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Carteron : « Si tu mets un entraînement à 10h du matin, tu ne vas pas te faire que des amis »

Ce soir, Patrice Carteron, (46 ans) nommé en janvier dernier entraîneur d’Al-Nassr Riyad, un des plus grands clubs saoudiens, va disputer la Coupe du Prince face à Al-Ittihad Djeddah. L’ancien coach de Dijon, qui vit en Arabie saoudite sa quatrième expérience à l’étranger après le Mali, la RD Congo et l’Égypte, semble vraiment avoir un faible pour ces destinations que l’on dit exotiques.

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Alors, Ryad, c’est comment ?
Quand je suis arrivé, il ne faisait pas très chaud, il pleuvait souvent. Là, il fait 20-25°, c’est agréable... Je découvre peu à peu la ville. C’est très grand (quatre millions d’habitants, ndlr), même si, à côté du Caire, ce n’est pas la même chose. C’est moderne, avec beaucoup de malls, ces centres commerciaux gigantesques. La capitale a un côté assez traditionnel semble-t-il... On m’a dit que des villes comme Djeddah ou Dammam bougent un peu plus. Et le week-end, beaucoup de Saoudiens partent à Dubaï faire la fête. Ce qui est assez appréciable, quand tu viens du Caire, où la circulation est un bordel monstre, c’est la relative facilité de se déplacer. Il y a de larges avenues, un peu à l’américaine. Cela fait un peu moins de trois semaines que je suis là, et j’arrive à me débrouiller assez facilement. Je vais me faire un petit resto de temps en temps, surtout pour manger local.

Vous vivez en centre-ville ?
Non, on m’a installé dans une zone résidentielle, où ne vivent que des étrangers, à quarante minutes du centre d’entraînement. C’est très sécurisé, une sorte de ville dans la ville, avec une école allemande, une école américaine, des centres commerciaux, des restaurants, etc. Depuis que je suis là, mon quotidien se résume surtout à des allers-retours entre ma maison et le centre d’entraînement, en plus des matchs.


Pourquoi avez-vous choisi Al-Nasr, alors que vous aviez d’autres contacts dans le Golfe, notamment aux Émirats arabes unis, un endroit un peu plus glamour ?
L’année dernière, le club voulait déjà me faire venir, alors que j’étais à Wadi Degla, en Égypte. Les Saoudiens voulaient racheter ma clause, mais je ne voulais pas partir avant la fin du championnat égyptien. Et quand, en janvier, l’entraîneur croate d’Al-Nasr est parti à Al-Aïn (Émirats arabes unis), on m’a recontacté et l’accord a été trouvé très rapidement. J’ai signé jusqu’à la fin de la saison, mi-mai. On fera le point avec les dirigeants début mai.

« Les joueurs saoudiens ont un ego très fort, il y a parfois un peu de dilettantisme, mais ils sont impliqués et appliqués. Ils bénéficient de bons salaires, d’une vraie reconnaissance dans leur pays. Quasiment tous les joueurs d’Al-Nasr sont internationaux. C’est pourquoi ils s’exportent très peu... »

Pourquoi vous êtes-vous engagé pour une durée aussi courte ?
Parce que j’estime que cela laisse au club et me laisse une certaine marge de manœuvre. Si ça se passe bien d’ici à la fin de mon contrat, on pourra envisager de continuer ensemble. Sinon, on se séparera. J’avais d’autres propositions, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis, mais je voulais entraîner dans un championnat qui est considéré comme un des meilleurs d’Asie et qui est le plus relevé du Golfe persique. C’est supérieur à l’Égypte, car les Saoudiens ont les moyens d’acheter de bons joueurs étrangers. C’est un championnat technique, où les équipes cherchent à faire du jeu, à aller de l’avant, parfois de manière inconsidérée à mon goût. Ce pays était vraiment dingue de foot. Les stades sont bien remplis, il y a de l’ambiance et j’ai compris qu’il y avait une grosse pression sur les principaux clubs du pays. Al-Nasr est un grand club, très bien structuré, avec d’excellentes conditions de travail. Et, je ne le cache pas, j’ai signé un contrat très intéressant financièrement.

Depuis votre arrivée, Al-Nasr est passé de la quatrième à la seconde place, mais pour le titre, cela risque d’être compliqué...
Actuellement, Al-Nasr est deuxième, à huit points du leader Al-Hilal. Pour le titre, ce n’est pas perdu, mais Al-Hilal est au-dessus. On va surtout essayer de finir parmi les trois premiers, ce qui assure une qualification en Ligue des champions. Dans l’immédiat, il y a cette finale de la Coupe du Prince contre Al-Ittihad. Ici, les coupes ont beaucoup d’importance. Nous sommes d’ailleurs toujours engagés en Coupe du Roi, avec un quart de finale contre Al-Hilal.


Comment organisez-vous votre travail au quotidien ?
J’ai avec moi deux traducteurs. J’ai des joueurs croates (Tomecak et Tomasov), brésilien (Uvini) et paraguayen (Ayala), tous internationaux. Et les Saoudiens ne parlent pas ou très peu l’anglais. Mais on se débrouille. En fait, ce qui m’a surpris, ce sont les habitudes locales. J’avais eu déjà un aperçu au Caire : ici, il vaut mieux programmer les séances d’entraînement en fin de journée, vers 18 heures. Car les mecs se couchent très tard. Ils vivent beaucoup la nuit. Si tu les convoques à 10 heures du matin, tu ne vas pas te faire que des amis. Quelques jours après mon arrivée, j’avais mis une séance vers 15h30. J’ai compris que c’était trop tôt. Donc je m’organise en fonction des habitudes. Je me lève assez tôt, je travaille sur mes séances, je fais une petite sieste et j’arrive au centre d’entraînement bien avant les joueurs.

Comment sont vos relations avec les joueurs saoudiens ?
Ils ont un ego très fort, il y a parfois un peu de dilettantisme, mais ils sont impliqués et appliqués. Bon, ils aiment les séances avec le ballon... Ils bossent, ils sont motivés. Ils bénéficient de bons salaires, d’une vraie reconnaissance dans leur pays. Quasiment tous les joueurs d’Al-Nasr sont internationaux. C’est pourquoi ils s’exportent très peu...

« J’ai eu des touches en France il y a quelques mois, mais y revenir, ce n’est pas une priorité. Ce qui me plairait vraiment, à moyen terme, c’est de reprendre une sélection. C’est bien aussi de montrer que les entraîneurs français peuvent avoir de bons résultats à l’étranger, non ? »

Et votre président, le prince Faisal bin Turki bin Nasser, sympa ?
C’est un passionné. Avec lui, je peux communiquer en anglais, car il a vécu plusieurs années aux États-Unis (en tant qu’attaché d’ambassade, ndlr). On discute beaucoup des entraînements, des joueurs, de l’équipe. Il y a une conversation quasiment tous les jours. Il aime savoir, mais il n’est pas envahissant.


Vous avez entraîné également le Mali (2012-2013), le TP Mazembe (juin 2013-janvier 2016) et Wadi Degla SC (février-novembre 2016). Après Cannes et Dijon, cela a dû vous changer...
J’ai vécu des expériences différentes, mais vraiment passionnantes. La plus particulière, c’était à Mazembe, en RD Congo. La seule fois où je me suis senti vraiment en danger, lors de matchs à Kinshasa contre Vita Club. Il y avait aussi les déplacements dans des villes où les stades n’étaient pas sécurisés et où on jouait sur des surfaces assez particulières. Mais ce passage en RDC m’a beaucoup appris. L’Égypte, c’était bien aussi, avec Florent Malouda. Si le club n’avait pas connu des problèmes financiers, je serais sans doute resté. Et avec le Mali, j’ai pu diriger une sélection. J’aimerais recommencer, d’ailleurs.


Vous n’avez pas envie de retravailler en France ?
Les clubs qui seraient susceptibles de m’intéresser ne sont pas forcément intéressés par moi... Mais je vis cela très tranquillement. Travailler à l’étranger, cela me va bien. J’ai acquis une certaine notoriété en Afrique. J’ai eu des touches en France il y a quelques mois, mais y revenir, ce n’est pas une priorité. Ce qui me plairait vraiment, à moyen terme, c’est de reprendre une sélection. C’est bien aussi de montrer que les entraîneurs français peuvent avoir de bons résultats à l’étranger, non ?

Il paraît également que vous avez fait acte de candidature au Ghana et en Côte d’Ivoire, qui cherchent un sélectionneur ?
En effet. J’ai envoyé mon CV à ces deux fédérations. Je ne sais pas quand elles prendront leur décision. Ces deux équipes doivent jouer des matchs amicaux en mars, mais c’est en juin qu’elles vont commencer les qualifications pour la CAN 2019...



Propos recueillis par Alexis Billebault
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