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Caparros : « L'Espagne veut entrer dans la légende »

Considéré comme le « Wenger espagnol » , Joaquin Caparros a trainé ses guêtres à Séville, Bilbao, La Corogne et officie désormais au Real Majorque. Interview à quelques heures de France-Espagne avec un coach confiant.

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Quelles vont être les clés du quart entre la France et l'Espagne ?
Toute le monde dit que ça va être un match fermé, que la France va attendre la Roja, mais moi, personnellement, je pense que ça va être un match ouvert. Tactiquement, la France a toujours été très bonne, mais elle sait aussi attaquer. Ce n’est pas une sélection passive. Après, on est très optimistes sur l’issue de la rencontre. On a une philosophie, un esprit et des qualités qui nous permettent d’aborder le match avec optimisme. Si nous faisons les choses bien, je pense qu’il n’y aura pas de problème, mais il faut rester prudents. En face, ce n’est pas n’importe qui, c’est la France, une équipe contre laquelle nous avons toujours eu du mal…

L’Espagne n’a jamais gagné en compétition officielle contre les Bleus, vous pensez que cette statistique va avoir son importance ?
Depuis quelque années, l’Espagne a cassé toutes les statistiques, alors je pense qu’elle est capable de briser la tradition qui veut que la France nous bat toujours en compétition officielle. La Roja est animée par l’envie d'entrer dans la légende du football en réussissant un triplé que personne n’a pour l’instant réalisé. On est champions du monde et d’Europe en titre, on a des joueurs de niveau mondial… Et puis cette génération-là n’a pas connu les peines, ni la défaite. Avant, on ne passait pas les quarts de finale, on avait peur des autres sélections, mais plus maintenant. La génération actuelle ne regarde pas le passé. C’est ce qui la rend si forte.

Il y a eu des engueulades dans le vestiaire français après le match contre la Suède. Vous pensez que c’est une bonne ou une mauvaise chose pour l’Espagne ?
Je ne suis pas trop au courant de ce qu’il s’est passé, mais ce que je peux dire, c’est qu’en termes d’esprit collectif, la Selección est la meilleure équipe de cet Euro. C’est le collectif le plus homogène. Quand on les voit, on a l’impression qu’ils sont animés par la même envie. Tout ce qui se fait sur le terrain est pensé pour que le coéquipier soit placé dans les meilleures conditions possibles.

Qu’est-ce que vous pensez des Bleus aujourd’hui ?
Vous avez vécu des moments difficiles, mais depuis que Blanc a repris l’équipe, on dirait que ça va beaucoup mieux. J’ai vu le match contre la Suède et à mon avis, c’est un accident : la France est une équipe qui ne peut pas rater deux fois de suite ses matchs. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est une sélection qui inspire beaucoup de respect en Espagne.

Quel joueur français peut causer du souci à la Roja selon vous ?
La France a des individualités comme Ribéry et Benzema qui peuvent vous faire basculer un match à n'importe quel moment. Vous avez des qualités mais, avec tout le respect que je dois aux Bleus, je crois qu’on ne devrait pas avoir de problème si on joue notre jeu.

Vous croyez que Del Bosque va se passer d’un avant-centre pour jouer contre les Français ?
Del Bosque est un entraîneur champion du monde, quelqu’un qui a su faire jouer les Galacticos, qui n’a jamais eu de problème avec ses joueurs. Ici, c’est quelqu’un de très respecté. Il a donné de la crédibilité au football espagnol par ses choix et son savoir. Je ne sais pas s’il va jouer avec une pointe ou pas, mais une chose est sûre, il prendra la meilleure option possible. Personnellement, j’ai une confiance aveugle en ce qu’il fait.

Vous avez lancé Jesús Navas
(Il coupe) J’ai aussi lancé Sergio Ramos, Arbeloa, Javi Martínez, Fernando Llorente… Je suis fier d’eux aujourd’hui. Je n’aurais jamais pensé qu’ils puissent devenir champions du monde, mais je savais que c’était des champions. À 16, 17 ans, ils avaient déjà la rage de vaincre. Ces joueurs-là ont toujours répondu présent, ils ont passé les paliers naturellement sans jamais me décevoir. Je suis très heureux d’avoir pu leur donner leur chance mais, franchement, tout ce qu’ils ont réussi jusqu’à présent, ils le doivent uniquement à leur talent.

Pour revenir à Navas, l’un des joueurs les plus percutants de la Seleccion dans cet Euro. Vous pensez qu’il est condamné à être un joker de luxe jusqu’à la fin de la compétition ?
Jesús est un talent pur. C’est un joueur qui donne beaucoup de verticalité et de profondeur à une équipe, mais il est en concurrence avec des joueurs talentueux. Peut-être les plus talentueux de l’Euro.

Propos recueillis par Javier Prieto-Santos
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Dans cet article

Je suis d'accord avec lui... d'abord sur le fait que l'Espagne peut vaincre le signe indien face à la France. Le tournant c'est 2008: lorsque l'Espagne joue son autre bête noire, l'Italie, en quarts de finale, et arrive aux tirs au but. Et ils ont gagné. Là, je me suis dit, ça y est! ils seront champions! Ils avaient toujours eu le talent mais il leur manquait la confiance et la rage de vaincre.
Et cette génération-là a mis fin à la disette. Niveau talent, c'est la plus forte de l'histoire du foot espagnol: un gardien exceptionnel (Casillas), des défenseurs solides (un peu moins vrai cette année), des joueurs clé à la récupération (Xabi-Busquets), des créateurs sans doute dans le top 5 mondial (Xavi, Iniesta, Silva)... Et un sélectionneur intelligent qui gère très bien son effectif. Donc, évidemment, ce sera très difficile pour la France... mais pas impossible.
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