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Cabaye-bye

En quittant Newcastle en 2014, club qu’il recroise ce dimanche avec Crystal Palace, Yohan Cabaye ne savait pas qu’il entamait son triste déclin. Une chute progressive, mais définitive, qui l’a vu passer du rang de titulaire indiscutable en équipe de France à celui d’oublié de la nation.

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Une fois sa carrière totalement achevée, il n’aura sûrement pas grand-chose à regretter. L’homme aura gagné avec son club formateur (champion de France avec Lille en 2011, Coupe de France la même année, Coupe Intertoto en 2004), vécu sa passion dans l’un des pays qui la célèbrent le plus au monde, connu des soirées européennes endiablées au sein de la capitale de son territoire, défendu sa nation jusqu’à la dernière marche (une finale d’Euro en 2016). Mais paradoxalement, un souffle impalpable viendra ternir ce bilan flatteur et séduisant. Comme si l’aventure, au fond, aurait dû se faire plus longue. Plus extrême. Plus indécise. Moins normale, en soi.


Finalement, la carrière de Yohan Cabaye constitue un modèle – de logique et de réussite – pour un footballeur professionnel. Talentueux dès le plus jeune âge, le milieu de terrain tapant la balle avec sa famille à Tourcoing se révèle vite aux yeux du LOSC, qu’il rejoint en 2004 et avec lequel il grandit de concert. Une fois les trophées et la maturité en poche, le Français s’aventure en Angleterre. Comme si l’étranger représentait parfois l’examen d’entrée au club des joueurs confirmés. À Newcastle, le soutien d’Emmanuel Macron obtient son diplôme avec mention, signant au passage le premier but des Magpies dans l’enceinte de Manchester United depuis 41 ans. Entre 2012 et 2014, le garçon est alors une valeur sûre. Mais comme tout mouvement parabolique tiré vers le haut, la courbe du bonhomme est destinée à atteindre un sommet avant de chuter inexorablement et progressivement.

Janvier 2014, le haut de l'échelle


Pour Cabaye, le point culminant – et de non-retour – se situe justement en 2014. Incontournable à Newcastle et ardemment désiré par Laurent Blanc en janvier, le monsieur s’engage au sein du grand Paris Saint-Germain. Erreur ou proposition irrefusable ? Mauvais choix ou opportunité à ne pas louper ? Qu’importe, finalement. L’histoire voulait que Yohan décline à partir de ce moment-là, et c’est donc ce qu’il s’est passé. Beaucoup moins considéré au PSG, moins enthousiasmant quand on lui offre la possibilité de jouer, le remplaçant de luxe voit sa trajectoire chuter aussi certainement qu’il l’avait observée monter quelques saisons auparavant.


Le constat se dresse également à l’échelle de l'équipe de France. En 2014, Cabaye fait partie intégrante de l’ossature des Bleus. Il compose ainsi sa colonne vertébrale à onze reprises dès le début d’un match (dont quatre présences dans le onze de départ lors de la Coupe du monde au Brésil). Un record pour lui sur une année. Avant 2014 ? 21 titularisations (dont trois durant l’Euro 2012, organisé en Pologne et en Ukraine). Après 2014 ? Seulement dix sélections (dont deux petites apparitions pendant l’Euro 2016 malgré un tournoi qui s'est achevé en finale). La suite s’est montrée aussi implacable qu’attendue : aujourd’hui, le nom du relayeur ne se pointe absolument plus dans le cerveau de Didier Deschamps, et n’a plus été inscrit sur la liste des 23 depuis octobre 2016. Du coup, le Mondial 2018 en Russie n’apparaît plus, quant à lui, dans les objectifs du protagoniste.

Haricot magique insuffisant


Attention, Cabaye n’est pas (encore) un sportif terminé ou fini. Loin de là. Crystal Palace, entité qui l’a récupéré pour 18 millions d’euros bonus compris (ce qui fait de lui l’élément le plus cher de l’histoire du club) en 2015, semble ravi de ses performances. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il enchaîne les saisons pleines. Dernièrement, Roy Hodgson a encore réclamé des louanges pour son petit protégé face à la presse.


Les propos de l’entraîneur datent plus exactement de mi-décembre : « Je serais surpris si des gens qui nous regardent jouer n’étaient pas impressionnés par les performances de Cabaye au milieu avec Luka Milivojević. Ils ont été très, très bons ensemble. J’ai été impressionné et je serais surpris si d’autres ne l’étaient pas. » Oui, le papa de cinq marmots peut encore séduire. Bien sûr, sa barbe de trois jours peut toujours plaire. Évidemment, ses 32 ans laissent augurer encore pas mal de jouissances. Seulement, l’intéressé lui-même ne serait pas contre emprunter la machine de Bulma et se retrouver dans l’équipe d’en face ce dimanche. Sacré défi que de combattre le temps.

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Par Florian Cadu
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