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Camoranesi : « À la Juve, Zlatan n'était qu'un joueur parmi les autres »

Fin d'entraînement du Racing à Avellaneda, dans la banlieue sud de Buenos Aires. Mauro Camoranesi sort de la douche et nous rejoint en salle de presse, en mode jean-basket, le sourire aux lèvres, saluant tout ce qui se trouve sur son passage. En fin de carrière, le champion du monde profite. Et prépare sa reconversion : « D'ici six mois ou un an, je veux commencer à entraîner. »

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Rentrer en Argentine, c'était dans ton plan de carrière ?
Franchement, non. Quand je rejoins Stuttgart, l'idée était de rester un ou deux ans avec ma famille en Allemagne, puis de revenir vivre en Italie. Malheureusement, j'ai dû changer mes plans, parce qu'après six moi à Stuttgart, je n'étais pas régulièrement titulaire. Un coup je jouais, un coup non. Avec Lanus, l'opportunité de rentrer en Argentine est apparue. J'avais 33 ans, je pouvais être proche de mes parents, donc j'ai accepté.

Passer de la Juventus et Stuttgart à Lanus et Racing, c'est comment ?
Ça change beaucoup, évidemment. Mais un joueur qui quitte un club comme la Juve sait qu'il y a peu d'endroits où il trouvera les mêmes conditions. Mais bon, les années passent et nos prétentions changent. Quand je pars de Turin, je sais que j'entre dans la dernière étape de ma carrière.

Pourquoi as-tu eu besoin d'aller au Mexique pour que l'on se rende compte de tes qualités ?
Parce que je n'ai pas eu d'offre concrète en Argentine, parce qu'ici rien n'est facile. J'ai donc dû migrer au Mexique, mais finalement ça a été une bonne chose, parce que je me suis retrouvé dans une des meilleures équipes du foot mexicain (Cruz Azul, ndlr), qui luttait pour le titre, et je me suis senti un joueur important de l'équipe. C'est là que ma carrière a vraiment commencé.

À Cruz Azul, tu marques beaucoup (20 buts en deux saisons, ndlr) et rejoins l'Hellas Vérone. Avec déjà l'objectif de rejoindre rapidement un grand club italien ?
Non, je suis arrivé en faisant profil bas. C'était un prêt, donc pour rester en Italie il fallait que je joue, que je démontre mes qualités aux clubs italiens.

Signer à la Juventus, c'est débarquer dans un autre monde ?
Complètement. Ça a été une surprise, d'ailleurs. À ce moment-là, je savais que j'étais suivi par des clubs importants en Italie, mais je ne m'attendais pas à la Juventus. C'était un club qui n'avait pas pour habitude de recruter des joueurs argentins. Moi je pensais plutôt rejoindre l'Inter ou Parme par exemple.

Cette Juventus de 2003, ou celle de 2006, faisaient partie de l'élite européenne…
C'était des équipes incroyables. En 2003, je crois que l'Inter, si on se fie aux noms, était encore un ton au-dessus. Mais la Juve avait une personnalité qui la rendait supérieure. Ce que ce club représente, ça a toujours été un avantage sur les rivaux directs.

Le football italien était encore à son apogée. L'as-tu vu perdre en qualité ces dernières années ?
Clairement. Regarde, si tu prends les 4/5 meilleures équipes italiennes de l'époque, elles avaient une vingtaine d'internationaux de haut niveau. Des joueurs des sélections française, anglaise, espagnole, argentine, brésilienne ou italienne bien sûr. Aujourd'hui, ces mêmes équipes n'ont pas autant de joueurs de ce type, loin de là. Désormais, les grands joueurs vont plutôt dans le championnat anglais ou en Liga, ou au PSG. La Juve qui vient d'être sacrée championne, elle a Vidal, mais sinon les autres internationaux sont les Italiens, c'est tout. Elle n'a plus de Vieira, d'Ibrahimović, de Beckham, de Seedorf.

Vieira est un joueur qui t'a particulièrement marqué.
Ça a été un immense plaisir de jouer avec lui, un honneur. J'ai eu cette chance de jouer avec plusieurs capitaines de grandes sélections. Vieira, Thuram, ils étaient champions du monde que moi je commençais à peine mon voyage !

Ici, à Buenos Aires, tu as retrouvé Trezeguet.
J'étais avec lui hier. On se voit régulièrement, on discute.

Du penalty de Berlin ?
Non, non, jamais. On ne parle que de notre futur, presque jamais du passé. J'ai toujours eu une excellente relation avec David. Pareil avec Jonathan (Zebina), que j'appelle 3/4 fois par an.

Ibrahimović vient d'être élu meilleur joueur de Ligue 1, tu gardes un bon souvenir de lui ?
Il était très fort, on voyait bien qu'il allait devenir un des meilleurs joueurs du monde. Il venait de l'Ajax, où il avait été très bon, mais le championnat hollandais ne fait pas partie des meilleurs. En Italie, il a montré que c'était un grand joueur, en Espagne pareil et désormais en France aussi. La preuve qu'il fait partie des tout meilleurs.

Il était difficile à vivre ?
Avec nous, non. Parce que dans notre vestiaire, il n'y avait pas de grande figure. Il y avait beaucoup de très bons joueurs, mais personne n'était au-dessus du groupe. À la Juve, Ibrahimović n'était qu'un joueur parmi les autres.

Les matchs arrangés, tu t'en rends compte à un moment donné sur le terrain ?
Non, absolument pas. Pour moi, c'est une douleur au fond de l'âme. J'avais la chance de jouer avec des Vieira, Cannavaro, Zambrotta, Emerson, Buffon, Ibrahimović, Trezeguet… Nous n'avions besoin d'aucune aide pour gagner. C'était juste politique.

Quand la Juve est reléguée, Lyon te fait une belle offre. Plus tard, à l'OM, c'est Deschamps qui souhaite te faire venir. La Ligue 1 ne t'intéressait pas ?
Marseille ne m'a pas fait de proposition. Lyon, si, j'avais même signé un pré contrat. Ça m'intéressait beaucoup, l'OL faisait des bonnes performances en Ligue des champions et sortait de cinq titres consécutifs. Au niveau européen, c'était l'une des meilleures opportunités pour moi, avec des très bons joueurs, une bonne structure. J'aurais pu gagner le championnat de France et disputer la C1, ce que je voulais. Vraiment, ça aurait été un plaisir. Les dirigeants m'avaient laissé la porte ouverte, mais ils sont revenus sur leur décision.

Tu rejoins la sélection italienne à 26 ans…
(Il coupe) C'est tard, non ?

En Argentine, tu n'as jamais été sollicité auparavant ?
Non, jamais, et c'est pour ça que cette porte s'ouvre avec l'Italie. Ni chez les jeunes, ni avec la A, on ne m'a jamais appelé ici. Mais ça a été la meilleure chose qui pouvait m'arriver, puisque ça m'a donné la possibilité de disputer une Coupe du monde, le rêve de n'importe quel joueur. Dès ma première sélection, je me suis livré à fond pour y arriver.

C'était naturel d'accepter ?
Non, ça ne l'était pas, parce que j'étais conscient de ne pas être né en Italie et de devoir néanmoins représenter tous ces gens qui ne m'avaient pas vu me développer footballistiquement et culturellement. Ce n'est pas facile. Je me suis concentré sur la partie sportive, puisque c'était pour cela qu'ils m'avaient appelé. Je me suis donné à 100% à chaque fois que j'ai mis le maillot italien.

Et les gens t'ont accepté ?
Je crois que la chose la plus difficile est d'obtenir le respect. Et je crois que les gens m'ont respecté, parce qu'ils ont bien vu qu'à chaque fois que je jouais, je donnais tout pour représenter l'Italie le mieux possible.

C'est vrai que ton premier souvenir du Mondial 2006, c'est le coup de tête de Zidane ?
Non, quand même pas, mais c'est un épisode très triste, parce que Zizou était sans aucune contestation possible le meilleur joueur de ce Mondial. En tant qu'amoureux du football, c'était dur de le voir s'en aller comme ça. Moi je voulais que l'Italie remporte le titre, et que Zidane soit élu meilleur joueur, parce qu'il le méritait.

En connaissant son incroyable état de forme, comment abordez-vous cette finale face à lui ?
Franchement, on se concentre sur la sélection française en général. On savait qu'avec le Brésil, c'était les deux pires équipes que l'on pouvait affronter. Pourquoi ? Parce que l'on considérait que physiquement, les deux nous étaient supérieures. Il n'y avait pas de plan anti-Zizou, mais on savait qu'il fallait s'engager encore un peu plus que d'habitude, sinon ils allaient nous manger.

Ranieri, Capello, Deschamps ou Trapattoni?
Tous, avec leur façon de voir le football, te laissent quelque chose. Ils ont fait de grandes carrières, ont su gérer des groupes de joueurs très importants, ce qui n'a rien d'évident.

Ta prochaine étape, c'est entraîneur ?
Oui, c'est ce que je veux. Dès l'année prochaine, dans six mois ou un an, quand j'arrêterai ma carrière. Je veux transmettre tout ce que j'ai senti comme joueur. D'abord ici en Amérique du Sud, avant d'aller ailleurs. L'Espagne m'attire particulièrement.

Propos recueillis par Léo Ruiz
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Pascal Pierre Niveau : Loisir
"La Juve qui vient d’être sacrée championne, elle a Vidal, mais sinon les autres internationaux sont les Italiens, c’est tout. Elle n’a plus de Vieira, d’Ibrahimovic, de Beckham, de Seedorf."

Pauvre Camoranesi, il n'a déjà plus toute sa tête.
hetverdrietvanbelgie Niveau : Loisir
plutot rugueux l'ami camoranesi.
Nelsondelamare Niveau : District
Raaaaaaaaaaaah So foot qui aborde la finale de la coupe du monde 2006 un vendredi matin ! Vous voulez vraiment que le vendredi soit le pire jour de la semaine !
Je trouve ca plutot agréable. C'est une question de point de vue.
Pascal Pierre Niveau : Loisir
Message posté par Nelsondelamare
Raaaaaaaaaaaah So foot qui aborde la finale de la coupe du monde 2006 un vendredi matin ! Vous voulez vraiment que le vendredi soit le pire jour de la semaine !


Parce qu'avec un Bordeaux Evian ce soir, tu croyais passer une belle journée ?
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
Lanus...
ChapeauDePaille Niveau : DHR


J'suis mort de rire au taf grâce à toi (sans ironie)
Jack Facial Niveau : CFA


Le top en Argentine c'est le match Lanus-Colon (very dick)
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Zebina l'un des meilleurs amis de Camoranesi...^^ C'est marrant ça ne m'étonne qu'à moitié...^^ Les deux joueurs les plus sanguins de la Juve à une certaine époque.

sinon j'ai adoré Camoranesi en tant que Juventino, parce qu'il a beaucoup apporté à ce club, mais soyons honnêtes, en sélection il n'a jamais brillé. En 2006, il fait une coupe du monde anonyme, alors qu'il était sensé être l'un des dynamiteurs de l'équipe, grâce à son énorme qualité de dribble.

Quand on y pense, c'est fou que l'Italie ait réussi à s'imposer avec autant de joueurs en méforme dans son 11 type: Totti était blessé, Perrotta était juste nul et Camoranesi était bien en dessous de son niveau de la Juve... et en plus Toni n'a marqué que deux buts.
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : 3
Message posté par Jack Facial


Le top en Argentine c'est le match Lanus-Colon (very dick)



magnifique! et sur toute la ligne...
Note : 1
Les footeux et cette naturelle hypocrite langue de bois !
Quand tu passes de Banfield a Cruz Azul c'est pour l'argent et non parce que aucun autre club Argentin ne te fais d'offre !
vu que les salaires au Mexique (et au Brésil) sont plus importants que dans le championnat Argentin .

Sur ton opportunisme a jouer pour l'Italie tant mieux pour vous , puisque la fifa et la fédération Italienne l'autorise quand on est pas sélectionné par son propre pays .

Cependant belle carrière , toujours a mouiller le maillot dans la plus pure tradition Argentine , quelque fois a l’excès ou il a fais son boucher avec ses deux derniers clubs et des carton rouge pas volé !



J´avais une meuf super timide dans ma classe en première qui s´appelait Lanus; quand les professeurs faisaient l´appel tout le monde se marrer... même les profs.. profs qui faisaient style "arrêtez c´est pas drôle" et qui se mordaient les lèvres...
Franchement t´es obligé de rire; t´as un prof super sérieux qui dit tout fort Lanus; surtout que la meuf était méga méga coincée, trop fort.
Ce que je retiens de cet article, c'est que Zlatan à la Juve, fesait sa pucelle. Et que face à des Viera, Camoranesi ou Zebina il savait que si il bronchait les mecs lui rentrait dedans et c'est ça qu'il aime.
Parce que c'est Gameiro ou Matuidi qui va lui dire, cours ! fais le pressing abruti!
DeanWinchester Niveau : CFA2
Mauro ce génie, effectivement zlatan côtoyait 11 finalistes de la coupes du monde, + Nedved emerson et compagnie, il allait pas non plus faire le fanfaron, même si il était plutôt bon a part en LDC.


PS :la Juve ayant été totalement blanchie au pénal et les championnats ayant été juger totalement réguliers par ce fameux procès qui lui aura durée 6 ans, il risquait pas de s'en rendre compte vu que c'était pas le cas, mais pas grave vu que désormais la vérité est sortie ^^
Message posté par maxlojuventino
Zebina l'un des meilleurs amis de Camoranesi...^^ C'est marrant ça ne m'étonne qu'à moitié...^^ Les deux joueurs les plus sanguins de la Juve à une certaine époque.

sinon j'ai adoré Camoranesi en tant que Juventino, parce qu'il a beaucoup apporté à ce club, mais soyons honnêtes, en sélection il n'a jamais brillé. En 2006, il fait une coupe du monde anonyme, alors qu'il était sensé être l'un des dynamiteurs de l'équipe, grâce à son énorme qualité de dribble.

Quand on y pense, c'est fou que l'Italie ait réussi à s'imposer avec autant de joueurs en méforme dans son 11 type: Totti était blessé, Perrotta était juste nul et Camoranesi était bien en dessous de son niveau de la Juve... et en plus Toni n'a marqué que deux buts.


A sa place je n'aurais pas su qui mettre. Il avait quand même la passe précise, le centre propre et une bonne grinta..
papaboubadiop Niveau : CFA2
c'est sûr que si tu arrives pas à être titulaire avec Stuttgart, tu l'as dans Lanus
Pascal_Delhommeau Niveau : District
Message posté par Pascal Pierre
"La Juve qui vient d’être sacrée championne, elle a Vidal, mais sinon les autres internationaux sont les Italiens, c’est tout. Elle n’a plus de Vieira, d’Ibrahimovic, de Beckham, de Seedorf."

Pauvre Camoranesi, il n'a déjà plus toute sa tête.



Ca n'est pas complètement faux non plus. L'essentielle de l'ossature de l'équipe-type est italienne. Pogba n'est que très récemment international (et pas tout le temps titulaire). Et sinon il y a que 3 ou 4 joueurs étrangers qui joue par match. Et même si Lichsteiner, Asamoah et Vucinic sont des très bons joueurs, ce ne sont pas des stars internationales.

ALors que je suis entrain de finir le commentaire je me rend compte qu'il parle de Seedorf et Beckham alors qu'ils n'ont jamais à la Juve et je réalise que c'est surtout ca qui doit te choquer en fait... (j'imagine qu'il ne fait que donner justement de exemples de mecs qui étaient des vrais stars)
Copa_Mundial Niveau : Loisir
Ça me rappelle ce but quand c'était un grand joueur
https://www.youtube.com/watch?v=nMtWxxxwXlw
Pascal Pierre Niveau : Loisir
Bah ouais, soit l'article retranscrit mal ses propos, soit habla espanol como Ribery el francès, soit il est atteint d'aphasie.
Jack Facial Niveau : CFA
Je ne pense pas que l'article retranscrive mal les propos. J'ai très bien compris ce que le mec voulait dire, même si la formulation semble de prime abord quelque peu alambiquée.
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