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Cardiff City, tonnerre chez les Gallois

Alors que la capitale du pays de Galles s'apprête à recevoir Fulham pour la reprise du Championship, le club de Vincent Tan semble porter en son sein deux factions opposées : l'Academy et sa politique élitiste contre la Community Foundation et sa philosophie sociale. Détails de structure d'un club briton.

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Même les dragons peuvent changer de nationalité. Quand, en 2012, le Bluebird de Cardiff City est remplacé au cœur de l'écusson du club par le dragon gallois, car présenté comme plus vendeur à l'international, la fronde est massive. Il faut dire que Vincent Tan n'a pas lésiné sur la révolution, tentant dans un même mouvement d'imposer au club son rouge préféré au détriment du bleu historique. 3 ans d'oppositions au nouveau boss malaisien plus tard, les supporters obtiennent gain de cause : le bleu revient colorer leur tunique, et l'oiseau se repose au centre du blason. Reste que le dragon gallois, historiquement présent dans l'écusson, est entre-temps devenu un « fucking Chinese dragon » aux yeux de Bloomie, éducateur à la Fondation de Cardiff, et d'une bonne partie de ses comparses. Une lecture ambigüe du symbole qui se prolonge dans la structure du Cardiff City FC.

Payer l'électricité et changer des vies


Car l'arrivée de Vincent Tan, si elle a permis de « payer l'électricité » et contribué à envoyer le club pour un tour unique de Premier League en 2013-2014, a également profondément modifié son organisation globale. Au Royaume de Sa Majesté, la plupart des clubs professionnels s'organise selon une matrice similaire : l'équipe première et sa réserve d'un côté, le centre de formation aka l'Academy de l'autre, et la Fondation en 3e pilier. Quand l'Academy a vocation à former les (rares) pépites de demain, la Community Foundation vise à toucher la plus large audience possible, dans un costume social partagé avec celui de VRP de la marque du club. Cela passe par des sessions multi-sports dans les écoles, la création d'une section féminine, la mise en place de journées contre le racisme ou encore l'organisation du traditionnel tour de terrain pré-match pour les enfants du coin. Alors que l'Academy opère une culture d'élite, la Fondation se targue de « changer des vies grâce au sport et à l'éducation. » Tout un programme, pas forcément créditeur.



À Cardiff, la Fondation est une entité externe au club. Son destin lui reste évidemment lié, mais les relations ne sont pas franchement cordiales. Si des transferts d'une structure à l'autre existent – ainsi Scott Young, formateur à la Fondation avant de reprendre en main l'équipe première suite au départ de Baby Face Killer Solskjær – les objectifs divergent. Et les divergences augmentent depuis l'arrivée des nouveaux propriétaires accompagnés de leurs ambitions démesurées. Depuis peu, les éducateurs de la Fondation se voient refuser l'accès aux sessions de formation de l'Academy, une nouveauté. Les attitudes se tendent, entre mépris hautain d'un côté, et drapés de panache à coups de « nous, on fait une différence » de l'autre.

Homo œconomicus vs vox populi


Mais le changement le plus significatif est à observer dans l'organisation interne de chaque structure car, cette année, un transfert de pouvoir s'est opéré entre Fondation et Academy. En effet, sous les catégories d'élite gérées par l'Academy s'organisaient auparavant plusieurs échelons inférieurs, pris en charge par la Fondation. Dans ces catégories, des joueurs dont le niveau est suffisamment bon pour jouer pour le club, mais trop léger pour espérer atteindre l'élite à court terme. Ainsi sous l'Academy apparaissaient l'Advanced Development Center (ADC, équipes B) et l'Advanced Coaching Center (ACC, équipes C). Pendant l'été, ADC et ACC ont été transférés de la Fondation à l'Academy. Loin d'une plus grande intégration à la vie du club professionnel, il s'est agi de dégager ces deux catégories, gourmandes en moyens humains et financiers, de la sphère d'influence de la Fondation, pour mieux supprimer la dernière, la plus éloignée de l'excellence, l'ACC.

Sauf que la dernière n'est pas une petite. Avec près d'une dizaine de centres, comprenant chacun un groupe d'une quinzaine de boys pour chaque catégorie d'âge entre U7 et U11, l'ACC faisait tourner près de 600 minots de Cardiff et sa région. Autant d'enfants désormais délaissés par le club du coin. Daniel « Smithdog » Smith, à la fois responsable chez l'ADC et éducateur U11 pour l'Academy, en est certain : « Moins de personnes seront touchées par Cardiff City » . Un choix contestable de l'élitisme au détriment de l'enracinement populaire pour Cardiff, alors même que le club souffre en ce domaine d'un déficit face au voisin Swansea. L'homo œconomicus a vaincu la vox populi. Tout ça pour un dragon même pas Chinois.

Par Josselin Juncker et Eric Carpentier
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Ou quand un club perd sa raison même d'exister. Les supporters si ils veulent gagner doivent utiliser la carte d'électeur du 21ème siècle. La carte bancaire.
Un stade vide rappellera à tous le monde que le but de tout ce cirque est de remplir des stades et de coller devant leurs téloche tous ceux qui voudraient y être.
Plus de public, plus de machine à fric.

Un stade vide pendant 5 matchs ferai rapidement changer le fusil d'épaule à ce propriétaire fortuné qui visiblement n'a aucune idée de ce qu'il achète.
ManodesMontagnes Niveau : CFA2
Comme l'aurait dit Ali "Peu de dépenses, quand tu comprends ca... Pour eux c'est niqué".

Le fait de toucher aux valeurs historiques d'un club, de les tuer en bâclant les fondamentaux, c'est clair que malgré la laideur du truc (ca se répand celà dit, et pas nécessairement dans les clubs qui portent une étiquette Red Bull), ca peut se contourner en tant que supporter ou suiveur...

Pour ce qui est des infrastructures, après, il faut aussi regarder derrière. Si la solution aux problèmes de base a été de s'élargir en contenance pour mieux diviser l'institution à un moment donné, et de clairement instaurer un système stratifié (où les petites entités étaient de toute façon - selon l'article - moins signifiantes), on ne peut pas nécessairement aujourd'hui parler de chamboulement ni de points négatifs dans la tradition régionale.

Si je suis père et que je veux donner à mon gamin l'opportunité de jouer dans la région, j'veux aussi lui donner l'opportunité de pouvoir signifier... Pas d'être un joueur lambda parmi une assemblée de gamins monopolisés sur lesquels vont s'opérer sous peu des sélections. Délaisser ce monopole à des plus petites entités du coin, éviter d'aller dans l'investissement pour sous-développer des structures secondaires et inutiles, mais plutôt essayer de développer l'élite par un scouting régional, c'aurait peut-être été moins con au départ. En tout cas on n'aurait pas parlé de crash dans l'institution.

Qui est à la base de cette division en fait ? Les Libanais mégalomanes qui voulaient de faire de Cardiff le "Barca du coin" ?
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