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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García

CAN ’08 : Entretien avec Thomté Ryan

Equipe de France   Thierry Henry  

26 janvier 2008
Jeune écrivain d’origine tchadienne, Thomté Ryam s’est révélé il y a une paire d’années avec ’Banlieue noire’. Après avoir failli signer pro au Stade Malherbe de Caen où il évolue en CFA, il fait ses bagages vers un club de D2 grecque, où sa carrière s’achève prématurément suite à une vilaine blessure.

Depuis quand la CAN est-elle devenue chez nous une compétition d’importance ? Les Européens s’y sont intéressés à partir du moment où des joueurs africains ont commencé à s’imposer sur le Vieux Continent. George Weah, notamment, a contribué pour beaucoup à la visibilité du football africain. Plus récemment il y a eu Drogba et Eto’o. Et puis financièrement, ça rapporte aussi de l’argent, alors forcément en Europe, on s’y intéresse. Enfin, les parcours remarquables du Cameroun et du Nigeria puis du Sénégal en Coupe du Monde ont pas mal joué.

Est-ce que la CAN renforce la dimension communautaire dans les quartiers ? Carrément ! On en parle beaucoup entre nous. Chacun défend son pays, ça charrie et ça chambre pas mal, mais ça reste quand même bon enfant. Pour moi, c’est un peu plus compliqué vu que le Tchad n’a même pas joué les éliminatoires...

Tu supportes quelle équipe du coup ? Pour moi, c’est plutôt le Cameroun, surtout pour Eto’o d’ailleurs.

Tes favoris ? Forcément le Cameroun. Ils ont mal joué contre l’Egypte, mais ils vont s’en sortir. Et puis il y a Eto’o. Il peut tout faire et tout peut arriver avec et par lui. Sans compter qu’il n’est pas tout seul, les autres Lions sont quand même plutôt bons (Ndlr : ah bon ?). Ensuite, il y a la Côte d’Ivoire. C’est l’équipe qui dispose des meilleures individualités. L’Egypte et le Maroc, qui sont souvent présents, peuvent aussi réserver des surprises.

Que penses-tu de l’émergence de nouvelles nations comme l’Angola ou la Guinée ? Tout se joue surtout au niveau de la formation et des infrastructures. J’étais au Tchad en décembre et il n’y a même pas de poteaux sur les terrains…Il y a de très bons joueurs mais sans formation et sans thune, tu ne fais pas grand-chose…De toute façon, en Afrique il n’y a que des bons joueurs. La qualité des structures et de la formation n’est néanmoins pas au rendez-vous. Regarde en Equipe de France, il n’y a quasiment que des Noirs…

Le nombre conséquent de joueurs africains qui évoluent en Europe gomme-t-il les spécificités locales ? Non au contraire, je pense que ça les renforce. C’est au joueur de préserver ses qualités. En plus, la dimension tactique n’est pas vraiment terrible en Afrique, il faut s’adapter au football européen et lui prendre ce qu’il a de meilleur, c’est-à-dire une certaine rigueur tactique. Les équipes ne doivent en aucun cas oublier ce qui constitue leurs spécificités et leurs qualités naturelles, à commencer par la dimension spectaculaire de leur jeu.

Tu comprends les critiques de la part des dirigeants européens à l’égard de la CAN ? C’est toujours le même délire. Ils défendent leurs intérêts, et puis ce n’est pas possible de programmer la CAN en été. De toute façon, les dirigeants qui parlent comme ça, ce sont les mêmes qui sont bien contents d’aller en Afrique pour récupérer des joueurs qu’ils payent 100 euros…

Propos recueillis par Pablo René-Worms




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