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Casemiro, le bossu de notre Zidane

Il n’est ni le plus beau, ni le meilleur, ni le plus fort, mais il est en train de s’imposer comme le pion essentiel du dispositif de ZZ. Lui, c'est Casemiro. Présentation.

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À chaque ballon touché de Messi, il est là. Pareil avec Suárez et Neymar. En fait, il est de partout. Buste relevé, bien sur ses appuis, prêt à s’adapter à n’importe quelle folie de la Pulga, Casemiro est sans conteste l'homme de ce Clásico. Face au redoublement de passes impulsées par Iniesta, Busquets et Rakitić, le Brésilien a su rester calme, patient et se retrouver bien trop souvent au milieu du tiki-taka catalan. Si les Merengues se sont retrouvés acculés en première mi-temps, ils n'ont jamais craqué. Et ça, ils le doivent en partie à leur bouche-trou de métier. Au total, Casemiro, c’est quatorze ballons récupérés, un déchet minimal, une majorité de passes vers l'avant. Bref, l'homme providentiel pour Zizou.

La cave avant la lumière


Mais Carlos Henrique Jose Francisco Venancio Casimiro - effectivement, c’est plus simple de l’appeler Casemiro - n’a pas toujours été le premier choix de Zidane. Déjà Benítez ne l'appréciait pas plus que ça. Et puis, on se souvient surtout qu’à son intronisation, ZZ hésitait entre James et Isco sans jamais évoquer le Brésilien. Mais à force de déceptions, de tergiversations, il s’est décidé à installer le tank au milieu de son terrain. Ça a pris deux mois. Janvier et février à nier l'évidence, ce que Zidane a plus ou moins avoué à Marca : « Il ne jouait pas beaucoup, mais je lui disais que l’important était de travailler. Je sais qu’il a les qualités pour jouer » , pour finalement se rendre compte qu’il était essentiel à l’équilibre de l’équipe. Depuis la petite passe à vide de mi-février, un nul et une défaite face à Málaga et l’Atlético, le Real Madrid a enchaîné six victoires, vingt buts marqués pour seulement quatre encaissés. Et à chaque fois, il était sur le terrain au coup d'envoi.


Une coïncidence ? Peut-être bien que oui. Peut-être bien que non. En tout cas, après la victoire contre le Barça, l'importance de l'ancien bossu de Zidane s'est révélée au monde entier. Il a permis à Kroos et à Modrić de se concentrer sur les relances et sur le rythme à imposer contre, son entraîneur était bien obligé de l'admettre : « Casemiro a eu un rôle fondamental dans cette victoire, c'est certain. Mais je ne peux pas mettre en évidence un joueur parmi tous les autres. Forcément, on retient les buteurs qui font la différence devant, mais défensivement, les joueurs ont été parfaits et ont réalisé un énorme match. Nous avons parfaitement géré la rencontre. Bien sûr, je suis très heureux du rôle de Casemiro, qui a su stabiliser l'entrejeu, mais je suis également heureux du travail de ses partenaires. » Ce qui sonne comme le plus beau des compliments dans la bouche de la plus réservée des légendes du foot.


Louanges d'un adversaire


Alors oui, il a aussi des défauts. Il apporte peut-être moins de folie offensive, il est peut-être moins élégant qu’Isco, moins fougueux que James, dans une équipe que l'on veut toujours être aussi galactique. Mais à l’image de Busquets au Barça, il faut parfois un contrepoids tactique pour équilibrer la force des Madrilènes. Christian Karembeu le prévoyait en début de saison quand Benítez était encore aux commandes : « J'aime beaucoup Casemiro. C'est un milieu de terrain très fort et je crois qu'il va devenir une pièce importante dans cette équipe. » Mais la plus belle des preuves de cet amour nouveau vient d'un adversaire, Diego Simeone, qui a tressé des lauriers au garçon en conférence de presse le lundi 4 avril, la veille de son quart face au Barça : « Le Real Madrid avec Casemiro est beaucoup plus équilibré qu’avec James ou Isco. Il a pu profiter des caractéristiques des joueurs offensifs, notamment en seconde période, alors que jusque-là le FC Barcelone avait bien joué. » Technique de drague ou simple constatation, en tout cas, la vérité sort souvent de la bouche du Cholo.

Par Ugo Bocchi
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