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Carlos Alberto : l’adieu au Capitão

La plus belle équipe de tous les temps avait un très grand capitaine. En 1970, c’est Carlos Alberto Torres qui avait brandi au ciel de Mexico le trophée Jules Rimet que le Brésil, tri campeão do mundo, garderait pour l’éternité. Hommage à un très grand, parti tout là-haut à soixante-douze ans...

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Mexico 1970...


Fachetti, Moore, Beckenbauer et Carlos Alberto. Voilà le carré d’as classieux qu’on pouvait jeter sur la table au tournant des années 60-70. Quatre Fantastiques qui ont offert leurs lettres de noblesse à ceux cantonnés « derrière » , à défendre. Ces gentlemen ont bâti une caste très resserrée, celle des grands défenseurs, du même ordre que celle des grands attaquants et des grands n°10. Carlos Alberto, défenseur latéral droit, était un pur Carioca (Fluminense 1963-1966) passé un temps au Santos FC de Pelé (1966-1974) avant de revenir au « Flu » (74-77) et de finir au « Fla » , pour une infidélité d’une année seulement. Sa fin de carrière en pente douce le verra rejoindre encore son pote de Seleção, Pelé, au Cosmos New York. Dans Big Apple, les deux Brazileiros ambianceront avec un talent égal une NASL renaissante et le célèbre Studio 54, night-club où se dévergondera un peu plus un autre triple A venu d’Europe, Franz Beckenbauer. « Charles Albert » avait impressionné dès ses débuts en 1963 à dix-neuf ans au Fluminense pour ses qualités de défenseur très technique, en tacleur hors pair, mais aussi pour sa grande vison de jeu, ses dribbles et sa façon d’organiser le jeu, parfois, dans la moitié adverse. Un registre étonnant à une époque où les arrières avaient interdiction quasi absolue de dépasser la ligne médiane.


Ceci dit, l’étoile du Flu n’était pas non plus un précurseur. C’est son devancier, l’immense latéral gauche Nilton Santos (Botafogo et champion du monde 1958 et 1962) qui révolutionna le poste de latéral en s’offrant raids offensifs en dribbles et en speed comme un deuxième ailier, donnant au Mondial 58 des sueurs froides à son sélectionneur Feola... Nilton Santos et Carlos Alberto lanceront la tradition des grands latéraux brésiliens, à la fois défenseurs et attaquants : les fameux laterais : Nelinho, Junior, Branco, Jorginho, Cafu, Roberto Carlos, Maicon, Dani Alves, Marcelo... C’est aussi à une descendance prestigieuse qu’on reconnaît mieux la vraie grandeur d’un footballeur. Un geste épique ou une action inoubliable aident également à rehausser sa stature. Le 21 juin 1970, au stade Aztèque de Mexico, Aberto Carlos signera à la 86e minute de la finale mythique Brésil-Italie un des plus beaux buts de l’histoire de la Coupe du monde. Un superbe mouvement collectif de ballon remonté en passes jusqu’à Pelé qui, à trente mètres du but italien, glisse en passe aveugle à son latéral et capitaine lancé côté droit comme un TGV : frappe atomique de Carlos Alberto qui dézingue une squadra déjà à genoux (4-1, score final)...

Vidéo

O Capitão do Tri


Mais c’est aussi en allant chercher le trophée Jules Rimet que le taulier de la Seleção a laissé une empreinte symbolique dans son pays : il fut le premier capitaine brésilien noir (ou du moins « non blanc » ) à brandir la Coupe du monde. Au pays, on mesura mieux le chemin parcouru pour les joueurs de couleur longtemps tenus à l’écart de la Seleção ou incorporés au compte-gouttes à cause de préjugés tenaces. Avec ce métis victorieux brandissant la statuette dorée et qui passera bientôt à la coupe afro et aux rouflaquettes fournies, la hype « black is beautiful » déjà relevée aux JO de Mexico deux ans auparavant prenait alors tout son sens au pays du futebol... Le souffle d’éternité qui accompagne également Alberto Carlos (on l’appelle toujours « O Capitão do Tri » au pays) tient aussi au fait qu’il a drivé sans doute la plus belle sélection de tous les temps, lors d’un Mundial en couleurs diffusée en très large mondovision malgré les horaires parfois tardifs pour les Européens. Le jaune d’or du maillot brésilien était parfaitement raccord avec l’or de leur troisième trophée mondial et avec le soleil de Mexico.


En devenant jusqu’à aujourd’hui le plus grand pays de football, le Brésil a permis à Alberto Carlos d’avoir eu la chance d’assumer le rôle pourtant le plus difficile du sport mondial : être capitaine victorieux de la Seleção. Le seul équivalent n’existe qu’en rugby. Depuis 1987, être capitaine des All Blacks se résume à la fin d’une vie à ce jugement vertigineux : a-t-il été ou non le capitaine qui a fait gagner la Nouvelle-Zélande ? Voilà qui fera réfléchir les ignorants qui se sont gaussés des larmes du capitaine brésilien Thiago Silva au Mondial 2014. Être Capitão do Brazil est une fonction réellement très lourde à assumer... Carlos Alberto a eu le talent et la chance d’être capitaine de la Seleção 1970. Le talent, parce que c’est grâce à son savoir-faire et son caractère de leader, mais aussi de bon pote extraverti, que le sélectionneur João Saldanha l’avait désigné pour guider les Auriverde au Mexique. Sa chance fut aussi d’être zappé de la liste des vingt-deux à la World Cup 1966 alors qu’il figurait dans la pré-sélection des quarante-quatre joueurs : il a ainsi pu échapper au désastre des Brazileiros en Angleterre... Mieux ! Une malencontreuse blessure au genou l’a également écarté de la Coupe du monde 1974 alors qu’il était encore largement compétitif – comme son pote Pelé, absent aussi en Allemagne, mais pour brouille avec la fédé. Un mal pour un bien, vraiment : il aurait alors connu lui aussi la défaite face aux merveilleux Hollandais de Cruyff (0-2), et la dernière image d’un Alberto Carlos vaincu un soir pluvieux à Dortmund aurait définitivement éclipsé son triomphe ensoleillé au stade Aztèque...

L’hommage de Johan...


De l’avis général, Carlos Alberto était un chic type, un vrai bon gars resté simple et sympa, mais toujours nimbé de l’aura souriante des êtres d’exception. Au Brésil, en tant que capitaine, toujours, il a laissé la trace des grands capitaines-défenseurs et victorieux en Coupe du monde, comme Bellini (1958), Mauro (1962) et Cafu (2002). Revanche éternelle des « défensifs » (le capitaine Dunga était milieu déf au Mondial 1994) dans un pays où les grands attaquants ont copieusement brillé dans l’histoire du foot mondial. Il aura aussi été un entraîneur multicarte dans de nombreux clubs, essentiellement brésiliens et sud-américains, mais sans laisser une trace impérissable dans cette profession. Le grand bonhomme aura eu la chance d’assister cet été à la victoire de la Seleção aux JO de Rio, après le funeste 7-1 du Mondial 2014 à la maison où il faisait partie des ambassadeurs de prestige de cette compétition. Grâce à Neymar, le Brésil a pu décrocher le dernier trophée international qui manquait à son palmarès et il a pu se présenter ainsi comme la première nation de football au monde.


Alberto Carlos s’en est donc allé en 2016, comme Johan Cruyff. Une coïncidence fortuite mais qui unit pourtant les deux géants du foot dans la caste des seigneurs. Le Brésilien avait témoigné de sa chaude admiration pour le Football total déployé par les Oranje de Johan : « La seule équipe que j’ai vue jouer vraiment différemment des autres fut la Hollande 74 au Mondial allemand. Depuis, tout ce que j’ai vu, c’est toujours à peu près le même jeu sans surprise que tout le monde pratique. Le mouvement perpétuel créé par les Hollandais était inouï et absolument merveilleux à regarder jouer. » Avant de mourir, Johan 1er avait composé pour la postérité son meilleur onze de tous les temps dans son autobiographie. Il avait choisi ses deux latéraux : Ruud Krol à gauche et Carlos Alberto à droite, « leur intelligence de jeu, leur technique et leur rapidité soutiendraient Charlton et Di Stéfano et, ainsi, ces milieux de terrain ne s’épuiseraient pas à courir » . Quel plus bel hommage Carlos Alberto Torres pouvait-il recevoir au moment de monter lui aussi au ciel ?



Par Chérif Ghemmour
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