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« Casillas, c'est le Madrid des bars où les vieux vont jouer aux dominos »

Seul gardien du Real à - pour l'instant - avoir soulevé une coupe (du Roi), Casillas vit peut être son dernier match de la saison sous le maillot madrilène. Enfant de la capitale espagnole, San Iker tient tout à la fois du gendre parfait et du bon fils à sa maman. Mais pour les Madrilènes, qu’ils soient merengues ou colchoneros, de gauche ou de droite, femme ou homme, que représente vraiment Iker ?

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Pablo Elordui, activiste des Indignés et membre du conseil éditorial de Diagonal

« Je suis né à Madrid. Autant te dire qu’ici, ou plus généralement en Espagne, si tu n’es pas du Real, tu le détestes. Avec les succès de Barcelone ces dernières années, les supporters culés sont devenus plus nombreux. Quand j’étais petit, c’était le Real. Que le Real. Quand j’allais au basket voir l’Estudiantes, le Real venait toujours gagner. Ce club a toujours été ce que je déteste dans le sport et même dans la vie. Malgré cela, Iker Casillas a toujours été l’une des personnes les moins « nocives » pour les personnes qui ne sont pas Madridistas. C’est un peu comme Raùl, sauf qu’Iker a pour lui d’avoir soulevé la Coupe du monde. Dans un pays de foot comme l’Espagne, ce n’est pas rien. Avant ce Mondial, nous le tolérions. Désormais, on le regarde différemment, avec admiration presque. Il n’a aucune connexion avec la politique, il s’en est exclu lui-même. Plus qu’un enfant de Madrid, Iker est un enfant de Castille. C’est une manière de vivre à lui seul. Une manière qui se perd à Madrid. Sociologiquement, Madrid vit de grands changements. Son agglomération s’agrandit pendant que les gens du cru, d’ici, perdent en nombre. Casillas, c’est le Madrid d’avant. Le Madrid des bars, où les vieux vont jouer aux dominos tout en débattant de tout et de rien. Tout ça, c’est le Real de Mendoza, de la Quinta del Buitre. Ça n’a rien à voir avec le Real de Florentino Pérez. Casillas, c’est un lien entre ce vieux Madrid et le nouveau. D’un côté, c’est un enfant d’ici, très fier d’être de Mostoles. Et de l’autre côté, il fait beaucoup de publicité, de marketing : il est bien plus universel. C’est un dinosaure qui a su évoluer avec son temps. »

Carmen Colino (journaliste à As et auteur d’une biographie de Casillas)

« Casillas représente l’écusson du Real Madrid. C’est une personne qui, par sa vie et son histoire, représente ce qu'est le Real Madrid. Il s’est fait repérer dans un tournoi « social » où il y avait 300 enfants. L’un des entraîneurs du Real qui y étaient m’avait dit qu’un seul pourrait arriver à jouer avec l’équipe première. Un seul y est arrivé, Casillas. Cela fait désormais 14 ans qu’il y est. Il a tout gagné avec ce club, il a tout gagné avec la Roja. Il est capitaine de ces deux équipes. Personne ne peut douter de lui. C’est un symbole du madridismo, sans doute le plus grand de toute l’histoire. Plus qu’un ambassadeur de Madrid, c’est un ambassadeur de l’Espagne. L’image de lui en train de soulever la Coupe du monde en Afrique du Sud suffit. Combien de personnes peuvent se targuer d’avoir soulevé un trophée Jules Rimet ? Très peu. Avec Rafa Nadal et Pau Gasol, c’est le troisième sportif le plus apprécié d’Espagne. Casillas a fait beaucoup de missions humanitaires en Afrique. Des enfants qui n’ont pas même la télévision prenaient sa main. Ils voulaient se "connecter", comme si le simple fait qu'il les touche les rendait heureux. Après, lui se veut un ambassadeur de Mostoles. C’est une ville du sud de Madrid, une ville dortoir, d’ouvriers. Sa mère tenait un salon de coiffure là-bas, son père était fonctionnaire. Il a toujours été très fier de venir de là-bas. En 2002, il répétait : "Je ne suis pas un Galactique, je suis de Mostoles." Casillas est une personne très humble. La plus humble qu’il existe dans un vestiaire. Il n’a jamais oublié d’où il venait. C’est toujours le même gamin de Mostoles, il a toujours les mêmes amis, va toujours dans les mêmes restaurants. Pour toutes ces raisons, les gens se sentent proches de Casillas. Il y a un peu de Casillas dans tous les Madrilènes. Par exemple, Lucas Zidane est aujourd’hui gardien car depuis tout petit, il voyait Casillas s’entraîner. En Espagne, aujourd’hui, des milliers d’enfants veulent être gardiens pour être comme Casillas. »

Paco Buyo, ancien gardien du Real Madrid

« Pour moi, c’est avant tout un gardien, un très grand gardien. Je suis bien placé pour l’affirmer, rester aussi longtemps gardien du Real Madrid, c'est quelque chose d'incroyable. C’est l’un des plus grands joueurs de l’histoire de ce club, si ce n’est le plus grand. Pour tout ce qu’il a conquis, pour tout ce qu’il a donné, pour ses valeurs. Ses valeurs sont celles du Real Madrid, ou en tout cas, celles que devrait tout le temps afficher le Real Madrid. C’est quelqu’un qui lutte, qui travaille sans relâche. Sa manière de voir le travail est la plus proche des gens. C’est un ambassadeur parfait pour Madrid. Déjà, c’est une référence sportive du Real. Ensuite, c’est un personnage public qui ne divise pas. Il fait toujours consensus. Mais plus que Madrid, c’est un ambassadeur de l’Espagne dans le monde entier. Il a une image fantastique. Je ne connais personne qui puisse dire qu’il n’aime pas Casillas. Ce n’est pas un faux modeste, il est vraiment humble. Ce n’est pas un rôle. En tant qu’ancien sportif, je mettrai en avant ses qualités sportives. Sans elles, on ne serait pas en train de parler de son importance au-delà du sport. Même si en tant que personne, il mérite tout le respect. »

Gerardo, barman du Baztan de la Plaza Dos de Mayo

« Pour moi, c'est le meilleur gardien qu'a eu l'Espagne. Même si je suis de l'Atlético, je suis obligé de l'avouer. C'est une personne très humble, du peuple. Ce serait bien si le Real Madrid n'avait que des joueurs comme lui. Les autres viennent principalement pour l'argent. Lui, non. Il est du Real depuis toujours. Ce qui le rend si grand, ce n'est pas l'équipe pour laquelle il joue, ce sont ses valeurs. Et comment ne pas l'aimer quand tu es espagnol ? Le Mondial, c'est lui qui nous le fait gagner. Sans sa parade face à Robben en finale, ou le penalty qu'il arrête en huitièmes de finale face au Paraguay, on ne serait pas sur le toit du monde. Sans ses parades lors de la séance de tirs au but contre l'Italie, pareil, on n'aurait jamais remporté l'Euro en 2008. C'est un travailleur, humble, comme les gens de Madrid et plus généralement d'Espagne. La seule chose qui lui manque, c'est de ne pas jouer pour l'Atlético. Blague à part, les valeurs de Casillas sont plus proches de l'Atléti que celles du Real. Nous sommes des gens humbles. Lui aussi. »

Propos recueillis par Robin Delorme, à Madrid
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