Casillas, de grands adieux par une petite porte

Vingt-cinq ans plus tard, le mot fin est apposé à l'histoire d'Iker Casillas avec le Real Madrid. Une fin douloureuse qui n'a pas permis à San Iker de recevoir l'hommage qu'il mérite. Ou comment son Real perd la tête, et la mémoire.

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En inactivité depuis la dernière réception du voisin Getafe, le Santiago Bernabéu n'est dépoussiéré que par les pas de badauds en vacances, friands du spectacle proposé par le musée merengue. Après s'être extasiés devant quelques gadgets technologiques et les nombreux souvenirs d'un siècle d'existence, ils arrivent dans la salle des trophées. Aux dix Coupes d'Europe de la maison s'ajoutent trente-deux championnats nationaux : les vacanciers dégainent leurs appareils photos et mitraillent la centaine de breloques dorées. La Novena intéresse tout particulièrement les socios madridistas - pour qui la visite ne coûte rien. Plus que la volée passée à la postérité de Zidane, les parades miracles d'un second gardien alors en mal de confiance restent gravées dans la mémoire collective blanche. En devenant San Iker en ce soir pluvieux écossais, le jeune Casillas vient de se faire une place dans l'histoire légendaire du Real Madrid. Une place à laquelle il sera toujours loyal, contre vents et marées, et droit. Même en ce dimanche midi, dans une salle de presse sentant le renfermé, ses larmes sont remplies de dignité. Des adieux à l'image de « l'homme plus que du joueur » , mais très loin de la grandeur de ce club.

« Je continuerai de crier : Hala Madrid »


« Qu'importe où j'aille, je continuerai de crier : Hala Madrid. » À une fin de phrase près, la conclusion du discours d'adieux d'Iker Casillas ressemble à celle de son ami Xavi qui, quelques semaines plus tôt, quittait lui aussi son club de toujours, le FC Barcelone. Le parallèle est inévitable, entre ces deux frères de sélection et rivaux domestiques. Entre un fanion catalan qui se considère « Mes que un club » et une institution madrilène qui se veut « plus grand club de l'histoire » , les deux mastodontes ne boxent pas dans la même cour lorsqu'il s'agit de rendre hommage à ses légendes vivantes. Aux quelque 90 000 personnes présentes au Camp Nou pour rendre un dernier hommage au Pelopo, le Santiago Bernabéu répond par une enceinte creuse. Bis repetita lors des adieux derrière un pupitre : lorsque les Blaugrana remplissent une salle avec des vieilles gloires du club ainsi que tous les proches de Xavi, le Real peine à remplir sa salle de presse de journalistes - pour la plupart stagiaires d'été. Pis, aucun dirigeant ne prend place dans l'hémicycle, laissant Casillas seul à sa tristesse. La comparaison, aussi subjective soit-elle, est lourde de sens.

« Florentino n'aime que ce qu'il achète. Si, lorsqu'il achète Bale, il découvre qu'il vend moins de maillots que mon fils, alors il va faire tout son possible pour que le public souhaite plus de produits de l'autre. Casillas a toujours été une icône du madridismo et il faut bien le discréditer pour que d'autres soient plus aimés. Cela s'appelle le marketing. » Les parents de San Iker ont une explication toute personnelle aux maux de leur rejeton, « qui souhaitait prendre sa retraite au Real » . Le départ de leur Iker vers d'autres cieux ibères relève bien, en partie, des choix du président blanc. Ou des non-choix. Comme en décembre 2012, lorsque José Mourinho l'envoie sous la guérite de Málaga. Le diplomate Ancelotti a bien tenté de recoller les morceaux, optant pour une mi-temps à partager entre Iker et son concurrent Diego López. Mais, toujours, l'ombre du señor Pérez traîne dans les parages et ne prend jamais la défense de l'un des étendards du madridismo. Ce même madridismo qui pousse Iker à se taire, à ne pas s'emporter, à rester digne et, surtout, à respecter l'héritage de Raúl, Valdano, Butragueño ou Hierro.

Raúl, un hommage qui a attendu trois ans


Qu'est-ce que le style du Real Madrid ? « C'est de gagner » , rétorque à qui veut l'entendre l'actuel président merengue, élu pour une seconde fois par des socios sans choix. Le style madridista se veut également classieux et respectueux, envers ses adversaires, mais surtout envers les siens. Là encore, le Real ne sait y faire avec ses vieilles gloires - hormis Alfredo Di Stéfano, en son temps nommé président d'honneur. Gutti, Butragueño, Sanchis, Hierro… Tous sont sortis par la petite porte. Idem pour Raúl, meilleur buteur et joueur le plus capé de l'histoire, qui a dû attendre trois ans après son départ pour se voir octroyer un hommage à la hauteur de sa carrière. Tous ces hommes font partie du patrimoine du Real Madrid, considéré il y a peu comme un club de seigneurs et de canteranos. Et quel plus beau mythe qu'Iker Casillas, sa naissance à Mostoles, ses 725 matchs, son arrivée à l'âge de neuf ans, ses trois Ligues des champions, ses parades folles, cette classe de tous les instants pour expliquer quelle est la grandeur du Real Madrid ? Aucun, et sûrement pas Florentino Pérez.

Par Robin Delorme, à Madrid
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Dans cet article

MisterGeorges Niveau : Loisir
C'est vrai que ce départ est vraiment glauque, mais je pense que les torts sont partagés.

Guti malgré son génie pour la passe n'a jamais réussi de saison pleine au Réal donc le mettre dans les historiques me parait éxagéré.

Hierro et Raul comme Casillas ont fait une ou deux saison de trop.
Dans un club aussi compétitif, quand ils ont vu leur niveau baisser sensiblement, tous ces joueurs n'ont pas accepté de perdre leur place de titulaire pour pouvoir tranquillement finir leur carrière au club.

Tout les clubs ne peuvent pas faire comme la Roma et laisser leur joueur historique titulaire à 40 ans. (Et pourtant j'adore vraiment Totti)
Foxinzechiken Niveau : District
les que un club
Florentino, chaque jour qui passe tu insultes un peu plus le football. Cette diagonale du fou dans laquelle tu t'es engagé conduira à ta perte.

Signé : un supporter de 20 ans du Barca qui ne te respectera jamais, mais qui a admiré Redondo plus qu'aucun joueur Catalan.
Note : 9
Raul n'a pas fait une saison en trop sinon Mourinho ne serait pas parti dans le bureau de F.Perez pour avoir un attaquant supplémentaire quand il a eu Adebayor au mercato hivernal.

Ce n'est pas seulement le départ le problème c'est aussi son traitement ces dernières années. Les madrilènes me diront que le club est plus grand que n'importe quel joueur mais il y a des façons.
Raul ça m'avait brisé, Casillas ça m'a achevé...

Quelle manque de classe et de reconnaissance putain !
Sidney G'Ovule Niveau : Loisir
Message posté par aerton
Florentino, chaque jour qui passe tu insultes un peu plus le football. Cette diagonale du fou dans laquelle tu t'es engagé conduira à ta perte.

Signé : un supporter de 20 ans du Barca qui ne te respectera jamais, mais qui a admiré Redondo plus qu'aucun joueur Catalan.


ha ha ha ^^

Les "supporters" français de gros clubs étrangers se prennent vraiment trop au sérieux

Relax, Jean-Philippe.
Message posté par Sidney G'Ovule


ha ha ha ^^

Les "supporters" français de gros clubs étrangers se prennent vraiment trop au sérieux

Relax, Jean-Philippe.


D'oú tu tiens que je suis Français?
mackallaway Niveau : CFA2
De toute manière, Perez est à l'image de sont entreprise de BTP : du marteau piqueur, du marteau piqueur et du marteau piqueur.

Le mec, à part mettre des chiffres sur un chèque, il n'y connait rien au football. Il s'est séparé de Del Bosque qui était adoré des joueurs (idem pour Ancelotti), n'a pas prolongé un cadre qui était le pilier de l'équipe (Make) et a bien faillir pourrir la carrière d'entrainer de Zidane (à la tête de l'équipe première). Acheter CR7, tout le monde peut le faire et connait son niveau, mais pour valider tout une équipe de bras cassés comme les Faubert, Gravesen, Adebayor ou autre, tu es le roi Florentino!

Que Casillas parte, ok, maus au moins, tu peux organiser une conférence de presse façon anniversaire quoi.
Sidney G'Ovule Niveau : Loisir
Merde merde

un catalan

¡Ay de mi!
PenoIndirect Niveau : Loisir
Message posté par mackallaway
De toute manière, Perez est à l'image de sont entreprise de BTP : du marteau piqueur, du marteau piqueur et du marteau piqueur.

Le mec, à part mettre des chiffres sur un chèque, il n'y connait rien au football. Il s'est séparé de Del Bosque qui était adoré des joueurs (idem pour Ancelotti), n'a pas prolongé un cadre qui était le pilier de l'équipe (Make) et a bien faillir pourrir la carrière d'entrainer de Zidane (à la tête de l'équipe première). Acheter CR7, tout le monde peut le faire et connait son niveau, mais pour valider tout une équipe de bras cassés comme les Faubert, Gravesen, Adebayor ou autre, tu es le roi Florentino!

Que Casillas parte, ok, maus au moins, tu peux organiser une conférence de presse façon anniversaire quoi.


Aareuu ..arreuuu...
"Vuelve la ilusión" qu'il disait, ce type me fait vomir. Il se décrit comme le supporter nº1 du club mais crache sur les joueurs qui ont fait l'histoire du Real.
L'expulsion de Valdano pour faire plaisir à Mourinho est emblématique de sa vision, adieu les valeurs historiques du club, place au style degueulasse si c'est nécessaire pour gagner. Et merci au passage la presse partisane à sa main pour convaincre l'opinion de la justesse de ses choix.
Son premier Real galactique c'était une équipe totalement déséquilibrée qui a gagné au début, sur ses acquis, avant de s'effondrer lamentablement.
Le bilan de son second mandat est sauvé par un coup de boule miraculeux à la 93' et une Décima très bien vendue aux madridistes.
Mais vu qu'il n'existe pas de concurrent crédible, il n'y a plus qu'à patienter.
Certes le Real manque cruellement de classe sur ce coup là et aurait pu gérer la situation de bien meilleure manière, mais Iker a aussi sa part dans la situation, il faut pas l'oublier :

- Cette année, Iker aurait pu jouer le rôle de passe-flambeaux à un De Gea (par exemple, du coup autant au Réal qu'en selection) mais est-ce qu'il aurait accepté le banc ou un rôle moindre de doublure alors qu'il a poussé Diego Lopez (qui était meilleur que lui à l'époque et qui est aussi un canterrano) s'enterrer au Milan AC et qu'il a été fait de même avec Keylor Navas qui est en train de croupir alors qu'il avait fait une super coupe du monde ?

- Iker aurait pu avoir des adieux à la Xavi l'an dernier mais encore aurait-il fallu qu'il souhaite "arrêter" (dans le sens d'au moins laisser la place de titulaire, j'entends), ce qui n'était pas le cas. Les Madridistas ont un respect immense pour lui mais tous disent qu'il auraient du arrêter l'année dernière et même mieux qu'il aurait du arrêter après la Decima qui aurait été une sortie magnifique. Le cas des légendes de club est toujours compliqué mais on l'a vu avec Xavi ou Pirlo qu'il est aussi possible de partir au bon moment sans (trop) ternir son héritage ce que Casillas n'a pas su faire.

- Iker a toujours eu (légitimement) un poinds énorme dans le vestiaire (en selection pareillement) mais aussi médiatiquement en sortant des infos (entre autres, à sa femme journaliste) surtout dans la période de Mourinho. La presse Madrilène d'ailleurs (Marca en tête) a toujours été pro-Casillas et lui a toujours réserver un traitement de faveur en évitant de lui mettre la tête sous l'eau dans les périodes difficiles et en le portant aux nues au moindre arrêt basique alors qu'elle n'hésite pas à enfoncer ses concurrents à la moindre erreur.

Le faire passer pour une victime absolue est quand même un peu facile car il a quand même un rôle dans la situation d'aujourd'hui. Mon impression, c'est que le Réal souhaitait renouveller le poste de gardien mais que Casillas ne voulait pas laisser la place, ni même se mettre en retrait. C'est franchement pas noble ce que Perez et le Réal ont fait mais peut-être que c'était la seule solution à un problème difficile au vu du poids important de Casillas dans l'histoire du club et de son aura médiatique...
FourThreeThree Niveau : CFA
casillas est une légende

mais son comportement depuis qu'il a été mis sur la touche est exécrable

On critique Ronaldo en disant qu'il est une diva mais Casillas l'est bien plus et a foutu un bordel sans nom avec sa femme qui s'est quand même permise de tailler ses coéquipiers en épargnant son mari dans ses articles

Dès qu'il est passé sur le banc toutes les histoires du vestiaire ont finis dans la presse et il était plus au niveau depuis longtemps

Diego Lopez était bien meilleure mais Casillas a fait le forcing et ça c'est loin d'être classe

La vraie classe c'est savoir passer le flambeau sans s'accrocher quand on a plus le niveau pour être titulaire
Ahah tellement drôle l'article manichéen au possible.
Les salauds du Real face à l'agneau Casillas.
Robin, t'es Casillista, Raulista, ou MADRIDISTA ?

C'est insupportable cette façon de traiter ces sujets avec une vision unilatérale.

Bref, de toute façon ceux qui veulent chier sur le club n'ont pas besoin d'une raison supplémentaire pour le faire.

Perez fait des erreurs aucun doute, on s'éloigne de l'âme du club qu'on recherche, mais dans cette affaire les torts sont plus que partagés je vois pas comment on peut faire semblant de l'ignorer. Et c'est plus grosse erreur est de ne pas l'avoir poussé vers la sortie l'année dernière.

Personnellement, je m'en contrefous des départs avec des tribunes pleines et larmoyantes, si tu veux ce type de départ tu annonces avant le dernier match de la saison que tu pars. Si ça fait à l'intersaison, que tu grattes jusqu'à la dernière thune, que tu t'embrouilles avec le président et refuse un hommage par orgueil, et bien il n'y a aucune raison d'être plaint ensuite.
Le seul truc qui compte, c'est que c'est simplement un au-revoir, pas besoin d'en faire une tonne, car ce n'est pas la fin de sa carrière, et parce qu'il aura tout loisir de revenir à la maison et continuer l'aventure dans l'organigramme du club comme Hierro, Butragueno justement QUAND il raccrochera les crampons.

Sur ce, je m'exprimerai plus là-dessus, ça me fatigue. Quand D.Lopez a été poussé vers la sortie tout le monde en mettait plein la tronche d'Iker, maintenant il a récupéré le beau rôle, forcément, c'est le méchant Real en face (qui lui a tout donné dans sa vie jusqu'à présent, rien que ça).

PS : Le Guti avec deux 't' c'est non.
Note : 1
"menos que un club"
Vous êtes super drôles avec vos blagues vues et revues.
A celui qui va sortir la best(ou niet).

C'est "mes" qu'une blague par contre... Juste la realité !
Casillas est certainement critiquable mais force est de constater que ses adieux au club sont d'une tristesse !
Comparons simplement avec les clubs milanais qui savent dire au revoir à leurs grands joueurs en fin de saison, au stade, avec respect. Même Figo qui n'avait joué que sa fin de carrière à l'Inter a eu droit a une très belle acclamation à San Siro pour son dernier match !

Bref je trouve ça assez dommage pour Casillas, surtout que ces marques de reconnaissance envers les icônes du foot sont les seules choses qu'il nous reste pour sauvegarder un peu le côté humain et l'histoire d'un sport de plus en plus aseptisé. J'en fais ptet' un peu trop mais franchement on a l'impression que Casillas passe à la trappe pour De Gea sans passage de flambeau et c'est moche pour une institution comme le Real.
Comparé avec l'accueil de Cristiano à Bernabeu pour lequel il ne manquait que les feux d'artifice et les pyrotechnique c'est ridicule...
Jemincruste1 Niveau : CFA
On reconnait la grandeur d'une institution à la façon dont elle traite ses ambassadeurs.

Car l'un ne va pas sans l'autre.

Même s'il a été moins bon depuis quelques temps, qu'il s'est embrouillé avec des membres du club, qu'il a voulu touché un chèque de départ (légitime non ?) et qu'il a refusé un hommage marketé F. Perez, on parle d'Iker Casillas merde.

Je sais pas, où est le peuple madrilène dans cette histoire ?

Beaucoup opposent Casillas au Real comme l'ami MerenGone, mais Casillas EST le Real, comme Raul l'était en son temps.

Bref, la maison blanche s'apparente toujours plus à une maison vide.
Tu fais bien d'évoquer les clubs milanais, dois-je te rappeler ce qui s'est passé pendant les adieux de Paolo Maldini ?
Je pense pas...

Bernabeu, l'unique public d'ingrats hein.
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