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Capdevila à l’ombre

À 39 ans, Joan Capdevila a mis un terme définitif à sa riche carrière sans faire de bruit. Une discrétion habituelle pour ce latéral gauche vainqueur de l'Euro 2008, sous-coté, mais respecté de tous, qui avait les armes pour aller encore plus haut.

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Cela peut paraître étonnant, mais certains voient en lui l’ancien Álvaro Arbeloa. Pour son manque de talent supposé et sa présence dans l’équipe type de la Roja à une période où il n’y avait aucune concurrence à son poste. Ceux-là ont tout faux. Outre le fait qu’il n’ait jamais joué dans un club du standing du Real Madrid, Joan Capdevila a fait l’unanimité dans la grosse dizaine d’équipes où il a évolué. De par sa classe, son fair-play et sa discrétion naturels. Des adjectifs qui ne siéent pas franchement à l’ancien de la Maison-Blanche.

Capdevila de luxe


À l’heure où Capdevila vient officiellement de prendre sa retraite, quelques jours après celle de son prétendu semblable, il convient donc de reconnaître une (dernière) fois pour toutes la juste valeur du latéral. Car s'il faut encore le répéter, celui qui a occupé le flanc gauche espagnol de 2002 à 2012 (soixante sélections, sans compter la médaille d’or aux Jeux olympiques avec les jeunes) n’a pas remporté l’Euro 2008 (cinq titularisations) et le Mondial 2010 (aucune minute ratée) par hasard. Sur une pelouse, le natif de Tàrrega représentait une valeur sûre. « Il pouvait paraître un peu enrobé. Pourtant, il ne se faisait jamais éliminer en un contre un et ne se faisait jamais prendre dans son dos, se souvient Pascal Cygan, qui a joué à côté de lui durant trois ans à Villarreal. Il disposait d’une science tactique du placement, d’une lecture de jeu et d’une couverture de l’espace incroyables. C’était impressionnant. Je dirais qu’avec Ashley Cole, il est le meilleur latéral avec qui j’ai joué.  » Pourtant, celui qui est passé par l’Espanyol Barcelone (trois saisons), l’Atlético de Madrid (une saison), La Corogne (sept saisons) ou Benfica (onze matchs) et qui a terminé par des passages à NorthEast United (Inde), au Lierse (Belgique) et Santa Coloma (Andorre) n’a jamais connu les vrais sommets en club (vice-champion d’Espagne à trois reprises, une Coupe du Roi, 37 rencontres de Ligue des champions). La faute à un monde qui l’a constamment sous-estimé. Une aberration pour Cygan, qui estime que « certaines personnes de son entourage n’ont pas bien fait leur travail. Comment se fait-il qu’un international comme lui n’ait pas été plus mis en valeur ? Il a gagné des titres, il était performant, hyper régulier, jamais blessé... Comment une telle qualité a pu ne pas terminer dans un des dix meilleurs clubs européens ? Je pense que c’est son regret aujourd’hui. »

Ode au silence


C’est que le monsieur n’a jamais semblé attiré par la lumière. Qu’il soit entouré de stars ou non. Bien plus intéressé par la notion de collectif que par celle de l’individuel - ce qui a sans doute freiné sa carrière -, Capdevila est présenté comme un modèle par ceux qui l’ont côtoyé. Cygan ne fait pas exception à la règle : «  C’était un coéquipier extraordinaire. Sympa avec tout le monde, et apprécié par tout le monde en retour. Je suis vraiment content d’avoir pu rencontrer une telle personne. Bien que nous venions de cultures différentes, de pays différents et que nous parlions une langue différente, il parlait autant à moi qu’aux Espagnols Santi Cazorla ou Marcos Senna. » Peut-être pour cette raison que Joan a un moment constitué un cadre d'une sélection majoritairement composée de joueurs du Real Madrid et du FC Barcelone capable d’imploser à tout moment. Seul élément du onze espagnol aligné en finale de la Coupe du monde 2010 à ne pas faire partie d’une de ces deux équipes, l’arrière gauche se noyait dans la masse et a sûrement permis d’éviter certains conflits grâce à son calme et son écoute. Sans jamais devoir taper du poing sur la table. « Ce n’était pas un grand leader ni un grand parleur, note encore Cygan. Mais comme chacun était convaincu par sa personnalité, tout le monde l’écoutait lorsqu'il lâchait une parole. Dès qu’il parlait au sein du vestiaire, ce qui était rare, ses demandes étaient respectées. Il n’avait pas besoin de brailler, d’élever la voix ou d’en faire des tonnes.  » Un genre de sage infiltré dans un univers où il dénotait. Mais toujours sans faire de bruit. À l’arrivée comme au départ.

Par Florian Cadu Propos de PC recueillis par FC
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