Cadete : « Le Sporting n'a rien à perdre »

A 41 ans, Jorge Cadete n'a plus sa longue crinière sur le crâne mais toujours les Lions dans son cœur. L'ancien buteur du Sporting et de Benfica ne s'en cache pas : pour le derby de ce soir, il sera incontestablement pour les Vert et Blanc.

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Que deviens Jorge Cadete ?


Je ne fais rien de spécial... J'aimerais pouvoir aider le Sporting et j'ai sollicité une réunion avec les dirigeants du club. Mais la situation est un peu confuse. Alors j'attends. Je suis actuellement des cours de gestion.

Costinha vient d'être nommé directeur sportif. Que vous inspire ce choix ?


C'est compliqué de livrer une analyse comme ça. Je dirais qu'avant d'être nommé, il n'avait aucune expérience au poste de directeur sportif. Normalement, quand on fait le choix de prendre quelqu'un avec peu d'expérience, on opte pour un ancien, un symbole du club. C'était le cas avec Paulo Barbosa ou Sá Pinto voire même de Rui Costa à Benfica. Mais laissons le temps au temps, du temps à Costinha, pour voir s'il remplira sa mission.

Qu'avez-vous pensé du choix de Carlos Carvalhal en novembre dernier au poste d'entraîneur qui, c'est officiel, ne sera déjà plus là la saison prochaine ?


On lui a offert l'opportunité unique d'entraîner un grand club. En venant, il savait qu'il signait jusqu'en fin de saison. C'est un grand privilège. C'était l'occasion de démontrer qu'il était capable de gérer de grands joueurs et une grande équipe.

Beaucoup de noms d'entraîneurs circulent à Alvalade (Le Guen, Puel, Scolari, Domingos, Jorge Costa, Paulo Sérgio...) pour la saison prochaine. Qui voyez-vous ?


Moi je pense à Augusto Inácio. Il a un profil très intéressant. Il a déjà entraîné le Sporting avec lequel il a même été champion et, cette saison, il réalise un excellent travail à Naval, avec une équipe, disons-le, assez limitée et avec peu de moyens.

La situation du Sporting (4ème) est tout de même assez critique. Pourtant le Mercato hivernal a été intense et...


(Il coupe) Sans aucun doute, Pedro Mendes est une recrue énorme. Il peut devenir l'un des joueurs historiques du club. Bon, il y a eu aussi l'arrivée de Florent Sinama-Pongolle... Quand je vois le prix qu'il a coûté (6.5M€) et son parcours, je me dis qu'on doit faire plus attention à l'utilisation des fonds. On se doit de bien analyser le parcours d'un joueur avant de le faire venir. Il n'a pas beaucoup joué ces derniers temps...

Revenons au match de ce soir. Sporting/Benfica, deux clubs où vous avez joué. Ça doit être spécial pour vous...


C'est un match spécial oui en tant que sportinguiste. Je n'ai jamais caché que je suis pour le Sporting. J'y ai passé douze ans. C'est là-bas que je suis né et que j'ai conquis mes trophées. Je veux et j'espère qu'il va gagner. Il doit profiter des doutes de Benfica qui vient d'encaisser quatre buts à Liverpool en Europa Ligue. Le Sporting n'a rien à perdre dans ce match.

Quelles sont les grandes différences entre ces deux clubs ?


La seule grande différence est le nombre de supporters. Benfica possède un nombre de socios supérieur et ce, même au niveau mondial. Et puis cette année, Benfica justifie son statut de leader en Liga. Jorge Jesus cherche la perfection tactique et il sait ce qu'il fait. Je le connais depuis 26 ans, déjà. On s'est croisés à l'Estrela Amadora notamment. Pour moi, c'est le meilleur entraîneur portugais avec José Mourinho.

Mourinho, justement, vous l'avez côtoyé au Sporting entre 1992 et 1994. Il était alors l'un des adjoints de Bobby Robson. Comment était-il à cette époque ?


Lui aussi je le connais depuis un moment... Depuis 1988, lorsque je jouais au Vitória Setúbal. Il y était entraîneur au centre de formation. Il avait déjà une énorme connaissance du football. Quand on est fils d'entraîneur comme lui (Félix Mourinho ndlr) et que dès 7 ans, on accompagne son père sur les terrains, il ne faut pas s'étonner de ses compétences. Et puis il a été adjoint de Robson et Van Gaal. C'est quand même une sacrée école.

En ce moment, le nom d'un des anciens adjoints de Mourinho, André Villas-Boas, est sur toutes les lèvres au Portugal. A 32 ans, on l'annonçait au Sporting, maintenant au FC Porto...


Il vit depuis quelques mois à peine sa première aventure en tant qu'entraîneur principal, avec l'Académica. Indépendamment de ses qualités, il est trop prématuré de dire qu'il s'agit d'un des meilleurs entraîneurs portugais. Le FC Porto arrive en fin de cycle et c'est normal que des noms circulent mais je ne pense pas qu'il y aille...

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à Benfica (1998/99 et 2001 à 2003) ?


Je n'ai presque jamais joué à Benfica. J'en ai difficilement de bons souvenirs puisque je n'en ai pas. Souness disait de moi que j'étais un joueur différent. Un joueur “à l'européenne” parce que j'étais professionnel, que je je donnais tout l'entraînement. Alors je lui demandais pourquoi je ne jouais pas mais je n'ai jamais eu de réponse concrète. Parfois, il y a des choses qui nous dépassent...

Vous qui avez joué au Celtic des Old Firms contre les Rangers, si vous deviez comparer les deux derbies, que diriez-vous ?


Le derby de Glasgow est bien plus spécial et sur plusieurs choses. La rivalité est bien plus prononcée, elle est religieuse. C'est beaucoup plus fort.

Vous êtes toujours dans le cœur des supporters du Celtic...


J'y ai marqué 38 buts en 47 matches. Quatorze ans après et malgré les kilomètres qui nous séparent, les personnes m'en sont encore reconnaissantes et m'envoient des messages. J'ai l'impression d'être plus reconnu en Écosse qu'au Portugal. Les supporters du Sporting m'ont beaucoup donné mais là-bas on me donne plus d'estime et d'affection qu'ici. Je dirais que c'est typique de notre peuple. Ils préfèrent vanter leur voisin plutôt qu'un des leurs.

Quel regard portez-vous sur la naturalisation de Liedson ?


Je ne vois pas de problème lorsqu'un joueur vit au Portugal depuis plusieurs années, qu'il n'a jamais joué pour son pays d'origine, qu'il ne manifeste pas l'envie de le représenter et qu'en plus, il peut être une plus-value pour notre Selecção. Par contre, je ne soutiens pas les naturalisations hâtives parce qu'il nous manque un joueur à un poste. Avec Liedson, tout est allé très vite. Mais la solution n'est pas là, il faut anticiper, travailler en amont.

Pourquoi le Portugal souffre-t-il d'une récurrente pénurie de buteurs ?


Parce qu'au Portugal, on ne fait de travail spécifique à ce poste. Par habitude, on a toujours préféré jouer avec des milieux offensifs plutôt qu'avec un avant-centre. A part dans les années 80 avec Fernando Gomes, Jordão voire Nené, je n'ai pas souvenir de voir la Selecção avec deux avant-centres ! Domingos et moi qui étions parmi les meilleurs buteurs portugais restions sur le banc parce qu'un seul devait jouer.

Cristiano Ronaldo doit-il jouer dans l'axe avec le Portugal ?


Il doit jouer là où il est le plus productif. Chaque entraîneur a son idée en tête. Et chacun d'entre nous possède la sienne. Carlos Queiróz décide et comme nous, il aime que Cristiano Ronaldo soit rentable.

Propos recueillis par Nicolas Vilas

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