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Carrasso écoeure Paris

Défait 1 à 0 sur la pelouse de Bordeaux, le Paris Saint-Germain a mis en péril sa qualification pour la prochaine Ligue des Champions. Les hommes de la capitale pourront s'en prendre à Cédric Carrasso, véritable mur vivant ce soir.

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En cette fin de saison, il existe deux archétypes du supporter parisien : le fidèle et le résigné. Plus que jamais de retour dans la course à la Champion's League après le match nul de Lyon face à Brest, le Paris Saint-Germain avait l'occasion, ce soir, à Chaban-Delmas, de combler ses adeptes, en venant à bout d'un Bordeaux en phase terminale. Mais le Parisien pragmatique le sait : lorsque le club de la capitale à le couteau sous la gorge, la frontière entre espérance et désespoir tend à devenir floue. Comme souvent du côté de la région parisienne, le pessimisme n'a fait qu'une bouchée de l'espoir.

Tout était pourtant réuni pour que l'après-midi des hommes de la capitale soit resplendissante. Soleil de plomb, adversaires en piètre forme et coup d'envoi donné par Boris Diaw. Une pointe d'exotisme pour un classique de l'élite du football hexagonal qui ne réussit que rarement aux Parisiens. Depuis 1989, le Paris SG n'a gagné qu'une seule fois en terre girondine, en 2005, grâce à deux buts de Mario Yepes et Pedro Miguel Pauleta. Old school. Giflés à domicile face à Sochaux, défaits à Lens, les Bordelais eux, entament une opération rachat qui pourrait s'avérer plus compliquée que prévue. Avant même le coup d'envoi, les « une équipe à Bordeaux » raisonnent déjà dans les travées de Chaban-Delmas, qui pleure, journée après journée, son glorieux passé, si proche, mais déjà tellement loin.

Bordeaux, départ canon

Une fois le minuscule monsieur Duhamel humilié par le gigantesque Boris Diaw, les Bordelais profitent du coup d'envoi pour lâcher les chevaux. Encore mathématiquement menacés par la relégation - l'AS Monaco, premier relégable, n'est qu'à quatre points - les Girondins montrent de l'enthousiasme pour la première fois depuis un bon bout de temps. Une première passe réussie, un premier crochet et un premier sprint de Benoît Trémoulinas depuis des lustres qui, ironie du sort, provoque dès la sixième minute, un pénalty, après avoir crocheté un Zoumana Camara une nouvelle fois maladroit. Diabaté n'en demandait pas tant et trompe Coupet d'une frappe aussi molle qu'étrange. KO debout, les Parisiens mettent du temps à réagir. La faute, notamment, à de nombreuses pertes de balle du duo Jallet-Erding, et à une première mi-temps ridicule de Ceara. Trop importantes pour être gâchées si vite, les ambitions parisiennes donnent du baume au cœur à une bête blessée. Souvent fauché, Néné profite des quelques moments où il reste debout pour distiller des caviars. Le plus beau, à la 32ème minute, envoie Chantôme au duel avec Carrasso, mais le milieu de terrain perd son face à face. Début du festival du portier bordelais. Dominateurs en fin de période, les joueurs d'Antoine Kombouaré s'exposent aux contres girondins et c'est presque miraculeusement que dans le temps additionnel, Grégory Coupet stoppe une bonne frappe croisée de Jussiê. Visiblement, quand c'est à terre, c'est plus facile. Mi-temps. La Champion's League est encore loin.

Carrasso, l'homme mur

Bien décidé à accrocher l'Olympique Lyonnais jusqu'à la dernière minute de la 38ème journée, Antoine Kombouaré sort Ceara pour Hoarau et Clément pour Jallet. Le résultat est immédiat. Malgré de belles inspirations de Ben Khalfallah, ce sont les hommes du Camp des Loges qui monopolisent le ballon en seconde période. Début de la belle histoire de la semaine. Il y a une dizaine de jours, Cédric Carrasso, écoeuré par l'attaque sochalienne, « n'en pouvait plus » . Visiblement requinqué par la démission de Jean Tigana, l'ancien gardien de l'Olympique de Marseille a battu le Paris Saint-Germain à lui seul. Une première fois décisif sur un plat du pied de Bodmer, Carrasso va contenir un à un, tous les assauts des joueurs de la capitale. Une lourde frappe de Bahebeck, une magnifique tête de Hoarau, un coup-franc de Nenê, rien n'y fera. Les Bordelais ont un mur dans les buts. Un rempart que les Parisiens, plus à l'aise en seconde période, ne parviendront pas à démolir. Les pertes de balles ont été trop nombreuses et la maitrîse trop faible, pour espérer inquiéter une équipe bordelaise vaillante jusque dans les derniers instants de la rencontre. La confiance est ébranlée, le moral atteint, mais l'espoir toujours présent. Les Parisiens comptent deux points de retard sur l'OL à deux journées de la fin, et affronteront un Lille déjà champion. De toute façon, cette qualification en C1, s'ils ne l'atteignent pas, ils l'auront perdu seuls...




Par Swann Borsellino

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