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Calcio année zéro

Pas de thunes, pas de rêves, pas de transferts, et de la violence : le
football italien n'est pas parti pour se refaire une beauté cette
saison. Ça le rendra encore plus attrayant.

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José Mourinho parti amuser la galerie et gagner des titres au Real, la
Serie A se retrouve toute seule devant son miroir. Et ce qu'elle voit
ne la rassure pas. Avant le lancement, cet après-midi, de la saison
2010-11, le point, dossier par dossier.

Le terrain: l'Inter et les autres

Peu de suspense en perspective. Côté sportif, aucune équipe ne semble
pouvoir venir concurrencer l'Inter. Même sans se renforcer, le
champion d'Europe en titre garde une bonne dizaine de longueurs
d'avance sur ses poursuivants. Son challenger officiel, la Roma,
repart avec une équipe presque inchangée elle aussi ; sauf que Totti
aura un an de plus. Les deux autres gros, le Milan et la Juve,
inspirent peu confiance. Mais intriguent. Le club de Berlusconi a
commencé doucement (transferts de Yepes, Papastathopoulos, Amelia...),
tenté un coup bizarre en posant le mister Allegri sur le banc, bref
fait peur, mais s'il clôt l'affaire Zlatan, ça change la donne. Quant
à la Juve, révolution à tous les étages. Le fadasse Jean-Claude Blanc
au placard, les clés de la Fiat ont été confiées au tandem Del Neri
(entraîneur) / Marotta (directeur sportif). Le tandem avait fait
fureur l'an dernier à la Samp. Arrivé à la Juve, il a été clair : exit
les vieux, et des joueurs de couloirs, des joueurs de couloirs, et
encore des joueurs de couloirs. On verra si les centres iront dans le
but. Derrière, le Genoa et son mercato fou, la Samp de Pazzini et
Cassano, la Fiorentina de Mihajlovic, le Palerme du délicieux Pastore
et peut-être même bien la Lazio de Zarate, se disputeront les places
UEFA. Mais attention à Cagliari ou à l'Udinese. Sinon, joie : avec la
montée de Lecce et le maintien de Bari, c'est le grand retour du derby
des Pouilles.

Les joueurs: la saison des revanches

Un bail maintenant que les gros transferts ne passent plus par
l'Italie. Alors maintenant que la crise a balayé le foot européen...
Diego, le gros coup de l'an dernier, est déjà reparti – en Allemagne.
En reconquête, la Juve a essentiellement shoppé local : Bonucci,
Motta, Lanzafame, Pepe, Quagliarella, Aquilani. L'Inter n'a perdu
personne, mais n'a pas réussi à prendre Mascherano, son objectif
personnel. Finalement, le seul grand nom à venir d'un des championnats
européens majeurs est un joueur en échec personnel : Zlatan
Ibrahimovic. Ce n'est pas pour ça qu'il n'y aura personne à suivre :
Aquilani, Giovinco ou encore Zarate reprendront-il le lien de leur
carrière ? Pastore va-t-il devenir trop fort pour la Serie A ? Alexis
Sanchez le Cristiano Ronaldo chilien ? Et puis il y a le fait divers
le plus drôle de l'intersaison : le siganture d'Adriano à la Roma.
Encore une histoire de come-back.

Les coulisses: un beau bordel

Pour suivre leur équipe, les ultras italiens devront désormais
accepter d'être fichés. Cette tessera del tifoso, sorte de carte
d'identité du supporter, a déclenché une polémique à faire passer les
projets parisiens de Robin Leproux pour de la gnognotte. Graffitis
colère, chiffres d'abonnements en chute libre, manifestations
d'ultras, et pour couronner le tout, guérilla urbaine. En visite le
week-end dernier à Bergame à une réunion de son affreux parti de la
Ligue du Nord, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni a été accueilli par plusieurs centaines
d'ultras de l'Atalanta équipés de cocktails molotov. Bilan : des
voitures incendiées, et des policiers blessés. A côté de ça, des
matchs déplacés du dimanche au samedi, pas de corruption, mais déjà
des polémiques entre l'Inter et la Juve sur la moralité dans le
football. Même sans Mourinho, le football italien reste le plus drôle
du monde.

Stéphane Monteverdi

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