1. // CAN 2012

CAN : Les paradoxes africains !

On ne sait pas encore si cette encore si cette coupe d’Afrique 2012 sera un grand cru ou un millésime à oublier de toute urgence. On ne saurait dire si l’absence de la plupart des cadors est due à une baisse de leur niveau ou à la montée en puissance des pays jusqu’alors mineurs. Le football du continent vit au rythme de ses paradoxes. Voire…

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L’absence conjuguée de l’Egypte, du Nigéria, du Cameroun, et dans une moindre mesure de l’Algérie, de l’Afrique du Sud et de la République démocratique du Congo (19 CAN sur 27 à eux six) pour cette édition 2012, peut s’interpréter de deux façons. Première hypothèse : le niveau baisse et les deux dernières phases finales ne disent pas autre chose. Seconde option : le niveau moyen ne fait que monter et il devient de plus en plus épineux de se qualifier pour les cadors supposés du continent. La présence d’équipes béotiennes à ce niveau pour la première fois depuis 2004 (le Zimbabwe, le Rwanda et le Bénin participaient alors à leur premier festin) ne tranche pas le débat. Si la Guinée équatoriale prend part à l’épreuve, elle le doit à son statut d’organisateur. En revanche, le Niger est sorti d’un groupe qui comptait rien moins que l’Egypte (triple-champion en titre), l’Afrique du Sud et la Sierra-Leone. De même, le Botswana s’est extirpé d’un bourbier où on trouvait le Malawi, le Tchad, le Togo et la Tunisie. Deux premières places pour deux équipes placées dans le dernier chapeau et qui ne connaissaient rien d’un tournoi final…

L'état désastreux des championnats nationaux

Au Mondial 2006, l’Angola et le Togo avaient rallié l’Allemagne pour la première fois. C’était également le cas de la Côte d’Ivoire et du Ghana, même si les Black Stars et les Eléphants appartenaient déjà à l’élite du continent, de façon certes plus ou moins intermittente. Si le nombre des participants africains au Mondial est monté de trois à cinq depuis 1998, c’est indirectement grâce à l’arrêt Bosman (et à ses avenants d’un monde global, les accords de Cotonou et l’arrêt Malaja). « La libre circulation des footballeurs a permis à un grand nombre de joueurs africains de progresser en Europe ou ailleurs dans le monde. L’élite du continent s’est confrontée à ce qui se faisait de mieux ailleurs. Du coup, les sélections africaines en ont profité » avance, pour sa part, Michel Dussuyer, le coach de la Guinée. On touche là au grand paradoxe du continent noir. Dès 1991, soit un lustre avant la déflagration Bosman, la FIFA a encouragé les meilleurs joueurs du continent à s’expatrier, de préférence vers l’Europe, jouant clairement les sélections contre les clubs. Un calcul encouragé par l’état désastreux des championnats nationaux : un niveau en chute libre, des infrastructures plus que vétustes, des spectateurs qui désertent les stades, des sponsors et des télévisions absents. « La Confédération africaine aura beau créer une C1 africaine et une coupe de la CAF à partir de 1997, rien n’y fera, explique de son côté, Sunday Oliseh, le milieu de terrain du Nigéria. Seuls les clubs du Nord comme le Raja au Maroc, l’Espérance de Tunis ou l’Etoile du Sahel ou encore Al-Ahly ou Ismaïlia en Egypte ou des cas particuliers comme le Tout-Puissant Mazembé qui sont quasi-pros peuvent gagner, c’est leur chasse gardée. »

Une semaine de préparation contre trois pour l'Euro

Aujourd’hui, de Tanger au Cap, de Lagos à Zanzibar, les gamins du continent touchent du doigt la réussite des aînés un peu partout en Europe via les paraboles et les décodeurs pirates. Le rêve est à portée de…pieds. Depuis 1992, la médiatisation de la CAN ne cesse de grimper les étages même si les performances sont parfois inversement proportionnelles à cette notoriété. Là où l’Euro 2012 mettra aux prises des formations situées de la première à la soixante-huitième place (1) du ranking Fifa (dont sept des dix premiers), la coupe d’Afrique se dispute entre des formations placées (2) entre le dix-huitième rang (la Côte d’Ivoire) et le cent-cinquante et unième (la Guinée-Equatoriale). Au reste, le tournoi africain, seul championnat continental avec la Gold cup et la Copa America à se dérouler tous les deux ans, en constitue la vitrine la plus flamboyante même si elle se déroule au milieu de l’hiver, en plein cœur des saisons à rallonge des clubs européens. Ceci, et les terrains de jeu aux rebonds incertains, expliquent en partie les rencontres inégales et le niveau parfois calamiteux d’un grand nombre de rencontres des dernières coupes d’Afrique. L’absence de préparation foncière, là où les équipes qui disputent l’Euro bénéficient de trois semaines, n’ajoute rien à la qualité de l’ensemble. « Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi une équipe comme l’Egypte réussit mieux que des sélections comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana qui comptent pourtant de grandes individualités qui jouent en Europe. La plupart de leurs footballeurs pratiquent au pays, ils ont l’habitude d’évoluer ensemble. C’est un véritable collectif, pas une mosaïque d’individus, soutient Vahid Halilhodzic, le coach de l’Algérie, ancien de la Côte d’Ivoire. Dans cette vingt-huitième CAN, où les absents auront forcément tort, personne n’est à l’abri d’une surprise. Ni les grands favoris ghanéens, ni les superstars ivoiriennes, ni des Lions de la Teranga trop portés vers l’attaque (leur liste compte huit attaquants dont cinq avant-centres). Alors pourquoi pas le Maroc de Gerets, mix presque parfait entre anciens et modernes, entre porteurs d’eau et créatifs. Un bon hold-up en provenance de l’Atlas en guise d’ultime paradoxe ?

(1) : et encore, la République tchèque (31è), l’Ukraine (54è) et la Pologne (68è) font baisser la moyenne. Les 13 autres équipes se situent entre la 1ère (l’Espagne) et la vingt-troisième place (la république d’Irlande).

(2) : Six des dix meilleures formations africaines manquent à l’appel (l’Algérie (32è), l’Egypte (36è), le Nigéria (45è), le Cameroun et l’Afsud (56è) et le…Cap-Vert (59è). A titre de comparaison. A titre de comparaison, la copa America 2011 comptait des pays allant de la quatrième place mondiale (l’Uruguay) jusqu’à la cent-neuvième (la Bolivie) et quatre des douze premiers du classement mondial.


Par Rico Rizzitelli
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La guinée equatoriale s'est qualifiée hier soir... quand un article publié ce matin affirme que cette équipe ne passera pas les poules ça fait un peu tâche.

Ma lecture de l'article s'arrête donc là...
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