’interroge. Médecins, neurologues, cardiologues, joueurs, dirigeants. Aux quelques affirmations viennent se mêler les plus folles spéculations. Hier, l’agence italienne ANSA affirme de source sûre que Cassano a été victime d’un accident ischémique. Silence. On attend la confirmation du Milan AC. Personne ne confirme. Accident ischémique transitoire, ce serait donc grave. Très grave. Et cela voudrait surtout dire que l’on ne reverra plus le joueur sur un terrain de football. Et si c’était vrai ?

Panique dans l'avion

Petit retour en arrière, pour mieux comprendre. Samedi soir, le Milan AC s’impose sur la pelouse de la Roma. Cassano entre en jeu en fin de match. Il semble bien en jambes. Il délivre même un caviar à Antonio Nocerino, que le milieu de terrain vendange. A la fin de la rencontre, on le voit complice avec Daniele De Rossi. Tout va bien, donc. Un peu plus tard dans la soirée, les joueurs milanais prennent l’avion pour rentrer à la maison. Selon Massimiliano Allegri, même dans l’avion, Cassano « allait très bien » . Et puis, au moment de descendre de l’engin, le joueur se sent mal. Il s’écroule. Après quelques secondes, il reprend ses esprits, mais ne va pas bien du tout. Il est transporté d’urgence à la Polyclinique de Milan.

Le lendemain matin, le médecin du club affirme que Cassano a du mal à parler et à trouver l’équilibre. Bim, bam, boum. En une nuit, le funambule du football italien se retrouve désormais confronté à des maux qui frappent en général les personnes âgées. Ou les personnes bourrées. Cassano n’est ni âgé, ni bourré. Il est peut-être un peu fou, mais rien de tout cela. Et c’est bien pour ça qu’immédiatement, la planète football s’unit autour de lui. Adriano Galliani, le vice-président rossonero, tente de calmer le jeu. « J’ai parlé à Cassano, tout va bien, il est serein » . Même son de cloche chez son agent, Beppe Bozzo, qui assure qu’Antonio « va déjà beaucoup mieux  » et qu’il n’a « plus aucun problème d’élocution ni d’équilibre » . Bizarrement, aucun membre de l’équipe médicale ne se veut aussi optimiste et rassurant.

Quand le cœur a un cerveau

Depuis, c’est l’interrogation. On voit sa femme Carolina débarquer à l’hôpital. Les journalistes tentent de l’attraper. Impossible. Puis c’est sa mère qui se pointe. Certaines caméras parviennent à immortaliser des larmes sur son visage. Preuve que tout ne va pas si bien que ça. Les médecins, quant à eux, remettent inlassablement leur jugement au jour d’après. Après. Après. Toujours après. Après la nuit. Après les examens. Des examens qui durent déjà depuis trois jours, et qui devraient encore s’étendre jusqu’à au moins jeudi. Hier soir, vers 21h, l’ANSA parle donc d’un accident vasculaire. Antonio serait passé tout près de la mort ? Le Milan AC dément immédiatement. « Antonio est en nette phase d’amélioration » assure le club dans un communiqué officiel, tandis que son coach, Allegri, s’insurge contre « ceux qui disent des choses fausses sur Antonio » .

Et pourtant, d’autres sources viennent appuyer la thèse d’un accident bien plus grave qu’un simple malaise. Au cours de sa célèbre émission Processo, sur la chaîne 7 Gold, Aldo Biscardi, ami proche de Berlusconi, lâche des confidences que lui aurait fait le Cavaliere. « Berlusconi m’a dit qu’Antonio allait être opéré du cœur » assure-t-il. Le cerveau. Le cœur. Toutes les hypothèses circulent. Et même les médecins le plus renommés du pays y vont de leur petite suggestion. « Un accident vasculaire ischémique transitoire vient d’une carence en oxygène dans la partie du cerveau où arrive le sang. Dans le cas d’un joueur de foot comme Cassano, il peut s’agir, par exemple, d’une perte de liquide cérébro-spinal » déclare le docteur Dario Caldiroli, spécialiste des maladies cérébraux-vasculaires, et qui s’est, entre autres, occupé de Christian Chivu après son traumatisme. Mille versions, pour, au final, une seule réalité : personne n’en sait rien.

Maintenant bats-toi

Alors, dans l’attente, chacun y va de son petit mot. Francesco Totti a affirmé qu’il « attendait Cassano pour le match retour entre le Milan AC et la Roma » . Diego Milito, Alessandro Del Piero, Claudio Ranieri : tous s’unissent à l’actuel malheur qui frappe l’enfant terrible. Même Ronaldo, sur sa page Twitter, lui envoie son soutien. Car Antonio, malgré ses frasques, ses cassanades, reste un joueur attachant. Voilà pourquoi une peur plane actuellement autour de son état de santé. Si accident ischémique il y a réellement eu, il devra tirer un trait sur sa carrière de joueur. Et c’est un moindre mal. D’autres, comme le Japonais Naoki Matsuda, il y a quelques semaines, y sont restés.

Si les examens effectués ces jours-ci prouvent en revanche que Cassano n’est atteint que d’un petit virus, ou d’une énorme fatigue, ou autre, il pourra progressivement reprendre une activité normale. Ce que l’Italie espère. Car après avoir perdu Giuseppe Rossi (rupture des ligaments croisés du genou), Cesare Prandelli comptait sur Cassano pour être son phare en vue de l’Euro 2012. Objectivement, cela semble aujourd’hui difficile. Même si Anto’ est un habitué des miracles. Comme ce 18 décembre 1999, lorsque, pour son deuxième match en Serie A, il inscrit un but d’anthologie contre l’Inter Milan, en humiliant Laurent Blanc et Christian Panucci. Il avait 17 ans, et n’avait déjà peur de rien. Ce n’est pas dans une chambre d’hôpital que cela va changer.

Eric Maggiori
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Bonne chance à lui, un type pas des plus intelligens mais un joueur fantastique! :)
Je vois pas bien comment tu peu dire qu'il n'est pas très inteligent.. tu as déja discuté avec lui????
Cassano est bien plus intelligent que tu le penses ;)
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