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  2. // 3e journée
  3. // West Ham/Bournemouth (3-4)

Callum Wilson, la lumière au bout du tunnel

Auteur d'un triplé historique ce week-end, puisqu'il a permis à Bournemouth de glaner sa première victoire en Premier League sur la pelouse de West Ham, Callum Wilson a attiré les louanges. Portrait d'un type qui revient de loin.

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Si l'on est un tant soit peu superstitieux, le numéro 13 peut difficilement laisser de marbre. Cristallisant à la fois les peurs, les angoisses, mais également la chance, le chiffre est symboliquement rattaché à un changement brutal, qu'il soit positif ou négatif. On ne sait pas si Callum Wilson est un adepte de numérologie, toujours est-il qu'au sortir de son match face à West Ham et de son entrée tonitruante au classement des buteurs, l'attaquant de Bournemouth a dû penser à sa bonne étoile et à son numéro fétiche. Car il faut dire que le natif de Coventry revient d'assez loin. Repéré par le club de sa ville alors qu'il n'est qu'un adolescent parmi d'autres, Wilson impressionne par ses qualités de vitesse, et surtout par son sens du but. Véritable renard, le jeune homme connaît une progression linéaire en centre de formation, au point de faire sa première apparition en pro en août 2009, lors d'une anonyme défaite au premier tour de League Cup face à Hartlepool, alors qu'il n'est âgé que de 17 ans.

Dans les entrailles du foot anglais


Le début d'un long voyage. Car pour Wilson, le plus dur commence alors. Suivent en effet deux saisons quasi blanches avec son club de cœur, où le jeune local galère, au bas mot, à faire son trou dans l'équipe première, puisqu'il ne totalise que deux apparitions en deux ans. Du coup, comme bon nombre d'espoirs avant lui, Wilson est envoyé s'aguerrir plus bas, dans les entrailles du foot anglais, là où les pelouses sont plus grasses, et les contacts plus durs. En janvier 2011, il débarque ainsi à Kettering Town, en huitième division, une institution plus réputée pour avoir confié son poste de manager à Paul Gascoigne pour 39 jours en 2005, que pour son football léché.

Le changement est brutal, l'adaptation compliquée, et Wilson revient au bercail après avoir inscrit un seul petit but en 17 apparitions. Pas la dernière de ses mésaventures pour autant. Fin 2011, c'est ainsi Tamworth qui accueille le jeune espoir dans le cadre d'un prêt d'un mois. Nouveau club, nouvelle vie, Wilson débute de la meilleure des manières avec un but et une passe décisive lors de ses deux premiers match. Manque de bol, lors de son troisième match face à Barrow, Wilson se fait fracturer le pied après un duel un peu trop engagé. Prêt terminé, il retourne alors à Coventry, sans aucune certitude. Aucune ? Pas vraiment, car à l'issue de ces deux expériences aux étages inférieurs, Wilson mesure la chance qu'il a d'évoluer dans le club de sa ville et, surtout, à ce niveau-là. Une donnée que n'a pas manqué de rappeler son entraîneur actuel, Eddie Howe, au sortir de son match à Upton Park : « Je suis ravi pour lui. Sa route vers le sommet a été pentue, cela n'a pas été facile pour lui. Il a été prêté deux fois, il a connu des expériences compliquées et lorsque vous connaissez une bonne période, il est positif de regarder en arrière et de se rappeler d'où l'on vient. »

Après la galère, l'explosion


Car Wilson, au sortir de ces prêts, se tait, et travaille, en attendant sa chance. Elle arrivera à la fin de la saison 2012-2013, où il entre régulièrement en jeu en fin de match. La saison suivante, en revanche, sera celle de l'explosion. Intégré au onze type à la pointe de l'attaque, Wilson fait des débuts tonitruants en League One, inscrivant huit buts et donnant trois passes décisives lors des six premières journées. Malgré ses 22 buts et 7 passes décisives, et une place dans l'équipe type de la League One en fin de saison, Wilson voit son club terminer à une décevante 17e place au classement général. Une aubaine pour Bournemouth qui saute sur l'occasion et l'arrache à son club formateur. Une poche en or pour les Cherries, puisque pour sa première saison en Championship, le jeune homme participe plus qu'activement à la montée en inscrivant 23 pions et en délivrant 13 passes décisives toutes compétitions confondues.

Et maintenant, les Three Lions ?


Des performances qui n'échappent d'ailleurs pas au regard de Gareth Southgate, puisque le sélectionneur des U21 anglais lui offre sa première sélection avec les Espoirs en novembre 2014 face aux Bleuets, lorsqu'il remplace un certain Harry Kane, auteur d'un doublé ce soir-là, peu après l'heure de jeu. Un avant-goût du football international qui lui a mis l'eau à la bouche, comme il l'a confirmé après son triplé ce week-end : « Jouer avec les U21 m'a donné un avant-goût et j'aimerais prétendre à plus un jour. Je vais continuer à travailler dur et me concentrer sur le football, et ce genre de choses pourrait survenir. »

Si le conte de fées de Wilson en Premier League ne fait que débuter, il pourrait rapidement prendre une tournure particulière puisqu'il se murmure que Tim Sherwood aurait fait de lui son alternative à Adebayor pour remplacer Benteke, parti à Liverpool. Une option que ne supporterait pas Eddie Howe, comme il l'a affirmé après la rencontre, dans des propos relayés par le Mirror : « Il a ici tout ce qu'il faut pour réussir au plus haut niveau du football anglais. Il est à un moment de sa carrière où il a besoin de jouer, de continuer à grandir. Et nous travaillons très dur sur son jeu, afin de faire ressortir tout le talent qu'il possède en lui. » Et pourquoi pas rêver, comme Austin, Vardy ou Rickie Lambert avant lui, d'un avenir avec les Three Lions, au bout du chemin cabossé.

Par Paul Piquard
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Supporteur de West Ham, j'etais au stade samedi et il nous a fait mal. Bon en meme temps entre cresswell et Jenkinson c'etait pas dur mais il envoit du lourd wilson!
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