Casanova : « Améliorer notre jeu »

Alain Casanova est un amoureux du TFC. L'ancien gardien de Marseille entame sa troisième saison sur le banc toulousain tout en se foutant toujours autant des préjugés sur le style défensif de son groupe. Conscient des lacunes montrées par son équipe l'an dernier, il désire proposer un peu plus de jeu pour cette année.

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Une victoire contre Brest, deux buts marqués, zéro encaissé et voilà Toulouse second de Ligue 1. C'est que du bonheur non ?

Effectivement, c'est un bon début de championnat, un bon résultat mais la manière ne me plaît pas trop. Il y a encore des choses à perfectionner. Mais nous sommes heureux d'avoir gagner ce match car nous savons l'importance de la première rencontre dans une saison. Ce résultat nous enlève une sorte de pression. L'important était de rester dans la bonne dynamique de cet été et de valider notre excellente préparation. C'est chose faite, à nous de continuer.

Chaque année, Toulouse est présent en Ligue 1 mais on ne connait jamais véritablement les ambitions du club. Quels sont vos objectifs de cette année ?

La première chose est d'essayer de faire mieux que la saison passée. La seconde, c'est de produire une meilleure qualité de jeu et enfin le troisième objectif est d'obtenir un état d'esprit irréprochable dans l'engagement sur le terrain. Car les attentes du public sont nombreuses. Nous sommes dans une période de souffrance, de crise. Le football français a été touché par ce qui s'est passé en Afrique du Sud. Nous à Toulouse, nous n'avons pas attendus les problèmes du Mondial pour faire de toutes ces solutions notre cheval de bataille.

Le jour de votre signature en mai 2008, vous avez déclaré vouloir vous rapprocher du jeu de mouvement appris aux côtés d'Érick Mombaerts. Avez-vous réussi ce pari ?

Ce jeu de mouvement est un projet de longue haleine. C'est même un chantier perpétuel et nous sommes encore en plein dedans. Nous ne sommes pas arrivés au maximum de nos capacités. Il reste du chemin à parcourir et beaucoup de choses à améliorer, techniquement et tactiquement.

On a reproché à Toulouse son football ennuyant avec une équipe coupée en deux et Gignac seul en pointe...

(Il coupe) Les gens pensent ce qu'ils pensent, ça m'importe peu et ça m'arrange bien même. Personnellement, je sais ce que je dois demander à mes joueurs. Nous sommes un groupe, c'est trop réducteur que de dire que nous jouons avec un seul avant-centre.

L'an dernier, vous avez connu des problèmes de gardien. Cette année, vous démarrez la saison avec Mathieu Valverde, pourtant blacklisté la saison passée, qui supplée Yohan Pelé encore blessé. Comment avez-vous fait pour le remotiver ?

Déjà, Mathieu Valverde possède une certaine expérience. Il a été champion de France avec les Girondins de Bordeaux et a participé à la Ligue des Champions. Ce n'est pas un novice au plus haut niveau et il a du potentiel. C'est vrai qu'il a vécu une période difficile à Boulogne mais il a été satisfaisant et a répondu présent à Toulouse. Il est là pour remplacer Yohan Pelé qui reste le portier numéro 1. Et il le sait très bien.

Seulement 14 000 spectateurs ont assisté à Toulouse-Brest samedi dernier. Pourquoi les gens boudent le Stadium ?

Je ne sais pas si vous avez regardé mais tous les stades de Ligue 1 ont été en souffrance lors de la première journée. Nous sommes en plein été, les stades ne font pas le plein, à part peut-être les enceintes proches de la côte. Les gens désertent un peu le football et partent à l'océan ou à l'étranger. Il existe actuellement une crise économique, footballistique. Les Français sont dans l'expectative et à Toulouse, les personnes sont déçues de la saison dernière, des performances de nos joueurs ainsi que des résultats. A nous de pratiquer un football cohérent pour que le peuple ait de nouveau envie de venir au Stadium.

C'est cette crise économique qui vous a freiné pendant les marché des transferts ?

Nous sommes comme tous les clubs. Nous avons besoin de vendre avant d'acheter. Mais nous n'avions pas de grands besoins. Le plus urgent était d'obtenir un arrière droit et nous l'avons eu (Adrian Gunino, ndlr). Je souhaitais avant tout garder l'ossature de l'équipe et je suis très satisfait d'avoir pu conserver mes joueurs. Que ça soit Étienne Didot ou André-Pierre Gignac.

Vous entamez votre troisième saison avec le TFC, la quinzième dans le staff. Quelles sont vos ambitions personnelles ? Amener Toulouse au plus haut niveau puis partir dans un club plus huppé ?

Mes ambitions sont calquées sur celles du club : c'est-à-dire faire la meilleure saison possible, avec un jeu plus efficace. Je dois moi aussi essayer de donner une bonne identité au club avec des valeurs qui me sont chères. Depuis deux ans, je m'attache à renvoyer une bonne image et un style propre à mon équipe. Ce sont souvent les résultats qui valident tout ça.

Vous êtes conscient que l'image de votre club est basée sur la défense ?

C'est une étiquette que l'on nous donne. On nous catalogue "équipe défensive" peut-être parce que nous avons terminé meilleure défense en 2009 et seconde meilleur défense en 2010... Aujourd'hui, comme pensent beaucoup d'entraîneurs, nous devons avant tout bien défendre pour pouvoir faire des résultats. Mais il faut également produire du jeu et mettre en pratique les principes sur le terrain. Je suis très bien à Toulouse, je m'inscrit dans un projet et je suis concentré sur mes principes. Il faut continuer et améliorer notre jeu.

Propos recueillis pas Romain Poujaud

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