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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García

CAN 08’ : Guinée saute pas n’est pas Guinéen !

AS Nancy Lorraine  

25 janvier 2008
Le jour du tirage au sort, on avait déjà tout compris. Le groupe A est a priori clair comme de l’eau d’(Alain) roche : le Ghana à la maison est un ton au-dessus, la Namibie va prendre l’eau, reste plus qu’à savoir qui de la Guinée ou du Maroc posera ses fesses sur le deuxième siège qualificatif. A ce petit jeu, un Nouzaret audacieux a gagné son duel hexagonal face à un Henri Michel aux ambitions frigorifiques. Guinée 3, Maroc 2.

Il faut que la vérité éclate tout de suite : quand on aligne quatre défenseurs, trois milieux défensifs et Moncef Zerka devant, on ne peut pas prétendre jouer au football. Surtout si les milieux déf’ ne remontent pas le ballon et laissent la charnière Ouaddou-Erbati balancer devant en guise de schéma tactique.

Opposition de styles flagrante, puisqu’à ce 4-3-1-1 (plus Zerka ?) proposé par les Lions de l’Atlas, Roby Nouzaret opte pour une compo ultra offensive.

Bénéficiant du retour de suspension de Fodé Mansaré, le Sily National présente un 4-2-4 atomique dont le quatuor Mansaré-Bangoura-Feindouno-Youla va vite devenir un cauchemar pour l’AS Nancy Maroc.

La première mi-temps est triste. Dixième minute, faute sur Abdes Ouaddou, l’arbitre siffle bizarrement contre le défenseur de Valenciennes. Excentré mais pas complètement enfermé, Feindouno enroule au premier poteau et ouvre le score, aidé par Safri qui sort kamikazement du mur, puis par le gardien Fouhami qui n’est pas trop chaud pour salir son maillot (1-0).

A part ça, rien à se mettre sous la dent, si ce n’est cette 26ème minute où Pascalou Feindouno s’aperçoit qu’il a oublié de protéger son alliance.

Au retour des vestiaires, le match commence enfin. Les supporters marocains retrouvent le sourire à la 55ème, moment choisi par Riton Michel pour sortir un Kherja lourd et peu inspiré, au profit de l’ancien "Dogue" Aboucherouane.

L’heure de jeu approche, et les huit minutes les plus folles depuis le début de cette CAN sont sur le point de débuter :

59ème minute, le maestro Feindouno glisse le ballon plein axe dans le dos de la charnière centrale marocaine, l’Ukraino-Manceau Bangoura part dans les temps et corse avec classe l’addition d’une frappe croisée du gauche (2-0).

A peine le temps de voir le ralenti, les Lions de la classe moyenne engagent et donnent le ballon à Aboucherouane. Le gaucher s’occupe du reste, façon Rothen contre le FC Metz, et balance une bastos de 25 mètres, lucarne opposée (2-1, 60ème).

Balle au centre, engagement, Youla s’envole côté gauche, le Lorrain Mike Basser Chrétien s’accroche amoureusement au maillot guinéen dans la surface. Feindouno, déjà homme du match, ne tremble pas et gonfle ses stats à deux buts et une passe décisive (3-1, 63ème).

Les Marocains prennent un sale coup derrière la tête, mais trouvent vite des raisons de croire au miracle, quand à la 67ème minute, Feindouno se fait piétiner par Erbati et répond via un coup de latte forézien. Red card !

Orphelin de Pascal le grand frère, le Sily National tient la baraque et s’en remet dès lors défensivement à un Dianbobo Baldé tout en muscles et offensivement à Fodé Mansaré, la coupe au bol blonde et les dribbles chaloupés livrés avec.

La rentrée de Chamakh ne bouleverse pas la tendance, la Guinée se serre les coudes, resserre les lignes et serre les fesses. Ouaddou et son coup de boule réduiront bien le score dans le money time (90ème, 3-2), mais trop tard pour espérer autre chose qu’une courte défaite complètement logique.

Nouzaret peut exulter. Henri Michel a intérêt à vite revoir sa copie s’il veut sortir de ce groupe A. Un miracle contre les Black Stars serait le bienvenu. Et Alloudi n’aura toujours qu’une jambe de disponible.

Troisième et dernier round, lundi 28 janvier (18h) : Guinée-Namibie, Ghana-Maroc.

Matthieu Pécot




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