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Carrière : "L'OL n'est pas en fin de cycle"

Il mesurait 1m73, pesait 66 kilos, pourtant Eric Carrière a bien mené la sienne. 4 titres de champion de France avec deux clubs (Nantes et Lyon), un passage remarquée à Lens et une reconversion réussie en tant que consultant chez Canal +. Lyon - Lens, c'est presque son jubilé.

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Vous avez joué dans les deux équipes, quels souvenirs gardez-vous des matches entre Lyon et Lens ?

C'était loin d'être un match comme un autre. Mon premier, c'était la finale du championnat de France de Ligue 1 en 2002. Si on battait Lens à la maison lors de la dernière journée, nous étions champions. On l'avait emporté 3-1, j'avais commencé le match sur le banc. Mais très souvent, les rencontres entre les deux équipes ont tourné à l'avantage de Lyon sauf l'année où Lens descend en Ligue 2. Là, je jouais dans le Nord, et on avait gagné 3-0. Comme quoi.

Les clubs ont-ils des points communs ?

Pas vraiment. Lens est un club populaire alors que Lyon est celui d'une grande ville. Les Sang et Or ont toujours eu un style de jeu athlétique. Quand je suis arrivé, Francis Gillot avait tenté de pratiquer un jeu plus direct avec beaucoup de ballons au sol. Mais quand vous n'avez pas de résultat, vous revenez aux fondamentaux. C'est-à-dire, l'impact physique. Lyon par contre a toujours eu, du moins depuis dix ans, cette volonté de jouer technique. Cela partait des défenseurs qui savaient relancer comme Cacapa, Edmilson ou Müller.

Lyon a-t-il gardé cette touche technique ?

Elle est moins frappante qu'il y a 4-5 ans. Ce n'est pas une question de physique, car on a quand même été champions de France avec un milieu Juninho – Dhorasoo – et moi-même, soit trois petits gabarits. C'était une philosophie de jeu. L'OL actuel est principalement axé sur l'aspect défensif. C'est plus facile pour un entraîneur de baser son projet de jeu sur une bonne défense. Avec Puel, Lyon joue plus défensif. Le but affiché est de ne pas prendre de but. Mais il y a cette capacité de jouer directement en deux touches avec les Gourcuff, Pjanic ou Bastos.

Et Lens dans tout ça ?

Lens paye son instabilité. Quand vous changez d'entraîneur chaque année et parfois en cours de saison, le projet de jeu n'existe pas. C'est impossible de mettre en place quelque chose sans stabilité. C'est le problème des équipes qui sont menacées par la relégation. On bosse sur le moyen terme. On espère que le changement d'entraîneur aura un impact immédiat sans penser à l'avenir. Je trouvais que les Lensois étaient bien revenus en février. Mais les derniers résultats ne plaident pas en leur faveur. On peut tenter de trouver des explications comme la malchance etc. Mais je pense que le club paye son absence de projet de jeu. Il faut regarder Lille qui bosse dans le même schéma tactique et avec les mêmes joueurs depuis 3-4 ans. Quand on laisse le temps, on peut construire. Mais Gervais Martel est obligé de composer avec les résultats. Et parfois, c'est mission impossible... C'est un cercle vicieux dans lequel les Lensois sont installés depuis la relégation de 2008.

Pourtant toute l'attention du match sera cristallisée par la capacité des Lyonnais a réagir après leur déconvenue niçoise et une semaine musclée...

Je suis surpris par Lyon. Pas forcément dans le bon sens. La fin de match à Nice est symptomatique d'une équipe qui doute. On a l'impression que l'équipe prend peur, surtout dans les fins de matches. Le manque de sérénité est flagrant. La réaction de Lloris, pourtant réservé de nature, montre à quel point les joueurs ont perdu leur moyen alors qu'ils maitrisaient parfaitement la rencontre. Hugo Lloris s'est senti abandonné...

Peut-on dire que Lyon est en fin de cycle ?

Il y a toujours un moment où une équipe est en fin de cycle. C'est inexorable. Même le Barça en connaîtra un. Pour Lyon, cela va dépendre de leur fin de saison. S'ils ne finissent pas dans les trois premiers, on pourra réellement parler de fin de cycle. Car cela fait plus de dix ans que l'OL dispute la C1. C'est une habitude sportive et économique. Repartir en Ligue Europa, c'est un réel échec et il faudra changer beaucoup de choses. Mais je ne fais pas de soucis pour eux. Jean-Michel Aulas a cette faculté pour refixer des objectifs rapidement. Même en cours de saison. Il sait re-mobiliser ses troupes.

Finalement, Lyon n'a pas d'autres choix que de gagner à domicile ?

Le premier quart d'heure va être décisif. Il faudra scruter l'attitude du public, le niveau mental des Lyonnais, leur cohésion. Ils vont être attendus par Gerland et par les observateurs spécialisés également. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte. On parle d'accueillir l'avant-dernier à la maison quand même. Je suis plus inquiet pour Lens. En fonction des résultats des concurrents directs au maintien, les Lensois peuvent se retrouver larguer en cas de défaite à Lyon et il faudra être costaud derrière...

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"se retrouver larguer"
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